Les jeunes et les valeurs





Naguère, la cellule familiale jouait un rôle fondamental et de premier plan dans l’éducation et l’encadrement des enfants. L’autorité parentale reposait sur des bases solides et était régie par des règles assez strictes.


Le père de famille incarnait la référence et la principale source d’inspiration pour la progéniture. Même si sa fermeté démesurée faisait parfois jaser, il imposait le respect et veillait scrupuleusement à inculquer à la descendance les bonnes valeurs et un comportement irréprochable en société. Mais les temps ont foncièrement changé aujourd’hui. Pas forcément dans le bon sens, malheureusement, comme le prouve d’ailleurs le comportement de bon nombre de nos jeunes qui n’est  point au-dessus de tout reproche. Dans la rue, dans les moyens de transport en commun et autres  espaces publics, l’agressivité et l’intolérance, les dérives langagières  et les attitudes répréhensibles qui portent gravement préjudice aux bonnes mœurs sont devenues légion. Effet de contagion aidant, le fléau fait boule de neige et gagne résolument du terrain.


Evoluant en roue libre et en mal de repères, les jeunes — fait d’autant plus grave — puisent désormais dans un nouveau lexique langagier qu’ils ont créé de toutes pièces et dont la teneur n’est pas toujours bonne à entendre. A qui incombe la faute ? D’aucuns mettent à l’index, à juste titre d’ailleurs, la démission, voire la résignation caractérisée des parents et des éducateurs. Les structures d’encadrement des jeunes, qui brillent par leur absence, sont également tenues pour responsables, au même titre d’ailleurs que cette mondialisation décapante qui prône la standardisation des cultures. L’adoption d’un mode de vie importé par phénomène de mime interposé fait plus de mal qu’on ne le pense.  De même que le laxisme et l’apathie des adultes qui laissent faire, laissent passer, n’est pas pour arranger  les choses. Loin s’en faut. De toute évidence, il y a urgence aujourd’hui à saisir le taureau par les cornes et prendre les mesures qui s’imposent pour renverser la vapeur et remédier à cette situation  fort peu reluisante. Il s’agit d’un impératif qui ne saurait souffrir de retard et de négligence au regard des enjeux éminemment importants qu’il implique. Les jeunes générations qui vont prendre demain la relève de leurs aînés constituent à bien des égards l’avenir du pays et le garant de sa pérennité. Raison pour laquelle tous les efforts doivent être consentis pour les encadrer de la meilleure manière, les orienter et canaliser leurs énergies dans le sens  positif et constructif du terme. Comme l’a si bien souligné le Chef de l’Etat en recevant, avant-hier, le président de l’Organisation tunisienne de l’éducation et de la famille, il importe de «se focaliser sur la consécration du comportement civique chez les jeunes et des valeurs de fidélité à la patrie et d’attachement aux fondements de l’identité nationale, tout en prenant en considération les exigences de la modernité».  Les parents, les éducateurs et l’ensemble de la société civile doivent mettre nécessairement la main à la pâte pour permettre  l’éclosion de nouvelles générations immunisées contre les dérives fondamentalistes et extrémistes, profondément attachées à leurs racines et à leur pays et résolument ouvertes sur l’extérieur et les autres cultures...


 


Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com