Les jeunes et la définition du bonheur: L’amour pour les filles, l’argent pour les garçons






Certains pensent que le bonheur est simple à réaliser. D’autres trouvent que le bonheur absolu n’existe pas. Et entre les uns et les autres, il y a ceux qui pensent que le bonheur n’est qu’une grande illusion… Qu’est-ce qui peut faire justement le bonheur des jeunes ? Et comment traduisent-ils la notion du bonheur ?


 


Tunis-Le Quotidien


Etre dans un état de plénitude, de béatitude et de félicité, fait partie des soucis de la majorité des êtres humains. Trouver le bonheur et  vivre des moments de  plaisir intenses est probablement la raison d’être de tout un chacun dont notamment les jeunes. A priori, ces jeunes  sont censés sentir une grande joie de vivre, étant donné qu’ils n’ont pas encore de  responsabilités et puisqu’ils possèdent une grande envie de croquer la vie à pleines dents. Quelques événements heureux comme la réussite aux études ainsi que la réussite sur le plan sentimental, sont capables de rendre les jeunes aux anges. Certains moments favorables et certains éléments heureux suffiraient, semble-t-il, pour faire le bonheur des jeunes.  Nombre d’entre-eux pensent toutefois, que le bonheur  ne peut être savouré que si l’on a un sens aigu de la frugalité. Ils croient que s’ils ne font pas tout ce qu’ils veulent, ils doivent au moins se satisfaire de ce qu’ils ont. Cette manière de voir les choses permet à l’être de se contenter  de ce qu’il a et d’en faire une source de bonheur. D’autres, en revanche, ont l’ultime conviction que le bonheur absolu est impossible à atteindre. Raison pour laquelle ils doivent savourer intensément chaque moment positif. Mais chez une autre catégorie de jeunes, le bonheur est perçu comme une notion chimérique et utopique qui leur permet juste de s’accrocher et d’avoir de l’espoir. Partant du fait que le parfait n’existe pas, ces jeunes là sont conscients que s’ils se mettent à chercher le bonheur, ils seront en quête de l’imaginaire. Ils sont persuadés que pour atteindre un bonheur absolu, il faut jouir d’une bonne santé, avoir beaucoup d’argent, être éperdument amoureux d’une personne qui partage les mêmes sentiments, avoir un rang social élevé…En contrepartie, ces jeunes savent pertinemment bien que le fait d’avoir toutes ces choses à la fois est quasi impossible. S’ils avaient à choisir une seule chose pour conquérir le bonheur que choisiraient-ils justement ? Reconnus assez lucides et ayant les pieds sur terre, la gent masculine semble avoir un faible pour…le fric !


 


* Hamza, étudiant, 19 ans, sait ce qui peut le rendre heureux : l’argent. Beaucoup d’argent ! « Certes si je vais énumérer toutes les choses qui me tiennent à cœur, je vais dresser une liste interminable. Je vais essayer d’être logique : si je réussis mes études et que je n’arrive pas à avoir un travail, vais-je sentir cette réussite? Si je réussis à trouver un job et que cela ne me rapporte pas assez d’argent, pourrai-je me procurer tout ce dont j’ai besoin ? Et si je vais trouver l’amour, le vrai, est-ce que je vais pouvoir vivre heureux si nous sommes tous les deux pauvres ? Impossible ! L’argent est lié à tout. Et seul avec l’argent on peut atteindre le bonheur. Si je serais vraiment riche, je pourrais aimer et être aimé. Si j’aurais de l’argent, je pourrais tout avoir même la paix parce que l’argent donne du pouvoir et plus personne n’ose te faire du mal et puis même la santé est récupérable si on est riche. D’ailleurs si l’on mange bien, qu’on a les moyens de se divertir, de vivre heureux, de voyager, etc. on va pouvoir garder une bonne santé. Cela dit, le bonheur je le vois à travers la richesse. L’argent fait le bonheur», dit-il.


