Nucléaire iranien : Vers de nouvelles sanctions mais pas avant septembre





Une 3e résolution de l'ONU sanctionnant l'Iran pour son programme nucléaire paraît inéluctable alors que Washington accroît la pression en ciblant les Gardiens de la révolution, mais elle ne devrait pas être débattue avant septembre.


 


Le Quotidien — Agences


Selon les diplomates à New York, trois membres permanents occidentaux du Conseil de sécurité (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne) y sont favorables mais la Chine et la Russie devraient, comme à l'accoutumée, se montrer plus réticentes.


Dans ses résolutions 1737 (décembre 2006) et 1747 (mars 2007), le Conseil a imposé, puis alourdi, des sanctions économiques et commerciales à l'égard de l'Iran, pour le contraindre à suspendre ses activités sensibles, l'enrichissement d'uranium et le retraitement.


Téhéran n'en a rien fait et ses dirigeants répètent à l'envi que rien ne les fera plier.


Depuis, les Etats-Unis affirment que des pressions supplémentaires sont nécessaires, y compris via l'ONU.


Washington, qui impose déjà des sanctions commerciales unilatérales à l'Iran, doit désigner prochainement comme organisation terroriste les Gardiens de la révolution iraniens, institution clé du régime, dont le rôle politique et économique va croissant.


Cette mesure pourrait intervenir dès le mois d'août, selon des responsables américains cités par la presse.


Les Pasdarans, ou Gardiens, sont la première force militaire de l'Iran, avec des effectifs estimés à plus de 100.000 hommes, mais bien mieux équipés et entraînés que l'armée régulière.


Fin juillet, le Premier ministre britannique Gordon Brown a jugé de son côté "probable" une nouvelle résolution de l'ONU sanctionnant l'Iran. Et tout en se disant persuadé que les sanctions "vont fonctionner", il s'est refusé à exclure une éventuelle action militaire contre ce pays.


L'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-Maurice Ripert, a déclaré à la presse que pour Paris, "il faut faire preuve d'une grande fermeté."


"Malheureusement, on constate que les Iraniens n'ont toujours pas délivré ce que le Conseil de sécurité leur a demandé de faire et qu'on va arriver à un moment où il va falloir renforcer encore le régime international des sanctions", a-t-il dit.


"Je ne suis pas sûr qu'on ait le choix d'attendre octobre pour que ce dossier revienne devant le Conseil de sécurité", a-t-il ajouté.


Compte tenu du caractère graduel du régime des sanctions, Moscou et Pékin craignent qu'une 3e résolution n'affecte directement leurs intérêts économiques en Iran, a expliqué en substance un diplomate occidental, sous couvert d'anonymat.


Il pourraient arguer que de nouvelles sanctions ne s'imposent pas tant que se poursuit le dialogue engagé par l'Iran avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).


Des experts de l'AIEA ont évoqué la semaine dernière avec les responsables iraniens la possibilité d'inspecter l'usine de Natanz (sud), le site nucléaire le plus sensible du pays, après avoir eu accès le 30 juillet à un autre site, le réacteur d'Arak.


L'AIEA veut pouvoir déterminer si l'Iran mène seulement un programme nucléaire civil, comme il l'affirme, ou s'il cache un programme militaire, comme l'en accusent les Occidentaux.


Par cette coopération, l'Iran espère éviter de nouvelles sanctions, selon Abdolreza Rahmani Fazli, l'adjoint du chef des négociateurs du nucléaire iranien.


Interrogé, le représentant adjoint de la Chine à l'ONU, Liu Zhenmin, a estimé "possible" que la question de nouvelles sanctions se pose en septembre. Toutefois, a-t-il souligné, il faudra d'abord attendre un rapport de l'AIEA sur ses contacts avec Téhéran, puis un accord des cinq permanents du Conseil au niveau des directeurs politiques.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com