Les jeunes et la Fête de la femme : Le meilleur parmi les statuts féminins est bien de chez nous






Depuis l’émancipation de la femme, cette dernière s’est affranchie de la mainmise et de la tutelle masculine qui lui ont été longuement imposées. Elle a réussi à devenir et à être reconnue en tant qu’élément actif, productif et en tant que partenaire à part entière à côté de l’homme. Qu’en pensent les jeunes ?


 


Tunis-Le Quotidien


Nul ne peut contester l’évolution féminine au sein de la société tunisienne. Durant ces dernières décennies, la femme tunisienne s’est imposée dans tous les secteurs. Elle est là, elle travaille et elle fait preuve de persévérance et de grand sérieux. Cette femme, dont le rôle se limitait autrefois à enfanter, à allaiter, à assurer les tâches ménagères et à exécuter les ordres de son chef «suprême» qu’est l’homme, a su mettre fin à son statut de second rang. A présent, les droits de la femme sont égaux à ceux des hommes. L’égalité des droits des hommes et des femmes est proclamée dans la Charte des Nations Unies. Vers la fin du IXXe siècle, le mouvement féministe a revendiqué les mêmes droits civiques que les hommes, les mêmes droits à l’éducation, à la formation et au travail, l’égalité des salaires, le droit à l’indépendance conjugale, d’être maîtresse de leur corps et leur droit à la participation à la vie politique… Pour que ces revendications se traduisent en faits réels, la femme et les partisans de la cause féministe ont dû batailler. Mais à partir des années soixante, les femmes commencent à obtenir des droits réels et opérationnels. A présent, nous sommes loin de cette époque. Le statut de la femme tunisienne est considéré en être la preuve concrète. Des femmes chefs d’entreprise, aux femmes chauffeurs de bus en passant par les femmes politiciennes, les Tunisiennes ont prouvé leur efficacité dans moult domaines. D’ailleurs, ce sont les tunisiennes qui ont les meilleurs des statuts féminins surtout dans le monde arabe. Toutefois, la société, qui garde encore quelques résidus machistes, continue de valoriser l’homme aux dépens de la femme même si la gent féminine jouit des mêmes droits civiques et patriotiques que l’homme. Le statut d’une femme reste toujours spécifique surtout chez ces rétrogrades et machistes qui continuent à regarder la femme de travers. Les exemples en sont aussi multiples que variés dans ce sens. Certains disent que les femmes semblent dénaturées !


Les jeunes semblent avoir leur petite idée sur le sujet. Quel regard portent-ils justement à la femme ?


 


Imène, élève de 17 ans, se proclame très fière d’être une femme tunisienne. La jeune fille pense être chanceuse d’être née ici, dans un pays qui défend les droits de la femme en tant qu’être humain à part entière. «Je pense que la femme a bien mérité cette place. Aujourd’hui, nous vivons sans crainte et savons que nos droits sont protégés. Autrefois, les femmes souffraient en silence et se sentaient ségréguées et bannies. Aucune n’osait ouvrir la bouche même si elle subit les pires des sévices par une gent masculine qui a très mal interprété son rôle de tuteur. Les femmes tunisiennes à présent font partie des plus instruites et nous jouissons d’un des meilleurs statuts sociaux dans le monde. Nous avons toutes le droit d’étudier et de parvenir au bout du cursus universitaire, de travailler et de recevoir exactement le même salaire que les hommes. Nous nous sentons également protégées par une législation tunisienne équitable qui défend nos droits. Fini le temps où les femmes se font violenter et agresser par leurs époux sans pouvoir même crier au secours ! Toutefois, nous devons être redevables envers ce pays qui nous donne tous nos droits. C’est aux jeunes filles d’aujourd’hui de prouver que nous méritons cette émancipation», dit-elle.


 


Yosra, étudiante de 22 ans, est également très fière de son statut de femme tunisienne. «Nous sommes vraiment chanceuses d’appartenir à un pays qui respecte l’autonomie et la liberté de la femme. La suppression de l’esclavage au féminin, de la servitude et la soumission de la femme nous donne le droit et la chance de vivre sans crainte. Aujourd’hui, hommes et femmes sont sur un pied d’égalité. Elles vont à l’école, elles réussissent, travaillent et sont financièrement indépendante. Elles sont également protégées par la législation. Cependant, cette place féminine dérange une catégorie d’hommes qui continuent à regarder la femme en tant qu’être incomplet, invalide et en tant qu’intruse qui rivalise avec lui de manière injuste. Cette manière de voir les choses ne peut révéler que des résidus machistes et rétrogrades anti-féministes. Or,


l’homme devrait se rendre à l’évidence. Il a tout fait pour prouver qu’il est meilleur que la femme et que cette dernière fait partie d’une race de second rang. Nous, les femmes, avons prouvé que ce constat est faux et que nous pouvons être égales à l’homme. En revanche, la gent masculine a été incapable de montrer sa soi-disant suprématie. Mais le regard de cette catégorie réactionnaire ne changera pas les choses. Ce que je tiens à dire, en revanche, c’est que la femme doit toujours prouver qu’elle mérite sa libération, qu’elle n’a rien à se reprocher et qu’elle vaut sa place», dit-elle.


 


Brahim, maîtrisard de 25 ans, ne semble pas trop croire à la cause féministe. «Je dois d’abord dire que je ne suis pas du tout rétrograde. Au contraire, je suis contre la ségrégation et le cloisonnement entre l’espèce mâle et femelle. Je suis partisan des droits de la femme à l’enseignement, au travail et je crois qu’une femme mérite d’être respectée et traitée en tant qu’être humain à part entière. Sauf que certaines commencent à avoir une mentalité trop matérialiste et opportuniste. Or, la nature féminine rime avec affection, douceur et générosité. Plusieurs femmes ne pensent plus qu’à réussir leurs carrières professionnelles. Rien d’alarmant si cela ne touchait pas à l’équilibre même de la société. Si la femme oublie sa disposition naturelle à devenir mère et à élever les générations futures en faveur de son amour pour la matière, c’est qu’il y a hic ! Je ne peux pas nier que certaines femmes ont vraiment prouvé qu’elles méritent la libération et l’émancipation, mais d’autres ont aussi très mal interprété le sens de leur liberté. Leur comportement et leur mentalité prouvent un manque de maturité et un manque de conscience. Je suis certes heureux pour le progrès de la femme, pour son évolution. Mais elle doit faire preuve davantage de conscience de la responsabilité qu’impose la liberté», dit-il.


 


Bassem, étudiant de 24 ans, pense qu’aucune femme sur terre ne peut prétendre être meilleure que les Tunisiennes. «Il faut dire que nos sœurs tunisiennes sont vraiment gâtées ! Elles jouissent d’un statut spécialement privilégié par rapport à d’autres. Aujourd’hui, presque 50% des chefs d’entreprise sont des femmes. Elles occupent des postes supérieurs et elles sont privilégiées. Tout cela est louable et je pense que la femme mérite d’être traitée sur un pied d’égalité avec l’homme. Toutefois, je commence à avoir l’impression que ce sont les hommes qui occupent actuellement le second rang. Ce sont les femmes qui tirent les ficelles, ce sont elles qui dirigent le foyer, qui portent le pantalon et celles à qui revient le dernier mot surtout dans les familles… Je crois que c’est aux hommes maintenant de penser à s’affranchir de la tutelle féminine ! Les hommes ont besoin de tout un check-up pour comprendre ce qui ne va pas chez eux pour ne pas perdre pied», dit-il avec le sourire.


 


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com