Rationaliser la consommation






Après le pétrole, les matières premières et les métaux en tous genres, c’est au tour du blé  de voler la vedette sur le marché international, où les  cours de ce produit de première nécessité et de consommation courante ont atteint des niveaux historiques jamais connus auparavant. Dans un contexte mondial, plutôt tendu, le marché parisien à terme du blé a ouvert en forte hausse, avant-hier, dépassant le seuil psychologique des 250 euros la tonne sur l’échéance de novembre, représentant une progression de plus de 130% par rapport à l’an dernier à la même époque.


Le blé à Chicago aux Etats-Unis a également battu, mercredi, son record historique de 1996 de 7,50 dollars le boisseau sur l’échéance décembre 2007.


Les  spécialistes imputent cette flambée spectaculaire des prix qui va davantage mettre à mal de nombreuses économies vulnérables particulièrement les pays pauvres ou émergents, à la poursuite des achats d’importateurs majeurs comme l’Inde, ainsi qu’aux rumeurs persistantes de prochaine taxation des exportations russes et une situation climatique défavorable et inquiétante pour les récoltes de l’hémisphère Sud, l’Australie en particulier, qui souffre depuis quelque temps d’une terrible sécheresse. Manifestement, le réchauffement de la planète fait beaucoup plus de mal qu’on ne le pense. Car, en plus des perturbations météorologiques majeures marquées par la succession de phénomènes naturels, tels que les Ouragans dont la force destructrice cause d’énormes dégâts aux quatre coins du monde, c’est l’agriculture qui est touchée de plein fouet par les effets pervers des émissions  inconsidérées et irresponsables des gaz à effet de serre. Le fléau de la famine qui affecte déjà des pans entiers de populations à travers la planète a ainsi toutes les chances  de gagner davantage du terrain. Et c’est là que le bât blesse et où réside le véritable danger, particulièrement par ces temps de mondialisation, où la solidarité entre les peuples marque le pas.


Pays producteur mais aussi importateur de céréales, notamment le blé dur, la Tunisie est acculée à composer avec cette nouvelle donne. A la flambée des cours du pétrole qui met déjà à mal le budget de l’Etat, s’ajoute maintenant l’envolée des prix d’un produit alimentaire de base chez nous.


La question qui s’impose d’elle-même est de savoir quelle stratégie adopter pour sortir vainqueur de cette énième épreuve avec le moins de dégâts possibles et préserver ainsi l’équilibre budgétaire du pays.


La rationalisation de la consommation, aussi bien pour l’énergie que pour les céréales, est une nécessité impérative pour le cas d’espèce et un  passage incontournable. Le consommateur tunisien se trouve en fait aux premières loges dans ce registre éminemment important. Il est appelé plus que jamais à bannir le gaspillage, synonyme de dépenses superflues pour les ménages et d’hémorragie de devises pour l’Etat, et de contribuer ainsi de manière active à préserver les équilibres macro-économiques du pays. L’avènement prochain du mois Saint de Ramadan, connu pour ses pics de la consommation, constitue, à cet effet, un défi que le Tunisien est appelé à relever avec succès. Il y va de la pérennité de l’économie nationale qui traverse une zone de fortes turbulences, marquée par une conjoncture mondiale des plus difficiles et instables.


 


Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com