 


* Mehdi, étudiant, 19 ans, partage le même avis. Le jeune homme pense qu’avec l’argent on peut tout avoir, absolument tout, même la santé. «  Plusieurs personnes disent : je préfère être en bonne santé que d’avoir beaucoup d’argent. Mais rien n’est garanti ! Qui peut nous assurer qu’on va garder la santé ? On peut ne pas avoir une bonne santé tout en étant pauvre. Et là, c’est vraiment le comble ! Si nous n’avons pas d’argent, on va vraiment avoir peur des maladies. Par contre, si nous sommes riches, on peut se permettre de se soigner dans les meilleurs hôpitaux privés du monde. Et puis, avec l’argent, je me sentirai serein, à l’abri de toutes sortes d’imprévu. On peut même se permettre de réaliser nos rêves les plus fous. Avec l’argent on peut tout acheter, le bonheur, l’amour, la santé, la réussite, le respect des autres, le pouvoir…Je crois que seules les personnes très riches sont vraiment heureuses», dit-il.


 


* Belhassen, étudiant, 20 ans, opte aussi pour l’argent. Le jeune homme croit également qu’avec l’argent, on peut avoir tout ce dont on rêve. « D’abord, nous évoluons dans un contexte où la matière règne. Nous sommes matraqués quotidiennement par un flot de publicités qui nous poussent à la consommation. De nos jours tout devient essentiel : la maison, la voiture, la climatisation, les outils de communication, les loisirs…Tout quoi ! Si nous nous soucions déjà de nos fins de mois difficiles, comment est-ce qu’on va aspirer à nous procurer toutes ces choses ? En outre, les autres ne respectent et ne privilégient que les personnes riches. Même l’amour et l’entente familiale cèdent leur place aux conflits et aux ressentiments lorsque l’indigence est de la partie. Donc, si on veut être heureux, il faut avoir beaucoup d’argent. Assez en tout cas pour nous permettre de tout acheter même l’amour et le respect des autres. Certes l’idéal serait que l’on ait l’argent, la santé, la paix intérieure, l’entente familiale, l’amour…Mais si je procède par élimination, je choisirai sûrement l’argent parce que c’est le moyen le plus sûr d’atteindre le maximum de ces composantes du bonheur», dit-il.


La gent féminine est connue pour son côté fleur bleue et pour leur surdose de sensibilité et de romantisme. Après avoir sondé les filles, ce constat s’est confirmé.


 


* Héla, élève, 18 ans, dit qu’elle ne peut même pas imaginer le mot bonheur en dehors d’une vie sentimentale très heureuse. « Supposons que je sois riche et que je sois mariée à quelqu’un que je n’aime pas du tout et que je trouve répugnant, cela doit être vraiment atroce et je ne me sentirai pas du tout heureuse. Je crois que l’être humain est difficile à satisfaire. S’il a l’amour, il cherchera l’argent et vice versa. On est toujours en quête de ce que nous ne possédons pas même si on possède plusieurs choses. Toutefois, la chose qui me rendra très malheureuse, c’est de vivre sans amour et sans réciprocité des sentiments. Certes en parallèle, il faudrait un peu de tout. Je me contenterai d’un minimum d’argent, de santé, de réussite socio-professionnelle, mais je veux beaucoup d’amour autour de moi », dit-elle.


 


* Mounira, étudiante, 23 ans, pense que la meilleure route qui mène au bonheur est de se contenter du peu et d’avoir un peu de tout. « Tout est essentiel : l’argent, l’amour, la santé, le travail, l’entente familiale, l’équilibre psychologique, la paix intérieure… Il faut atteindre un équilibre à l’intérieur de soi. C’est la clé du bonheur à mon avis. Mais si je dois choisir une seule chose qui me permet de vivre heureuse, je choisirai d’avoir la paix. Nul n’est heureux s’il va mal à l’intérieur », dit-elle.



* Rabiâa, étudiante, 24 ans, pense aussi que le bonheur rime avec harmonie et équilibre. « Il faut avoir de quoi vivre et être à l’abri du besoin, il faut être entourée de personnes qu’on aime ou au moins en qui nous avons confiance, il faut avoir un travail qu’on aime…Mais à mon sens, le plus important c’est d’être en bonne santé physique et psychique pour pouvoir savourer chaque instant de bonheur qui passe. On peut être très heureux si nous sommes bien dans notre corps et dans notre tête même si on n’a qu’un morceau de pain à manger. Le bonheur doit être un but à atteindre et nul ne pourra atteindre le bonheur absolu. Et même si c’est le cas, on va s’en lasser ne serait-ce que parce que nous aurons tout fait et que nous n’avons plus aucun objectif à atteindre à moins que l’on consomme le bonheur à travers la stabilité, sauf qu’un jour ou l’autre on va ressentir une certaine platitude, une certaine monotonie et une routine suffocante», dit-elle.


 


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com