Vaines dérobades…





Les velléités américaines de renverser la vapeur en Irak ressemblent à s’y méprendre à des tentatives désespérées de ranimer un mort cérébral qui affiche un encéphalogramme plat et dont la santé se dégrade chaque jour un peu plus. Patient et «médecin traitant» se portent, en fait, au plus mal et sont logés, tous deux, à la même mauvaise enseigne. Car si le premier n’a pas achevé encore sa terrible descente aux enfers, le deuxième subit de plein fouet les effets pervers de cette situation endémique et cauchemardesque.


La mort, hier, de 14 soldats américains dans la chute de leur hélicoptère au Nord de l’Irak est un fâcheux événement - encore un - pour l’Administration U.S qui cumule les revers et les couacs. Il s’agit du pire accident de ce type depuis janvier 2005, date à laquelle un appareil de transport des Marines a été abattu, causant la mort de 31 militaires. Un «Krash» de trop en fait, dû à des «problèmes mécaniques», ce qui n’est pas pour arranger les affaires d’une Administration américaine aux abois, à moins d’un mois de l’évaluation très attendue de la stratégie U.S. en Irak devant le Congrès.


Devant être présenté au Parlement à la mi-septembre, ce rapport qui va rendre compte de la situation en Irak après l’envoi de renforts militaires censés créer les conditions d’une stabilisation du pays, s’annonce d’ores et déjà comme une chronique d’un nouvel échec annoncé. Un flop qui semble même faire l’unanimité dans un pays où l’opinion publique donne de plus en plus de la voix pour réclamer le retrait des troupes U.S. déployées en Irak. Deux influents sénateurs de retour de l’ancienne Mésopotamie ont d’ailleurs exprimé ouvertement leur pessimisme sur le succès de cette mission. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, une majorité d’experts en politique étrangère américaine, conservateurs ou progressistes, estiment que la stratégie de l’Administration Bush est un échec, selon une étude publiée par la revue  Foreign Policy.


En mal de solution et ne sachant plus où donner de la tête pour s’en sortir à bon compte, le chef de l’Exécutif U.S., lui, invoque les leçons de la guerre du Vietnam pour appeler les Américains à soutenir l’engagement en Irak. «Quelle que soit notre position dans ce débat, l’une des leçons du Vietnam, sans erreur possible, c’est que des millions d’innocents ont payé le prix du retrait de l’Amérique et que leurs souffrances ont ajouté à notre vocabulaire des mots comme boat people, camps de rééducation et champs de mort», a déclaré en substance George W. Bush dans un discours devant d’anciens combattants à Kansas City. Le locataire de la Maison-Blanche qui a longtemps répugné à la comparaison entre le Vietnam et l’Irak, susceptible de réveiller le spectre de l’enlisement et de la défaite U.S., donne l’impression d’épuiser ses derniers arguments. Il n’empêche que ce parallélisme de la dernière chance visant à lui permettre de regagner la confiance de l’opinion publique U.S. ne lui sera point d’un grand secours. Pour la simple raison que la guerre en Irak a été engagée sous des prétextes fallacieux au mépris de la désapprobation de l’écrasante majorité de la Communauté internationale. Il faudrait avoir le courage de l’admettre.


A moins de rectifier le tir et d’envisager une solution politique, le bourbier irakien s’oriente dare-dare en tout cas vers une issue à la vietnamienne. Raison pour laquelle Washington gagnerait à retenir les véritables leçons du passé et à faire preuve de réalisme...


 


Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com