Mme Leila Ben Ali : La République de demain ne peut se concevoir sans une contribution active de la femme





CARTHAGE - (TAP)


Madame Leila Ben Ali, épouse du Président de la République, a ouvert, hier matin, les travaux de la conférence nationale sur "Le régime républicain et le rôle de la femme dans l'enracinement des valeurs de citoyenneté et la consolidation de l'oeuvre de développement".


Cette manifestation s'inscrit dans le cadre des festivités marquant la célébration de la fête nationale de la femme, placée, cette année, sous le signe "La femme tunisienne, un soutien à la République de demain".


A cette occasion, Mme Leila Ben Ali a prononcé une allocutiondont nous donnons ci-après le texte intégral:


 


«Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux


Mesdames,


Messieurs,


Nous procédons, par la grâce de Dieu, à l'ouverture des travaux de la conférence nationale ayant pour thème : "Le régime républicain et le rôle de la femme dans l'enracinement des valeurs de citoyenneté et le renforcement du processus de développement".


Il me plaît de vous adresser mes plus sincères salutations et de saluer les efforts que vous avez fournis pour organiser cette rencontre et pour lui assurer les conditions de réussite, en vous souhaitant plein succès dans vos travaux.


Je voudrais également adresser mes plus vifs remerciements à Mme Olfa Youssef pour son éminente conférence sur "La femme et les valeurs de la république et de la modernité" et pour les données exhaustives et les analyses approfondies qu'elle a comportées.



Notre pays est en droit de s'énorgueillir, au moment où il célèbre le 50e anniversaire de la proclamation de la République , de cet événement historique décisif tant dans son évolution, que par les significations qu'il comporte en termes de souveraineté nationale et de libre détermination des Tunisiens et des Tunisiennes.


En célébrant ce glorieux anniversaire après avoir fêté le cinquantième anniversaire de l'Indépendance et de la promulgation du Code du statut personnel, nous consacrons la relation étroite entre l'émancipation de la femme et l'amélioration de la condition de la famille tunisienne, d'une part, et l'édification de l'Etat moderne, la consolidation des attributs de la République et l'impulsion du processus de modernisation, d'autre part.


Cette corrélation s'est approfondie par la poursuite de l'élan réformateur et l'accumulation des acquis de la femme tunisienne et des réalisations accomplies en sa faveur depuis le Changement du 7 novembre 1987 dont notre peuple s'apprête à célébrer le vingtième anniversaire, dans l'orgueil et la fierté.


La femme tunisienne représente aujourd'hui un symbole lumineux de la modernité de notre société, un pilier bien ancré de son identité authentique, un puissant rempart pour nos valeurs et principes civilisationnels séculaires et un bouclier invulnérable face à l'extrémisme, le fanatisme et le repli sur soi sous toutes ses formes.


Le projet civilisationnel du Changement a fondé ses constantes en matière de consolidation des droits de la femme sur le principe de la continuité avec l'élan réformateur et érigé ces droits en choix stratégique. Ces droits constituent désormais une des composantes essentielles du concept des droits de l'Homme dans son acception globale et une partie intégrante d'un projet civilisationnel ambitieux.


Il est naturel que le rôle de la femme dans la consolidation des principes de la République , la diffusion de sa culture et le renforcement de la République de demain, avec ses objectifs et ses nobles dimensions, soit en harmonie avec la place dont bénéficie la femme dans le régime républicain.


L'approfondissement des valeurs de modernité et leur enracinement dans les divers domaines politique, économique et social sont devenus des réalités constantes dans notre société. Ces valeurs se confirment et s'approfondissent de plus en plus grâce aux acquis irréversibles dont bénéficie la femme et à sa présence active aux différents postes de responsabilité et dans toutes les institutions de la société et les structures de développement.


Ces acquis sont appuyés par la ferme volonté politique du Président Zine El Abidine Ben Ali qui a toujours veillé à ce que la femme ait une présence égale aux côtés de l'homme dans la construction d'une société avancée et le développement d'un tissu associatif dynamique, dans un environnement démocratique et pluraliste au sein duquel démocratie politique et démocratie sociale sont intimement liées.


La Tunisie a adopté, dans ce domaine, une approche intégrée fondée sur la planification selon le genre social afin de faire de l'amélioration de la condition de la femme un des objectifs stratégiques du développement économique et humain intégral et durable.


L'une des principales caractéristiques de l'approche tunisienne en matière de promotion de la femme est qu'elle a considéré l'héritage historique et culturel à travers une vision saine de la question de la modernisation sociale et civilisationnelle qui est bien ancrée dans notre identité nationale. Elle a surmonté les différents obstacles qui s'opposent à la consécration des principes des droits de l'Homme, ces droits qui ne peuvent avoir leur sens plein et entier sans les droits de la femme dans les différents domaines, tant il est vrai que la femme ne peut avoir la place qui lui revient sans un «rôle» réel et effectif dans la vie économique et dans la vie publique, dans le cadre de l'égalité et du partenariat total avec l'homme.


