Pour aller à Bagdad : Kouchner assure ne pas être passé par les Américains





* Les Verts français traitent le ministre des A.E. de «petit caniche» des Etats-Unis


 


Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a assuré hier ne pas être "passé par les Américains" pour se rendre en Irak, où il effectue une visite depuis dimanche, et récusé les critiques parlant d'un alignement sur les Etats-Unis.


 


Le Quotidien-Agences


"Nous nous sommes distingués très clairement de la politique américaine, nous n'avons pas été partisans de l'intervention américaine et je crois que nous avions raison", a-t-il déclaré sur la radio RTL depuis Bagdad, en référence à l'opposition de Paris au déclenchement de la guerre en 2003.


"C'est très important que les Irakiens, et ils s'en souviennent, se remémorent ce qu'a été la position de la France. Cela nous donne un rôle très particulier", a ajouté le ministre


"Nous ne sommes pas passés par les Américains", a précisé Kouchner en indiquant qu'il avait prévenu la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice de son voyage seulement "quelques heures avant", de même que ses homologues britannique David Miliband et allemand Frank-Walter Steinmeier, ainsi que la présidence portugaise de l'Union européenne et le haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, Javier Solana.


Kouchner a justifié son déplacement en Irak par le fait "qu'en fonction de ce qui va se décider, se jouer, ici, le monde sera changé". Il a notamment évoqué à ce propos les relations entre musulmans sunnites et chiîtes, la stabilité du Proche-Orient ou encore les incidences de la question irakienne sur les relations avec des pays comme l'Iran, la Syrie ou l'Arabie saoudite.


Il a également vivement répondu aux critiques de l'ancien ministre socialiste Jean-Pierre Chevènement, qui a estimé lundi que cette visite s'apparentait à un "voyage à Canossa" et faisait perdre à la France "le bénéfice de son non-alignement".


Le chef de la diplomatie française a toutefois laissé entendre que la politique française vis-à-vis de l'Irak avait évolué avec l'arrivée du président Nicolas Sarkozy et de son gouvernement.


"Avant il y avait une attitude qui consistait à dire «circulez, y'a rien à voir, c'est tellement compliqué, c'est tellement fichu d'avance qu'il ne faut plus s'en occuper», et bien ce n'est pas l'attitude de la France actuelle", a-t-il dit.


"Tout le monde sait que les Américains ne pourront pas sortir ce pays de la difficulté tout seuls. Plus les Irakiens demanderont l'intervention de l'ONU, plus la France les y aidera", a ajouté Kouchner.


Noël Mamère, député des Verts, a affirmé, pour sa part, à propos de la visite de Bernard Kouchner en Irak que "la France se comporte comme un petit caniche" à l'égard des Etats-Unis.


"L'arrivée de Bernard Kouchner à Bagdad, si peu de temps après la rencontre entre Bush et Sarkozy est un signe envoyé aux Etats-Unis, qui est le signe de la soumission", a-t-il dit sur RTL.Selon lui, "dans cette circonstance, la France se comporte comme un petit caniche". "C'est une manière de se salir les mains que d'aller à Bagdad après la visite de Sarkozy chez Bush. C'est une manière de cautionner la politique américaine en Irak", a-t-il dit.

Il a en outre dénoncé l'"imposture" de Sarkozy "de vouloir faire croire aux Français que la France, à, elle toute seule, va pouvoir régler le problème irakien".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com