Les jeunes et le modèle à suivre : La source d’inspiration est à la maison





Nous avons tous besoin de références, de modèles et d’idéaux. Un exemple auquel on s’identifie et ce dès l’enfance. Mais tout en grandissant, ce modèle ne répond généralement plus à nos besoins. Les jeunes cherchent la perfection chez d’autres sujets qui s’adaptent mieux à leur nouvelle manière de voir les choses. Chacun, selon ses propres besoins, se fixe un modèle à suivre. Quels sont justement les idéaux des jeunes ? Que trouvent-ils d’extraordinaire chez leurs idoles ?


 


Tunis-Le Quotidien


Durant la petite enfance, chacun d’entre nous se réfère à un modèle. Cet idéal, représente une forme embellie de la réalité matérielle existante. Nous nous y identifions et essayons de marcher sur ses pas. Mais au fur et à mesure que nous grandissons, nos idées changent et nous cherchons d’autres références qui soient plus appropriées à nos besoins. L’idéal, peut revêtir une forme irréaliste qui émane de nos propres idées. C’est une création de l’esprit qui peut n’avoir aucune existence réelle. Ceci implique une sorte de rupture avec la réalité. D’où, cette tendance pour certains à mettre le monde entre parenthèses. Pour eux la réalité matérielle n’a plus de sens en tant qu’objet, mais en tant qu’idée et en tant que pensée. L’on peut avoir un seul idéal, comme on peut avoir plusieurs idéaux. Mais le dénominateur commun entre ces idéaux est qu’ils représentent tous l’image qu’on veut «s’approprier». Durant l’âge de l’adolescence, la personne qui fait l’objet d’une adoration diffère de celle de l’enfance dans la mesure où un adolescent a besoin d’une idole qui traduit ses tendances rebelles et qui reflète l’image parfaite de ce qu’il veut être. Les jeunes peuvent dès lors avoir un seul être qu’ils vénèrent, comme ils peuvent avoir plusieurs modèles qui représentent pour eux l’exemple type de la réussite et de la force. Il faut dire que cet idéalisme est nécessaire au développement de l’adolescent en tant qu’être humain. La personnalité s’harmonise et l’individu se fixe des repères et un modèle à suivre. Dès lors il ne procède plus de manière arbitraire. Le tiraillement entre les pulsions naturelles qui peuvent être violentes ou négatives et entre les penchants idéalistes provoque au début un certain conflit dans l’esprit de l’adolescent. Mais petit à petit, ce «quelqu’un» d’extérieur à soi qu’il idéalise lui permettra de se réaliser. Cet idéalisme jouera donc le rôle d’un régulateur de pulsions et lui permettra par ailleurs d’atteindre un certain équilibre psychique. Cette phase s’accompagne généralement d’une insatisfaction de l’image de soi. Un jeune aspire à une image supérieure à son propre individu. Il a l’impression de ne pas être à la hauteur de son idéal sauf si cela lui permet de partir en quête d’un monde parfait en adoptant le même mode de vie et les mêmes idées que son exemple. Il jugera tout à travers ses idéaux et est prêt à défendre ses points de vue contre tout assaillant. Toutefois, certains jeunes s’éblouissent par le côté apparent. Ils peuvent être fascinés par un look ou par un paraître sans avoir pour autant un exemple moral qui leur inspire des repères…


 


