Villepin charge de nouveau Sarkozy: «Il ne faut pas confondre gloire et pouvoir»






Le Quotidien-Agences


L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, grand rival à droite de Nicolas Sarkozy, s'est livré hier à une virulente charge contre le président français, l'invitant à ne pas confondre "le pouvoir et la gloire" et le renvoyant au grotesque "Bourgeois gentilhomme" de Molière.


C'est la deuxième fois en trois jours que  Sarkozy est pris à partie par de Villepin, qui se positionne ainsi comme un des très rares opposants au chef de l'Etat dans son camp tandis que l'opposition de gauche est de son côté en crise.


"On confond parfois le pouvoir et la gloire", a lancé sur la radio France Inter de Villepin.


"Ce n'est pas quand vous êtes entouré de béni-oui-oui, de cire-pompes et de courtisans que vous faites avancer un pays" et "l'esprit de cour" est "un virus dangereux", a asséné l'ancien chef du gouvernement dans lequel Sarkozy était à la fois son ministre et son concurrent en vue de la présidentielle.


Il a invité "à voir et revoir" la pièce Le Bourgeois gentilhomme, de Molière.


"Le Bourgeois gentilhomme, c'est toujours celui qui se met en scène. C'est forcément celui vers lequel les regards se tournent", a-t-il dit.


Parallèlement, Sarkozy est accusé par la gauche de pratiquer la politique du "coup d'éclat permanent" en occupant le terrain médiatique, et d'accaparer le pouvoir au détriment de son Premier ministre et du gouvernement.


"Je suis dans une majorité, dans un pays où il n'y a plus d'opposition. Et dans cette majorité j'estime que nous devons porter la critique", a encore déclaré de Villepin.


Il a aussi relevé que le pays était "confronté à une conjoncture économique difficile" avec une croissance située "à 1,8%, peut-être 1,9%", un commerce extérieur qui atteint "les chiffres les plus mauvais" et un investissement "pas glorieux".


De Villepin, un fidèle de l'ex-président Jacques Chirac, multiplie les interventions médiatiques à la faveur de la publication d'un livre sur Napoléon.


Lundi, il avait vivement critiqué un discours fait en juillet par Sarkozy en Afrique, et qualifié d'"erreur monumentale" la tentation de "donner une caution aujourd'hui à l'administration Bush sur l'Irak et sur beaucoup d'autres sujets".


La rivalité entre les deux hommes avait éclaté au grand jour à l'occasion de l'affaire politico-financière Clearstream, qui visait Sarkozy et dans laquelle de Villepin a été récemment inculpé de "complicité de dénonciation calomnieuse".


"Comment est-on passé d'un dossier international et industriel à un dossier politique qui aujourd'hui se réduit à une pseudo-rivalité entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy ?», s'est interrogé hier l'ex-Premier ministre. Il a dénoncé des "pressions" sur la justice d'un "homme politique (...) saisi par la peur".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com