Des gestes pour la Caisse de compensation





En Tunisie, nous sommes tous sur le même navire. L’image est simple mais elle rend parfaitement la situation de notre système de compensation des prix de certaines denrées essentielles. Pour des raisons exogènes que nous connaissons évidemment, l’huile et le blé ont caracolé vers les sommets des vagues, amenant la Caisse nationale de compensation à débourser 542 millions de dinars pour les seuls 7 premiers mois de l’année 2007 (alors que ce chiffre n’était que de 250 MD pour la totalité de 2005 et 321 MD pour tout 2006).


Le navire est solide, le capitaine est exceptionnellement lucide et tout l’équipage est sur le pont... mais la mer gronde et les vagues grossissent à vue d’œil.


Et c’est à ce moment (où la mobilisation de tous est le seul moyen d’aller à bon port) que le gouvernement, les partenaires sociaux et la société civile ont choisi de mener le débat, en public, et ont posé toutes les questions sans tabou : comment faire face à cette bourrasque sur le budget de l’Etat ?  Comment, dans ces conditions, préserver à la fois les emplois et les entreprises ? Quelles sont ces alternatives?


Notre système de Recherche & Développement est-il capable de nous  donner des options viables ? Devons-nous entamer une solide campagne de rationalisation de la consommation de ces produits de base comme nous l’avons fait avec la consommation d’énergie ?...


Ce  qui est remarquable dans ce débat en public, c’est que  l’unité des intentions ne laissait aucun doute dans les esprits et que toutes les opinions convergeaient résolument vers l’intérêt général alors que nous savons bien que (par la nature-même des choses) le gouvernement, le patronat, le syndicat... ont chacun un angle de vision différent sur ce genre de sujets.


Mais l’heure est à la mobilisation, non seulement de ces grands acteurs, mais aussi de chacun d'entre-nous. Un exemple ? Voici, sur notre facture d'importation de blé. Regardez autour de vous et vous observerez que nous gaspillons beaucoup trop de pain. On en achète un ou plusieurs, on se ravitaille et on jette les croutons de la veille alors que l’on peut en faire des tajines, des toasts,... Ne souriez pas, c'est par de «petits» comportements de ce genre (qui impliquent des milliers de tonnes de blé quand on les multiplie par des millions de familles) que l’on peut déjà donner du souffle à notre Caisse nationale de compensation et donc à notre budget de l’Etat.


 


Manoubi AKROUT


manoubi.akrout@planet.tn




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com