Le problème est ailleurs






Depuis quelques semaines les appels à la démission du Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, se multiplient. Des appels particulièrement virulents notamment aux Etats-Unis où plusieurs membres clés du Congrès font monter la pression sur le président Bush pour qu'il force le Premier ministre irakien à agir sous peine de le sanctionner.


Même la France qui avait l’habitude d’être discrète sur la question irakienne vient d’exprimer son exaspération face à l’échec du gouvernement irakien à faire face aux différents défis auxquels il fait face. 


Des critiques qui deviennent en quelque sorte légitimes surtout lorsqu’on constate qu’en effet, le gouvernement Maliki a lamentablement échoué à remplir des objectifs politiques clés. Un gouvernement qui ne fait pas ce qu'il devrait faire pour protéger son peuple et qui n’arrive pas à prendre des décisions difficiles permettant d'assurer une sécurité durable.


Cela est vrai, seulement faut-il encore mettre les faits dans leur contexte.


Il faut d’abord savoir que ce sont les Américains qui ont, au nom d’une démocratie douteuse, imposé la candidature de Maliki occultant les appels, en ce temps, de plusieurs factions qui ont exprimé des doutes sur sa capacité à gérer le pays.


Il faut aussi savoir que l’échec de Maliki est aussi dû aux erreurs commises auparavant par les Américains dont principalement la politique de «débaathification» qui a exclu les sunnites du centre du pouvoir et qui a provoqué la dissolution de l'armée qu’on n’arrive plus à reconstruire aujourd’hui et dont les conséquences désastreuses sur le plan sécuritaire n’est plus à démontrer.


Ceci pour dire que l'idée, selon laquelle avec un départ de Maliki tout s'arrangerait en Irak, occulte le fait que le pays est miné de l’intérieur puisqu’il n'a pas les capacités institutionnelles pour fonctionner normalement.


En fait, Maliki n’est qu’un bouc émissaire de l’échec américain dans le pays. N’importe quelle autre personnalité aurait aussi échoué. Et ce n’est pas, comme le font savoir des bribes d’informations qui commencent à circuler dans la presse internationale, le remplacement de Maliki par l’ancien Premier ministre Allaoui qui résoudra les problèmes de l’Irak. Ceux-ci sont beaucoup plus profonds que le simple choix d’un homme politique.


Qu’il soit un tel ou tel autre qui gouvernera l’Irak, la solution n’est pas là. Il n’y a aujourd’hui qu’une seule solution en Irak : la fin de la présence militaire américaine et son remplacement par une force onusienne qui devra être acceptée par les différentes factions politiques et confessionnelles. Une force qui pourra, puisque acceptée par tous, contribuer au renforcement de l’Etat irakien, seule alternative, à notre avis, pour sortir le pays du chaos politique et sécuritaire.


 

Mohamed Ali BEN REJEB


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com