C'est ainsi que la voie de la participation efficiente a été ouverte à la femme en tant que citoyenne disposant de la plénitude de ses droits et devoirs pour contribuer à la construction de la patrie, cette construction commençant au sein de la famille à travers la collaboration et le partenariat entre les deux époux pour la gestion des affaires des enfants et leur éducation aux valeurs et idéaux, et se prolonge à l'école et dans toutes les structures de production, de travail et de militantisme dans la vie publique.


Les acquis de la femme ont été renforcés dans le Code du Statut Personnel, grâce aux mesures avant-gardistes et révolutionnaires décidées en date du 13 août 1992 et visant à parachever ces acquis et à élever la femme au rang de partenaire à part entière tant au niveau de l'exercice des responsabilités, qu'en matière d'égalité en droits et devoirs. C'est ainsi que de nouvelles perspectives se sont ouvertes devant la femme, l'habilitant à assumer totalement son rôle dans l'action tendant à gagner les enjeux du développement intégral, dans un environnement mondialisé.


Les indicateurs relatifs à la présence de la femme se sont améliorés dans les différents domaines après qu'elle eut démontré son aptitude à la distinction et à l'excellence dans tous les domaines de l'éducation et de la formation. La femme tunisienne représente aujourd'hui 26% de la population active, 29% des magistrats, 31% des avocats et 24% du personnel diplomatique, outre sa présence notable dans les institutions constitutionnelles comme la Chambre des Députés où elle représente 22,7%, la Chambre des Conseillers où sa présence atteint 15,2% ou le Conseil Constitutionnel où elle est de 25% sans compter sa présence à des postes de premier plan dans de nombreux organismes étatiques, ou sa participation à la vie politique et associative, où elle représente le tiers des membres actifs et des adhérents du tissu associatif.


Les grands acquis réalisés au profit de la femme tunisienne depuis l'Indépendance et les droits qu'elle a obtenus au cours d'une riche expérience qui s'est renforcée depuis le Changement de 1987, l'aident, aujourd'hui, à contribuer, depuis la position qui est la sienne, à l'impulsion du processus de développement et de modernisation que vivent nos société arabes, notamment en matière de promotion de la condition de la femme, ce processus qui a commencé avec le Sommet de Tunis en 2004. C'est ce à quoi la femme tunisienne s'emploie à consacrer et stimuler à travers les divers mécanismes de l'action arabe commune en la matière et par le biais des structures de la société civile arabe, en collaboration avec ses sœurs dans le monde arabe au moyen de l'échange d'expériences, la coordination des efforts et le développement des projets et programmes communs.


Si la femme tunisienne a participé par son militantisme, à la fondation de la République et à l'édification de l'Etat de l'Indépendance, il est tout aussi vrai que la concrétisation des attributs de la République de demain et la réalisation de ses idéaux lui commandent aujourd'hui de fournir davantage d'efforts, depuis la position qui est la sienne, pour élever sa contribution dans tous les domaines au niveau qualitatif souhaité, en cette étape où notre pays se prépare à réaliser des avancées décisives sur la voie du progrès intégral.


 


Mesdames,


Messieurs,


La République de demain est une œuvre nationale et un édifice civilisationnel grandiose qui ne peut se concevoir sans une contribution active de la femme. Il s'agit en effet de la république de l'égalité et du partenariat, la république de la loyauté à la Tunisie et de l'abnégation à la servir et à accroître son prestige parmi les nations.


Merci de votre attention.»


Auparavant, Mme Saloua Ayachi Labben, ministre des affaires de la femme, de la famille, de l'enfance et des personnes âgées a prononcé une allocution dans laquelle elle a mis en exergue l'honneur fait à toutes les femmes par Mme Leila Ben Ali en acceptant d'ouvrir cette conférence.


Elle a souligné que la femme tunisienne a acquis tous ses droits dès l'indépendance et la proclamation de la République et que sa position s'est consolidée avec l'avènement du Changement.


La femme, a ajouté la ministre, exprime aujourd'hui, dans cette ambiance de liesse marquant la célébration de la fête nationale de la femme, placée sous le haut patronage du Président Zine El Abidine Ben Ali, sa profonde fierté des acquis accomplis en sa faveur et qui la distinguent de ses soeurs dans d'autres pays du monde, tout en l'élevant au statut de partenaire de l'homme dans l'édification nationale et civilisationnelle intégrales.


Pour sa part, Mme Olfa Youssef a donné une conférence sur "la femme et les valeurs de la République et de la modernité".


