Provocation gratuite…






C’est un secret de polichinelle que d’affirmer que l’Etat hébreu porte en horreur toute perspective de paix au Proche-Orient. Entre deux incursions meurtrières dans les territoires palestiniens, Israël ne manque pas d’aiguillonner de temps à autre ses voisins, en recourant à des actes de provocation gratuits mais délibérés, destinés à alimenter une tension déjà intenable dans la région.


Au moment où la Communauté internationale tente, tant bien que mal, de trouver une solution durable pour décanter la situation dans cette poudrière moyen-orientale, les gouvernants israéliens ont jugé bon de donner leur feu vert à leur aviation pour violer l’espace aérien syrien. Ce qui s’est passé, jeudi dernier, est un précédent gravissime qui confirme, en tout cas, les intentions belliqueuses du gouvernement du Premier ministre israélien Ehud Olmert. Un précédent qui est loin d’être en fait un simple cas isolé puisque, le 26 juin 2006, quatre avions israéliens ont survolé le palais du Président Bachar Al Assad près de Lattaquié dans le Nord-Ouest du pays.


A quoi rime cette nouvelle violation de l’espace aérien syrien et quels sont les objectifs recherchés par les gouvernants israéliens? Bien que les responsables officiels du côté de Tel-Aviv se soient refusés à tout commentaire, certains analystes estiment que ce survol est destiné à tester la défense anti-aérienne syrienne. D’autres, en revanche, pensent qu’un tel survol pourrait traduire une volonté d’intimidation pour montrer à la Syrie qu’Israël n’a rien perdu de sa force de dissuasion. Ces manœuvres dangereuses discréditent en tout cas les récentes déclarations apaisantes prononcées par les responsables israéliens à l’adresse de Damas. Le Premier ministre  israélien, dont la cote de popularité décline régulièrement dans les sondages en raison des ratés de la guerre du Liban et des  scandales en cascade qui éclaboussent pas mal de monde dans son équipe, cherche vraisemblablement à exporter la crise et les problèmes intérieurs au-delà des frontières de son pays. Et c’est là où réside le danger car, en jouant avec le feu, il y a risque d’un embrasement généralisé. A regarder de près, tel est peut-être l’objectif recherché par Tel-Aviv qui tient coûte que coûte à briser l’axe Damas-Téhéran pour renforcer ses assises et sa mainmise et instaurer une paix-israeliana dans la région conformément à ses visées hégémoniques et stratégiques.


Bien qu’il ne faille pas s’attendre à grand chose de la prochaine conférence internationale sur le Proche-Orient, les participants à cette rencontre ont tout intérêt à peser de tout leur poids pour contraindre Israël à mettre ses ardeurs belliqueuses aux vestiaires et à s’engager de manière claire et sans détours sur la voie de la paix. Il ne saurait en être autrement si la Communauté des nations ambitionne réellement de circonscrire la menace d’une nouvelle guerre généralisée et de contribuer à l’avènement d’une ère de stabilité et de paix dans la région du Proche-Orient.


 

Chokri BACCOUCHE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com