La France de retour en Irak





Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, vient d’effectuer une visite de trois jours en Irak. Une première d’un haut responsable français depuis mars 2003.


Une première qui marque la volonté de Paris d’effectuer son retour en Irak. Un geste qui s’inscrit dans la foulée du rapprochement entre la France et les Etats-Unis entrepris par Nicolas Sarkozy et qui serait un revirement radical de Paris après son opposition farouche à l’intervention américaine.


Le choix de Kouchner n’est pas, à ce propos, fortuit puisqu’il était l’un des rares de la classe politique française à ne pas condamner l’option militaire américaine en Irak


Dès son arrivée à Bagdad le ministre français a indiqué que Paris voulait être utile et ce en plaidant pour une solution irakienne à la crise dans ce pays et à un rôle accru de l’ONU.


Mais que peut réellement la France pour être utile et sortir ce pays de l’impasse où il se trouve ?


Selon toute vraisemblance, et dans la foulée de son rapprochement avec Washington, il semble que Kouchner a été mandaté par Sarkozy afin de tâter le terrain à Bagdad dans l’espoir d’aider, «l’ami» américain à sortir du bourbier irakien.  «L’heure n’est plus à fustiger les erreurs d’évaluation américaines, mais à contribuer à une solution», disait dernièrement le chef de la diplomatie française qui veut désormais regarder vers «l’avenir».


Pour cela il a plaidé hier pour un rapprochement politique entre les différents courants politique et religieux dans le pays afin de trouver une solution qui, selon lui, doit être politique et non militaire. Il propose pour cela la multiplication des contacts avec les pays de la région pour qu’ils contribuent à la stabilisation du pays. Il fait valoir pour cela l’excellent rapport que maintient la France avec les pays arabes.


Un pari audacieux, surtout lorsqu’on sait que plusieurs autre pays ont tenté la même démarche sans pour autant réussir, mais un pari utile et qui vaut la peine d’être risqué tant l’Irak a besoin aujourd’hui de tous les efforts internationaux pour se remettre sur pied. Cela même si notre conviction reste que la seule solution en Irak est la fin de l’occupation puisque comme le dit Kouchner lui-même : «la solution ne peut être militaire».


 


M.A.B.R.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com