Renvoi aux calendes grecques





La récente déclaration du ministre de la Défense de l’Etat hébreu sur l’avenir de l’Etat palestinien est révélatrice à plus d’un titre. En effet, en affirmant que la création d’un Etat palestinien ne pourrait avoir lieu avant un délai de 5 ans, l’homme «le plus décoré» de l’armée israélienne prouve si besoin est qu’il n’existe pas de véritables partenaires pour la paix du côté israélien; tout simplement un grand nombre de ceux qui président aux destinées de l’Etat hébreu ont tendance à noyer le poisson dans l’eau et à renvoyer aux calendes grecques tout projet sérieux de règlement du conflit, le plus vieux de la planète.


Prévoir un règlement dans un délai de 5 ans signifie tout simplement une volonté manifeste d’étouffer la question d’une manière sournoise. L’auteur de cette «boutade» sera-t-il parmi l’équipe au pouvoir dans 5 ans pour honorer ses engagements?


Il est difficile de le croire d’autant que les promesses de ce genre se suivent et se ressemblent curieusement.


Le Président de la superpuissance américaine avait même déclaré solennellement, il y a quelques années, que l’Etat palestinien verra le jour avant l’année 2005. La réalité était toute autre. Bien au contraire les espoirs de voir la naissance  d’un Etat palestinien n’ont pas cessé de s’amenuiser.


La création d’un Etat palestinien reste  possible si l’on se décide à prendre le taureau par les cornes et d’admettre la réalité sans fard.


Le dialogue israélo-palestinien gagnerait à être repris là où les deux principaux négociateurs ont buté, en l’occurrence, Yasser Arafat et Ehud Barak, quelques semaines avant l’expiration du mandat du président Bill Clinton. Le retour des réfugiés et le statut final de la ville sainte d’Al Qods constituent dans ce contexte les principaux points litigieux.


Il est inutile de reprendre à chaque fois le dialogue depuis la case départ et de gaspiller ainsi un effort  monstre.


 


Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com