Dangereuse dérive…





Les frasques meurtrières de Dame nature sont loin de connaître leur épilogue. Elles semblent même prendre du tonus et de l’intensité depuis quelque temps un peu partout dans le monde. Agressé de manière inconsidérée et irresponsable par l’homme, la nature répond avec brutalité aux incartades des bipèdes à travers des démonstrations de force aussi régulières que violentes qui dépassent l’imagination. Les envolées lyriques de Dame nature ces derniers jours se passent d’ailleurs de tout commentaire: 300.000 sans abris, 58000 maisons détruites et 83 morts, tel est le sinistre bilan des terribles inondations qui ont sévi récemment en Corée du Nord. Les vannes du ciel qui ont arrosé ces derniers jours à très fort débit le Sahel africain ont également occasionné d’énormes dégâts matériels et humains. Au Bangladesh, les inondations ont fait plus de 500 morts. Les pics de chaleur anormalement élevés ont par ailleurs entraîné la mort de 18 personnes dans le Sud des Etats-Unis selon un nouveau bilan et près de 25 au Japon. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la Martinique et la Guadeloupe viennent d’être placées en vigilance «Rouge» à l’approche de l’ouragan Dean qui inaugure ainsi la nouvelle saison des Cyclones du côté des Caraïbes. Autant dire qu’on n’est pas sorti de l’auberge et que le plus dur est à venir. Le réchauffement de la planète dû aux rejets dans l’atmosphère de gaz à effet de serre est tenu directement pour responsable de ces phénomènes naturels qui font peser une lourde menace sur l’ensemble de l’humanité. Certes, ce sacro-saint problème occupe les devants de la scène internationale et on ne compte plus d’ailleurs le nombre de sommets consacrés à l’environnement depuis quelque temps. Les principales causes y ont été cernées, tous les pays ont  été sensibilisés, mais les mesures concrètes destinées à lutter contre la pollution sont distillées avec parcimonie. Pour des considérations bassement hégémoniques et stratégiques, nombre de pays, parmi les plus puissants du monde, rechignent à adhérer aux protocoles d’accord en matière de protection de l’environnement sous des prétextes fallacieux et des mobiles qui n’échappent à personne. Ne nous étonnons pas dans ces conditions si les perspectives sont particulièrement moroses.


Les spécialistes s’accordent d’ailleurs à dire que le réchauffement climatique durant les prochaines années va entraîner un exode massif des populations particulièrement dans les pays pauvres et augmenter le niveau des mers avec toutes les conséquences dramatiques qui en découlent pour l’ensemble de l’humanité. Une humanité qui ne réalise pas en fait l’importance des enjeux et qui semble foncer, tête baissée, vers l’abîme, trop préoccupée qu’elle est par des questions géostratégiques. Le dernier sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS) réunissant la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghiztan, l’Ouzbékistan et le Tadjakhstan, semble avoir fait renaître de ses cendres la guerre froide qui avait opposé l’Est à l’Ouest. Présentée comme un contrepoids face à l’influence américaine en Asie centrale, l’OCS se veut un antidote à l’unilatéralisme U.S, ce qui n’écarte point d’ailleurs l’hypothèse de chaudes empoignades en perspective.


Les frasques de Dame nature pourront alors évoluer en roue libre. Et c’est là où réside le danger et le véritable drame...


 


Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com