Haythem, 18 ans, n’est pas trop influencé par les célébrités. Le jeune préfère avoir un exemple qu’il connaît de près. Cette proximité lui donne l’occasion de suivre les pas de son modèle. «Mon idéal fait partie de mon entourage. Il s’agit de l’un de mes amis qui, à un âge très précoce, est parvenu déjà à achever ses études en ingénierie en France. Actuellement, il a monté son propre projet et il commence vraiment à réussir. C’est un jeune homme responsable, raisonnable et très courageux qui n’a jamais compté sur les autres. Il a voulu relever le défi et il a réussi. Ce qui m’épate chez lui, c’est cette capacité d’endurer et de travailler sans jamais se lasser. En dépit de son jeune âge, il sait faire la part des choses et il s’est toujours fixé de nobles objectifs qu’il réussit à atteindre. Je pense qu’il est primordial qu’on ait un exemple ou un modèle. Cela nous permet d’améliorer notre manière de vivre. Il est vrai que certains adolescents se contentent d’avoir comme modèle un jeune artiste ayant une apparence qui sort du lot. C’est la réussite de cet artiste, sa célébrité et sa richesse qui le font rêver et il souhaite devenir aussi riche et célèbre que lui. Ensuite il s’approprie sa façon de s’habiller et sa manière de parler. Ce n’est pas de l’idéalisme mais une sorte d’adoration qui leur permet de rêver et c’est légitime», dit-il.


 


Hamdi, 20 ans, voit en sa mère un exemple féminin hors-pair. Il aime également certaines choses chez certaines célébrités. «Je n’ai pas un exemple bien déterminé que j’aimerai suivre. Par contre je trouve que Beckham et Brad Pitt sortent du lot. Ils ont tous les deux grimpé très vite et sont devenus riches et célèbres. Je pense qu’ils ont vraiment tout : la beauté, la richesse, la célébrité, l’amour…Une vie qui ne peut que me faire rêver. Toutefois s’il y a une personne de mon entourage que je considère comme spéciale, c’est bien ma mère. C’est une femme qui garde un esprit jeune et qui s’entretient. D’ailleurs elle a l’air beaucoup plus jeune qu’elle ne l’est réellement. En outre, elle est attentionnée, affectueuse, compréhensive, généreuse, patiente, combative et responsable… Je pense que ces qualités doivent absolument exister chez une femme. Ma mère est un exemple à suivre pour la gent féminine», dit-il.


 


Walid, maîtrisard, 25 ans, a beau fouiller dans sa mémoire mais ne trouve pas un meilleur modèle que son propre père. «Je peux trouver certaines choses vraiment exceptionnelles chez une personne, mais mérite-t-elle pour autant d’être considérée comme un modèle à suivre ? Il est possible que quelqu’un soit notre idéal sur le plan physique, qu’on aime son caractère ou encore sa façon de réussir. Mais nul n’est totalement parfait. N’empêche que la personne qui s’approche le plus de la perfection à mon avis, c’est mon papa. Mon géniteur est un vrai battant. Durant sa jeunesse, il n’avait aucun soutien moral ou matériel. Avec des conditions aussi difficiles, il aurait pu errer du droit chemin. Or, il a bataillé, et a tout fait pour se construire. C’est un homme dans le vrai sens du terme. Il est bon, généreux, travailleur, responsable et il s’est toujours plié en quatre pour nous fournir tout ce dont on a besoin et il sait comment mettre sa famille à l’abri. Mon père est une personne combative qui est parti de zéro et qui a su devenir quelqu’un de très respectable sans jamais utiliser des moyens détournés. Si je dois ressembler à quelqu’un, je souhaite de tout cœur suivre ses pas», dit-il.


 


Ahmed, étudiant, 21 ans, est fasciné par son entraîneur de karaté. «Mon coach est quelqu’un d’exceptionnel. C’est un homme qui a beaucoup de charisme et de force de caractère. Il a les qualités d’un leader et sans jamais avoir recours à la force il se fait respecter. C’est également une personne qui sait ce qu’elle fait et qui aime ce qu’elle fait et je pense que le bonheur réside justement dans le fait de faire ce qu’on aime réellement. Il sait aussi diriger une équipe et ce qui est vraiment fascinant, c’est que nous le suivons par amour. Toute l’équipe se plie à ses ordres non pas par crainte, mais par amour et par respect. Je souhaite un jour avoir une personnalité comme la sienne. Cela dit, les célébrités peuvent me plaire mais aucun ne peut représenter un modèle réel à suivre. Un modèle doit nous inspirer des repères des valeurs et des idées positives», dit-il.


 


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com