Procès des sept pêcheurs tunisiens en Italie : Le repérage GPRS innocente les suspects





Le procès des sept pêcheurs tunisiens arrêtés le 8 août dernier à Lampedusa s’est ouvert avant-hier au tribunal d’Agrigente (Sicile).


D’emblée Me Marino, leur avocat, a donné le ton, dénonçant un procès orchestré et destiné à faire de la propagande à la politique européenne en matière d'immigration clandestine...


 


Tunis-Le Quotidien


Il est 7 heures du matin (GMT), le président de la cour relevant du tribunal d'Agriente a ouvert le procès. Après avoir rappelé les faits, on a commencé à appeler à la barre un à un,  les sept  pêcheurs tunisiens avant de lire l’acte de l’accusation. Il en ressort qu’après avoir avisé les autorités italiennes du naufrage d’un bateau transportant des immigrés clandestins, les sept pêcheurs à bord de leurs chalutiers (Mortadha et Mohamed El Hédi) sont intervenus portant secours aux victimes avant de les embarquer et se diriger vers le port de Lampedusa, situé à 113 km des côtes tunisiennes.


Des hélicoptères prirent alors en charge les naufragés et les transportèrent à l’hôpital de Palerme.


Coup de théâtre, les gardes-côtes italiens ont procédé à l’arrestation des sept pêcheurs et leurs deux bateaux sont séquestrés.


Interrogés, les sept pêcheurs et contre toute attente ont été inculpés de favoriser l’immigration clandestine, un délit passible de quinze ans de prison.


Selon leur avocat, Me Leonardo Marino, la justice italienne s’est basée sur les témoignages des naufragés qui auraient déclaré aux enquêteurs qu’ils étaient à bord  des deux bateaux de pêche appartenant aux sept pêcheurs. Ces  derniers  les auraient  embarqués à bord à partir de la ville de Teboulba (Monastir-Tunisie) pour les aider à traverser les frontières maritimes d’une manière clandestine.


Un témoignage sans fondement puisque le repérage GPRS a montré que les deux bateaux de pêche tunisiens n’étaient  pas dans la zone où a eu lieu le naufrage. Le même repérage fait état également de la présence d’un troisième bateau, en état  de détresse. Son équipage a lancé des appels aux secours.


Seuls les pêcheurs tunisiens ont répondu présent, n’hésitant pas à intervenir pour sauver les naufragés.


Comment alors sont-ils devenus des passeurs ?


C’est une véritable énigme d’autant  que la justice italienne ne s’était basée que sur le témoignage des naufragés rejetant  les résultats du repérage GPRS.


Toujours est-il que tout laissait croire avant-hier que ce procès devrait prendre beaucoup de temps avant de se fixer sur le sort des sept pêcheurs tunisiens.


Par ailleurs, plusieurs associations italiennes et internationales sont montées au créneau   dénonçant, également, une affaire injuste et affichant leur soutien et leur solidarité avec les pêcheurs tunisiens.


 

Habib MISSAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com