Elle a analysé les notions de modernité et de citoyenneté et leur importance dans la vision de l'Etat tunisien concernant la femme, au niveau de la théorie, de la législation et de la pratique sociale. Elle a précisé que ces deux notions constituent les fondements même de la pensée réformatrice du Président Zine El Abidine Ben Ali et reflètent l'authenticité, la vitalité et la vision prospective du projet moderniste du Changement.


Ont notamment assisté à cette cérémonie les femmes membres du gouvernement, les épouses des membres du bureau politique du Rassemblement Constitutionnel Démocratique et des membres du gouvernement, ainsi que plusieurs cadres féminin nationaux et personnalités féminises étrangères participant à la conférence.


 


_____________________


 


Conférence sur la femme et les valeurs de la République et de la modernité»


Pr. Olfa Youssef: «La femme et les valeurs de la République: deux notions déterminantes dans la conception de l’Etat»


 


La Pr. Olfa Youssef a mis en relief le rôle historique des notions de modernité et de citoyenneté dans l’émergence du concept de la femme active et responsable qui participe à la vie économique, sociale et culturelle.


 


Tunis - TAP


Mme Youssef qui s’exprimait lors de la conférence nationale intitulée «Cinquante ans de régime républicain: rôle de la femme dans la consécration des valeurs de citoyenneté et la consolidation du processus de développement», a indiqué, dans une communication sur «La femme et les valeurs de la République et de la modernité», que ces deux notions sont déterminantes dans la conception que l’Etat tunisien se fait de la femme, tant au niveau de la théorie, de la loi que de la pratique sociale.


Par ailleurs, ces notions sont les principaux fondements de la pensée réformatrice du Président Zine El Abidine Ben Ali et reflètent l’authenticité, la vitalité  et la vision prospective du projet moderniste du Changement, a-t-elle relevé.


Mme Olfa Youssef a ajouté, que , pour le Président Ben Ali, la modernité, l’identité, ou encore l’authenticité contemporaine, sont des vecteurs de progrès, d’enrichissement des identités nationales et de consécration des dimensions universelles de la place de l’homme dans la vie et l’univers. Elle a précisé que, dans la pensée du Chef de l’Etat, la femme représente l’un des aspects de la modernité de la société et un rempart contre toutes les formes d’extrémisme. Elle constitue également un élément de base dans l'édification et le progrès de la société, grâce à la promotion de son rôle au sein de la famille et dans la vie publique.


La conférencière a rappelé que dès la fin du IXXème siècle et le début du XXème, les pionniers de la pensée réformatrice  tunisienne dont, en premier lieu, Tahar Haddad, ont eu un rôle précurseur en considérant la femme comme un être à part entière, et en appelant à la nécessité de faire participer «la moitié de la société» à la vie publique.


Mme Olfa Youssef a indiqué que la promulgation du Code du Statut personnel (CSP) a été la consécration de cette pensée porteuse des prémices de la modernité et de l’égalité.


Elle a mis l’accent sur le rôle du Changement du 7 Novembre dans la consolidation des choix de la modernité et de la citoyenneté et le renforcement des acquis de la femme et de la famille, en concrétisation des dispositions du CSP. Elle a rappelé que durant les premiers mois du Changement, le Président Zine El Abidine Ben Ali avait déclaré que «le CSP est un acquis auquel nous sommes attachés et par lequel nous nous tenons engagés, nous en sommes fiers et nous en tirons un réel orgueil, il n’ y aura ni remise en cause ni abandon de ce que la Tunisie a pu réaliser au profit de la femme et de la famille».


Cette volonté, a-t-elle ajouté, s’est concrétisée par les mesures décidées, par le Chef de l’Etat en août 1992 au profit de la femme, et qui ont porté, notamment, sur l’amendement du CSP, ainsi que de plusieurs autres lois, à l’instar du code de la nationalité et du code pénal.


Elle a passé en revue le contenu des mesures d’août 1992 qui sont venus remplacer le principe de l’obéissance à l’époux par celui de la coopération  entre les deux époux dans la gestion des affaires de la famille, ce qui est de nature à raffermir la cohésion et l’esprit d’entraide entre les membres de la cellule familiale. Ces mesures, a-t-elle dit, ont permis aussi à la femme de contribuer aux dépenses du ménage et de renforcer son rôle dans l’éducation des enfants et la gestion de leurs affaires.


Mme Olfa Youssef a souligné que ces mesures ont institué les principes de liberté responsable et d’équité au sein de la famille et dans la société. Elles ont aussi consacré l’appartenance islamique de la Tunisie qui est confirmée par la Constitution, sur la base d’une lecture éclairée des textes religieux, ce qui est de nature à concrétiser les principes figurant sur l’emblème de la République tunisienne: «Ordre, Liberté et Justice» et qui résument toutes les valeurs de la modernité, a-t-elle expliqué en substance.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com