Selon une récente étude: La pollution passe à la quatrième vitesse





Signe de modernité et du bon niveau de vie de la population, la croissance du parc automobile risque toutefois de remettre en cause tous les efforts déployés en vue de réduire les sources de pollution qui semble gagner en intensité.


 


Tunis-Le Quotidien


La campagne de contrôle qui s’est déroulée en juin dernier au niveau des deux stations de péage des autoroutes au niveau de Mornag et de Sidi Thabet, et également à Sousse et à El Jem était destinée en fait à sensibiliser les usagers sur les dangers de la pollution atmosphérique causée par les gaz évacués par les échappements des véhicules. L'objectif de l’Agence Nationale de Protection de l'Environnement, qui a collaboré avec la Garde Nationale, l'Agence Technique du Transport Terrestre (ATTT), l'Agence Nationale de la Maîtrise de l'Energie (ANME) et celle de la Société Tunisienne des Autoroutes (Tunisie Autoroutes) est de réaliser une étude plus ou mois exhaustive quant à la situation de la pollution causée par le parc national d’automobiles. Un parc qui connaît depuis quelques années un véritable boom, grâce entre autres à l’amélioration du niveau de vie des Tunisiens pour qui, posséder une voiture particulière n’est plus un luxe.


 


Essence ou diesel… !


La campagne de l’ANPE a permis en fait de brancher quelque 700 voitures aux dispositifs de détection de la pollution. Les résultats de cette opération ont montré qu’une bonne partie des véhicules en circulation dégagent des gaz qui dépassent les seuils tolérés en matière de pollution.  Un décret datant de l’année 2000 définit en effet les règles techniques et d'aménagement des véhicules.


A la lumière de ces règles, la campagne a révélé que le taux des véhicules en infraction se situe aux alentours de  30 %. L’opération qui a touché presque toutes les catégories de véhicules (voitures particulières, autocars, tracteurs routiers,  véhicules et tracteurs agricoles, matériels de travaux publics…) a montré aussi que les voitures diesel sont les plus polluantes.


Quant aux véhicules à essence, le taux de monoxyde de carbone qu’ils dégagent dépasse dans 22 % des cas le taux de CO autorisé.


D’après les spécialistes qui ont réalisé ce diagnostic, la principale cause de pollution par les véhicules à essence est le déréglage du carburateur avec 44 % des cas. Les autres causes sont: le mauvais état de réglage du système d'allumage (25 % des cas), l'encrassement du filtre à air (13 % des cas), le mauvais réglage (12 % des cas). Par ailleurs, et pour ce qui est de l’émission de fumée, 50 % des véhicules diesel contrôlés dépassent le taux toléré. La cause de cette émission trop élevée est due, selon les spécialistes, à l’encrassement du filtre à air (la plupart des automobilistes ne changent pas leurs filtres périodiquement et se limitent à le dépoussiérer avec de l’air comprimé), au mauvais état de réglage de la pompe à gasoil (technique qui demande certaines connaissances et outils), et à la qualité du gasoil inappropriée : cas des nouveaux véhicules importés qui nécessitent une qualité de gasoil à basse teneur en soufre.


Les spécialistes pensent que ce dernier problème est en cours de résolution grâce à l’arrivée récente sur le marché tunisien du gasoil 50


Les résultats de l’étude ont également fait ressortir que, contrairement à une idée courante, même un véhicule neuf peut polluer aussi bien qu'un véhicule âgé. De ce fait, indépendamment de l'âge et la cylindrée du véhicule, le contrôle et l'entretien du véhicule sont indispensables pour le maintenir en bon état de fonctionnement, et évidemment pour éviter des consommations excessives de carburant et des émissions de gaz nocives pour l’environnement et la santé.


 

H.G.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com