L’impasse…





L’Irak est loin d’avoir achevé sa descente aux enfers. L’espoir de rétablir la situation chaotique dans ce pays exsangue se réduit chaque jour un peu plus comme peau de chagrin et les perspectives, dans l’état actuel des choses, ne s’annoncent point de tout repos. Au moment où l’armée  américaine mène une vaste offensive dans la province de Diyala dans le cadre d’une «campagne militaire nationale» contre les activistes sunnite et chiîte, quatre attentats suicide aux camions piégés visant la communauté Yézidi  dans le Nord-Ouest de l’Irak, ont fait au moins 200 morts et plusieurs centaines de blessés.


Les tentatives désespérées de l’administration américaine de «pacifier» le pays et de mâter la rébellion ont fait l’effet à l’évidence d’un coup d’épée dans l’eau. Il ne fait plus d’ailleurs l’ombre d’un doute que le rétablissement de la situation exécrable prévalant dans l’ancienne Mésopotamie relève proprement du miracle. Une situation désespérée, le moins qu’on puisse dire, aussi bien pour Washington que pour le gouvernement Maliki qui donne l’impression d’évoluer dans un véritable marécage: sitôt retire-t-il un pied que l’autre s’embourbe davantage. Ne nous étonnons pas d’ailleurs dans ces conditions cauchemardesques si le moral des responsables U.S. est plutôt en berne. Et quand le navire prend eau et tangue dangereusement, les désertions se multiplient à un rythme inquiétant. La récente démission de Karl Rove, l’éminence grise du Président Bush, a fini par persuader même les plus sceptiques que le malaise grandissant qui affecte les proches collaborateurs du chef de l’exécutif U.S. est un signe qui ne trompe pas sur la faillite caractérisée d’une administration américaine plus que jamais aux abois. La secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, et le vice-président, Dick Cheney, sont d’ailleurs parmi les derniers hauts responsables encore présents au côté du Président américain depuis le début de son premier mandat en 2001. Jamais dans l’histoire, les Etats-Unis n’auront connu un mouvement de démissions aussi intense de responsables d’une équipe au pouvoir. La guerre en Irak, engagée sous des prétextes fallacieux, bat dans ce registre à plate couture, celle du Vietnam ainsi que le scandale du Watergate qui a accéléré le départ du Président Nixon. Autant dire que le deuxième mandat de George W. Bush qui entame sa dernière ligne droite s’annonce très mouvementé.


Le locataire de la Maison-Blanche qui cumule les déficits, les erreurs stratégiques et les couacs aura fort à faire pour renverser la vapeur et sortir du bourbier irakien la tête haute. La pression grandissante, exercée par l’opinion publique américaine qui monte au créneau pour réclamer le retrait des troupes U.S. déployées en Irak, n’est pas pour faciliter cette tâche. Une mission d’autant plus compliquée en fait que toutes les solutions envisagées jusque-là ont révélé leurs limites.


La guerre d’usure tournant à l’évidence au désavantage de l’Administration U.S., la solution politique demeure la seule alternative pour rétablir la situation en Irak. Washington gagnerait à explorer cette voie pour sortir à bon compte de ce bourbier et permettre enfin à ce pays de renouer avec la paix et la stabilité.


Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com