«88 minutes» : Est-ce vraiment le bon choix ?





Pour cette soirée, la direction de la 43ème édition du Festival international de Carthage propose «88 minutes» avec Al Pacino. Un film qui remet en question la pertinence


de la programmation filmique. Détails.


Le 7ème art est presque absent de l’actuelle édition du Festival international de Carthage. Deux rendez-vous cinématographiques, uniquement, se sont glissés dans la programmation sans apporter de nouveautés. Pour la première soirée, organisée le 15 juillet dernier, ceux qui se sont rendus à Carthage sont tombés sur «El Kotbia», un film de Naoufel Saheb-Ettabaâ, projeté auparavant lors des Journées Cinématographiques de Carthage et dans d’autres manifestations. Produit en 2002, «El Kotbia» n’est pas le dernier film sur le catalogue de la production cinématographique nationale. D’ailleurs, les dernières années ont été celles de la bonne moisson. Les cinéphiles qui ont suivi de près les Journées Cinématographiques de Carthage, édition 2006, se rappellent bien de la richesse et la diversité de la production cinématographique nationale. «Bab’Aziz» de Naceur Khemir, «Tendresse du loup» de Jilani Saâdi, «Making off» de Nouri Bouzid, «Junun» (Démences) de Fadhel Jaibi, «VHS- Kahloucha» et la liste est encore longue des films, longs et courts, qui ont vu le jour en 2006 et qui sont encore frais. Mais la direction du Festival de Carthage semble avoir un autre avis, choisissant de donner une nouvelle chance à «El Kotbia».


Cette soirée de 15 juillet qui a vu la projection aussi d’un court intitulé «Lumière sur la mer» de Naceur Kasraoui n’est pas la seule fausse note de la programmation cinématographique. Et voilà après un premier rendez-vous raté, le deuxième rendez-vous est venu remettre en question la conscience des programmateurs de l’importance des enjeux du volet cinéma surtout si on prend en considération les problèmes que confrontent les gérants de salles du cinéma.


Pour ce soir, les organisateurs proposent aux cinéphiles de découvrir l’aventure de Al Pacino dans «88 minutes». Un thriller qui a fait sa sortie, il y a quelques mois, et que les passionnés des aventures policières et les férus d’histoires du FBI ont pu découvrir sur les étalages des échoppes de graveurs de CD.


Dans ce film qui ne déroge pas à la règle et qui respecte les principes du thriller, Jon Avnet a réussi à tisser toute l’ambiance des poursuites et des recherches pour raconter l’histoire du Dr Jack Gramm, expert en psychiatrie criminelle et consultant auprès du FBI, amené à prouver sa théorie pour ne pas être la prochaine victime d’un tueur en série. Ce grand problème doit être résolu juste dans les 88 minutes.


Ce film presque ordinaire ne présente aucun ajout par apport à toutes les productions du genre, même si le premier rôle a été confié au grand Al Pacino.


La direction de la 43ème édition du Festival International de Carthage aurait dû penser à ces nouveaux films qui viennent de sortir, surtout qui portent la griffe maghrébine. «Cartouches gauloises» de l’Algérien Mehdi Charaf qui vient de sortir sur les écrans français et qui représente la guerre d’Algérie vue à travers le regard d’un enfant de dix ans. Cela aurait pu créer l’événement, surtout avec ce bon nombre des vacanciers algériens en Tunisie. Ce film n’est pas le seul sur le catalogue des nouveautés, car il y a aussi celui des films présentés et primés lors de la précédente édition du Festival de Cannes, celui de Venise…


A réfléchir si vraiment on veut réconcilier les Tunisiens avec le cinéma !


 


Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com