Les étudiants et le choix des filières : Entre filières courtes et maîtrises, les jeunes balancent





Après avoir réussi à décrocher le baccalauréat, tous les bacheliers n’ont plus qu’un objectif en tête : réussir leur orientation. Une tâche qui n’est pas aussi simple qu’elle en a l’air d’autant plus que cette orientation détermine tout l’avenir des jeunes gens… 


 


Tunis-Le Quotidien


A présent, le fait de parvenir au bout du cursus universitaire est presque garanti pour tous les étudiants. Il suffit de vouloir réussir et de mettre le paquet pour y parvenir. Toutefois, ce qui travaille le plus ces élèves et étudiants, est de suivre des études qui leur permettent de garantir un poste stable et d’avenir. Une fois le cursus universitaire achevé, les jeunes étudiants n’ont qu’une seule préoccupation : trouver un emploi. Ceux qui ont étudié l’employabilité de leur spécialité d’étude au préalable et qui réussissent brillamment, ont de grandes chances d’être recrutés assez vite.  De plus en plus d’élèves à la phase terminale de leurs études, effectuent des recherches sur l’employabilité de certaines filières. En revanche, les étudiants n’ayant pas fait une étude du marché de l’emploi et qui optent pour une orientation quasi-hasardeuse, trouveront plus de difficultés à se faire embauchés. Le recrutement, étant un souci majeur de tous les jeunes, devrait être pris en considération avant même de choisir telle ou telle orientation.  Plusieurs nouvelles universités ont ouvert leurs portes ces dernières années aux bacheliers et de nouvelles filières courtes nouvellement créées permettent aux élèves d’avoir davantage d’alternatives. Révolu le temps où seuls les métiers classiques suscitent l’intérêt. Aujourd’hui, les spécialités sont aussi multiples que variées.  Cette diversification devrait ouvrir plusieurs horizons devant les demandeurs d’emploi diplômés. D’ailleurs, la majorité des élèves ont déjà une idée claire sur ce qu’ils vont faire plus tard. Avec l’instauration de nouvelles filières et de nouvelles universités, les étudiants ont d’ores et déjà plusieurs choix. Aujourd’hui, les nouvelles spécialités élargissent les chances des jeunes gens à trouver une place sur le marché de l’emploi.  Bon nombre d’étudiants optent pour les filières courtes dans la mesure où ces dernières leur permettent de finir leurs études à un âge assez précoce. Deux années après avoir décroché leur bac, les étudiants peuvent faire partie de la population active et avoir un revenu puisqu’ils ont déjà eu leur diplôme d’études supérieures. D’ailleurs, grand nombre des premiers diplômés des ISET, ont réussi à décrocher des postes juste après avoir achevé leurs études. Mais au bout de quelques années, les étudiants de l’ISET se retrouvent à leurs tours confrontés à la saturation du marché de l’emploi. D’autres filières semblent prendre la relève et semblent «appâter» les jeunes étudiants. Quelles sont justement les filières pour lesquelles optent les jeunes ? Pourquoi ?


 


Ahmed Ayari, 24 ans, prépare son master en droit. Le jeune homme n’a pas de penchant pour les filières courtes. «Je pense que les filières courtes ressemblent à une mode. Depuis quelques années, elles sont en vogue. Mais petit à petit cela finira par se ternir. D’ailleurs les premiers diplômés  des ISET ont été recrutés très vite les premières années. Mais à présent le marché d’emploi commence à se saturer et plusieurs sont à la demande d’un emploi depuis des années sans réponses favorables. Plusieurs ont d’ailleurs repris leurs études de deuxième cycle pour obtenir une maîtrise. Moi, je suivis des études scientifiques au secondaire. Mais j’ai toujours rêvé de devenir un homme de droit. Je crois que cela a beaucoup de prestige et puis, je peux ouvrir un bureau d’avocat après quelques années d’expérience. L’orientation n’est pas une étape facile. Tout l’avenir professionnel en dépend. Il faut avoir une idée sur le marché de l’emploi et sur les offres d’emploi avant de faire son choix. Je pense avoir fait le bon choix. Aujourd’hui je prépare mon master et je crois que cela m’ouvrira bien des portes», dit-il.


 


Mehdi, 21 ans, vient d’avoir son diplôme en commerce électronique. Le jeune homme a opté pour cette spécialité d’étude après une mûre réflexion. «J’ai choisi cette spécialité pour plusieurs considérations. D’abord l’avenir tout entier est électronique. Je crois que d’ici quelques années, toutes les transactions et toutes les opérations financières et commerciales se feront  de manière électronique. C’est un domaine qui ne peut pas être saturé d’ici une dizaine d’année au moins. En plus les études sont passionnantes et on a l’impression de toucher de très près à la réalité commerciale et économique. Troisièmement, si je ne reçois pas une offre d’emploi intéressante, je crois que je m’installerai pour mon propre compte. C’est un domaine encore vierge et on peut avoir plusieurs idées de projets dans le domaine du commerce électronique. Toutes ces raisons m’ont poussé à faire ce choix et si c’était à refaire, j’opterai pour le même choix. Et puis, c’est vraiment génial de se retrouver diplômé à un âge aussi jeune que le mien. J’aurai le temps qu’il faut pour bâtir une bonne carrière professionnelle et de me faire de l’argent. Je suis encore frais, j’ai plein d’idées en tête et j’ai une grande capacité de bosser», dit-il.


 


Khaled, 20 ans, étudiant en informatique n’a pas choisi une filière courte. Le jeune homme pense qu’une fois le bac en poche, il faut aller jusqu’au bout du chemin universitaire. «Les filières courtes  comme les ISET ne garantissent pas un avenir serein. J’aurai pu suivre la même spécialité dans l’une des ISET, mais j’ai préféré une filière plus longue. D’abord, je ne suis pas pressé à avoir un job, j’aurai tout le temps qu’il faut pour réussir ma carrière. Je suis déjà en deuxième année, je n’ai jamais redoublé et c’est un grand avantage. Si tout marche comme je le veux, j’aurai ma maîtrise à 22 ans. De plus, je me suis renseigné et j’ai su que la majorité des diplômés des ISET finissent par s’inscrire dans une autre université pour avoir leur maîtrise. A quoi bon tout ce chemin ? Ne vaut-il pas mieux d’aller droit au but ! De plus, je ne pense pas à travailler très vite. Si je me contente d’un diplôme en premier cycle, je serai considéré comme un cadre moyen et je serai payé en conséquences. Je préfère faire passer dix-huit semestres d’étude en plus pour que j’aie un meilleur titre. Et puis, il est très probable que je fasse un troisième cycle pour que je serai considéré en tant que cadre supérieur. De plus, le marché de l’emploi est saturé et les diplômés des filières courtes ne trouvent pas facilement un job. Cela a été valable pour les premières promotions. Ce n’est plus le cas maintenant», dit-il.


 


Anas, étudiant de 20 ans a choisi de suivre des études en commerce électronique. Le jeune homme semble convaincu de son choix. «Les études en commerce électronique sont passionnantes. En plus, c’est une nouvelle branche et il existe des postes vacants dans cette spécialité. Le cas échéant, je peux monter un projet. Et puis, j’aurai mon diplôme dans une année et je ferai partie de la population active, je serai indépendant financièrement à un âge précoce et je pourrai avoir mon propre revenu. J’ai choisi cette filière sans trop réfléchir parce que c’est une nouvelle branche et il doit y avoir des perspectives en ce qui concerne l’employabilité», dit-il.


 

Abir CHEMLI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com