Les jeunes et les études à l’étranger : A chacun ses raisons, rêve pour tous





Ce qui importe le plus pour un bachelier est certainement de réussir son orientation et d’arriver au bout du cursus universitaire. Toutefois, chez certains jeunes, le bac peut servir également de tremplin pour partir étudier à l’étranger. Un rêve qui semble cacher beaucoup d’autres rêves…


 


Tunis - Le Quotidien


Les lauréats parmi les candidats au bac ont la chance de jouir d’une bourse d’Etat pour partir étudier à l’étranger dans les meilleures universités du monde. Ceux qui ont eu leur bac avec mention bien ou passable ne peuvent pas aspirer à une telle opportunité. Toutefois, certains tiennent absolument à obtenir leurs diplômes universitaires ailleurs. Pour ce faire, ils doivent mettre le paquet… Ceux qui ont les moyens de payer les frais d’études à l’étranger peuvent se permettre de partir. Les autres, en revanche, doivent poursuivre leurs études supérieures ici même. Toutefois, le rêve de partir reste toujours possible. Au bout d’un premier cycle universitaire tout à fait réussi, ils peuvent obtenir une mention qui leur permet de poursuivre leurs études à l’étranger. Le cas échéant, ils peuvent toujours le faire après la maîtrise. S’ils obtiennent une maîtrise avec une mention et s’ils effectuent un parcours universitaire sans faute, les étudiants peuvent toujours partir pour un master, un DESS ou un doctorat qu’ils tenterons de décrocher sous d’autres cieux. Ce rêve est quasiment un dénominateur commun chez tous les jeunes élèves et étudiants. Pourquoi ? Les uns trouvent qu’ils auront plus de perspectives s’ils poursuivent leurs études ailleurs. Cela leur permettra de voyager, d’explorer un nouveau pays, d’avoir de nouveaux horizons et, peut-être, un meilleur niveau d’études…Une fois au bout du chemin, ils reviendront en Tunisie pour servir leur pays avec leurs acquis. D’autres, pensent qu’une telle expérience vaut la peine d’être vécue. Ce voyage d’études joint l’utile à l’agréable. Il leur offrira, croient-ils,  la chance d’avoir des diplômes de très haut niveau et de résider à  l’étranger, de vivre de manière plus libre avec  moins  de tabous et d’interdits. Témoignages.


 


Houssem, étudiant en anglais de 24 ans,  rêve de partir étudier en Angleterre. Le jeune homme pense que cela lui donnera plus d’opportunités et lui ouvrira bien des portes. «Pour devenir enseignant, je dois d’abord réussir au concours du CAPES. Le Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire est ma bête noire actuellement. Si je pars en Angleterre pour étudier la littérature, cela me permettra d’avoir plus de chances d’être recruté. En outre, j’ai un grand faible pour le mode de vie des Anglais. Ils sont sérieux, ordonnés et travailleurs. Les bras cassés et les médiocres n’ont pas de place dans ce genre de pays. Cela me poussera donc à mettre les bouchées doubles et cravacher dur. Le problème, c’est que je n’ai pas eu la chance de partir juste après le bac. A présent, je dois penser à réussir avec mention. Le cas échéant, je dois travailler juste après la maîtrise pour économiser la somme qu’il faut pour partir. Je pense que je gagnerai en résidant durant quelques années dans ce pays. Le jour où je reviendrai en Tunisie, je pense que j’aurai la chance d’avoir un poste honorable et je servirai mon pays avec ce que j’ai acquis comme savoir», dit-il.


 


Naïm, étudiant de 24 ans, veut partir en France pour finir son troisième cycle et obtenir son DEA. «Je poursuis des études en éducation physique. Si je vais me contenter d’avoir ma maîtrise, il me sera difficile d’être recruté. De plus, il faut être pistonné quelque part pour être recruté de suite… Si je pars en France, je peux obtenir mon DEA en une seule année. Ici, il faut deux années entières pour avoir le même diplôme. Toutefois, je n’aime pas vivre en France. Je veux juste aller étudier pour revenir mon diplôme à la main. N’empêche que le fait d’étudier à l’étranger est une expérience hors pair. Cela me permettra de ne compter que sur mes propres ressources et je serai le seul responsable de mon sort. Déjà ceux qui étudient loin de leur ville natale apprennent bien des choses, que dire alors si l’on est dans un autre pays ! Mais dans tous les cas, je ne me vois pas vivre à l’étranger», dit-il.


 


Montassar, 18 ans, rêve de partir étudier en France. Cependant, le jeune homme sait que pour y arriver, il ne faut pas lésiner sur l’effort. «Pour se permettre un tel rêve, il faut en avoir les moyens. Seuls les élèves très brillants ou riches peuvent aspirer à une telle opportunité. Or, il est difficile pour un littéraire d’obtenir une mention qui lui permet d’avoir une bourse d’études à l’étranger. Je n’ai pas les moyens non plus de payer les frais de ces études.  Certes, avec le nouveau système LMD (licence, master, doctorat), l’on va probablement avoir plus de chances et de perspectives et on peut aller jusqu’au doctorat plus facilement. Mais les études à la Sorbonne continuent de constituer un grand rêve pour moi. De plus, les études à l’étranger nous permettent de compter sur nos propres ressources et de construire notre personnalité. Les Tunisiens qui ont étudié en France et spécialement à la Sorbonne, ont eu de meilleures places lorsqu’ils sont retournés au bercail», dit-il.


 


Ramzi, 20 ans, veut également partir en France pour poursuivre ses études supérieures à la Sorbonne. Il compte tout tenter pour réaliser son rêve. «Il est difficile de bénéficier d’une bourse d’Etat après le bac. Cela dit, il est toujours possible après le deuxième cycle de bénéficier de cette manne de l’Etat si l’on réussit brillamment notre premier cycle d’études supérieures. Le cas échéant, je tenterai de convaincre mes parents de couvrir mes frais d’études en France. Je pense que cela m’ouvrira davantage d’horizons et me permettra d’acquérir de l’expérience et de ne compter que sur mes propres moyens. Je peux chercher un job à mi-temps pour aider à assurer mes frais. Je voudrais tant réaliser ce souhait et puis la vie en France ne diffère pas beaucoup de notre mode de vie. Je ne me sentirai donc pas vraiment dépaysé», dit-il.


 


Riadh, 19 ans,  veut partir au Canada pour poursuivre ses études supérieures. Le jeune homme a des amis qui étudient là-bas et ils l’ont encouragé à les rejoindre. «Celui qui veut faire fortune dans les plus brefs délais ne peut pas trop compter sur le parcours classique. Ceux qui ont étudié au Canada peuvent aussi avoir des jobs temporaires pour couvrir leurs frais. Une fois parvenu au bout du cursus universitaire, on peut avoir un poste très bien payé. J’ai des amis et de la famille qui vivent au Canada et ils peuvent me prendre en charge le temps de finir mes études. Je compte y aller après la maîtrise ou la licence pour poursuivre un troisième cycle. Ensuite, je resterai quelques années le temps d’avoir un contrat de cinq ou dix ans et je reviendrai après avoir économisé un bon paquet d’argent pour monter un projet ici même dans mon pays. Je pense que c’est mon devoir envers mon pays. Ce projet qui s’inscrit encore dans le cadre des rêves reste réalisable si on s’y attache», dit-il.


 

Abir CHEMLI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com