Education: Le lycée Gustave Flaubert à l’heure de la rentrée scolaire






Pour beaucoup de jeunes Tunisiens, les vacances d’été sont finies. Ils ont rejoint les bancs de l’école.


Car dans les lycées français, la rentrée scolaire était prévue pour le jeudi 06 septembre. A Gustave Flaubert à la Marsa ou Cailloux comme la plupart continue de l’appeler, la place est au sérieux.


 


Tunis - Le Quotidien


L’heure de la rentrée scolaire a sonné le jeudi 06 septembre au lycée Gustave Flaubert à la Marsa. Beaucoup de nos concitoyens, de Français et d’étrangers issus essentiellement de la communauté de la Banque Africaine de Développement (BAD) sont entrés en classe. Pour leurs camarades  des autres lycées, il n’est plus temps des vacances non plus. Environ 5425 élèves ont en effet rejoint ces établissements scolaires français, soit une augmentation de 9,2% depuis 2005. Ce qui correspond parfaitement à la politique de l’Hexagone à ce sujet. L’Etat français a alloué un budget de 4,5 millions d’euros en termes d’investissements dans la capacité d’accueil.


Pour leur part, bon nombre de jeunes et moins jeunes Tunisiens considèrent que les études dans les écoles de la Mission française sont une chance à même d’ouvrir les portes de la France en particulier et l’Europe en général.


D’autres ne s’empêchent pas de les envier un peu... beaucoup... trop... parce qu’ils ont les moyens de se payer cette «chance». Au lycée Gustave Flaubert, ex-Cailloux, trois élèves ont témoigné pour «Le Quotidien» Meriem Haddada, Sourour Chaâbani et Mehdi Laâdhari sont tous Tunisiens. Mais ils n’ont pas choisi la mission française pour les mêmes raisons.


Mehdi qui est en terminale a avoué qu’il s’agissait d’un choix stratégique fait par sa mère. Après avoir passé cinq ans à l’école tunisienne, il a  migré vers l’école française. Sa maman aurait tout simplement pensé à l’après-bac.


Sourour, en revanche, a plutôt continué son cursus scolaire qui avait  commencé en Belgique où la jeune lycéenne était née. Aujourd’hui, elle est en seconde, qui équivaut à la 2ème année secondaire en Tunisie. Lorsqu’elle est arrivée de Belgique, elle a d’abord passé une période à Sousse avant de postuler à un concours qui lui a permis d’intégrer le lycée Gustave Flaubert à la Marsa.


 


Coup de cœur


Quant à Meriem, elle a eu un coup de cœur pour l’école française alors qu’elle était en 6ème année de base. Elle maîtrisait la langue de Molière aussi. Elle a été admise après avoir passé un concours qui lui a permis également d’entrer directement en 2ème année de collège.


Ces trois jeunes Tunisiens, qui semblaient plus à l’aise en français qu’en arabe, n’ont pas hésité à dresser le bilan de ce système éducatif. A l’exception de Sourour qui n’a pas connu l’école tunisienne, Mehdi et Meriem étaient sûrs de leurs propos «Les cours ici sont plus difficiles que dans les établissements tunisiens certes mais je trouve qu’il y a surtout une grande différence entre les mentalités», a expliqué Mehdi. Comme exemple de disparité, notre interlocuteur a mis le doigt sur l’exemple de la mixité. D’après lui, il serait plus facile de côtoyer  le sexe féminin dans son école qu’ailleurs où il était jusqu’à sa 5ème année. C’est-à-dire que les rapports entre filles et garçons s’inscrivaient plus ici dans l’ordre des choses. Et Meriem de partager son opinion et de mettre l’accent sur la convivialité qui existe entre les élèves de son lycée.


Pour Sourour, quand bien même le système français présenterait plus de difficultés, les professeurs s’intéressent mieux aux élèves et leur accordent davantage de temps.


Abondant dans le même sens, Meriem n’en demeure pas moins convaincue qu’elle a fait le bon, sinon le meilleur choix. Car elle s’estime mieux encadrée par ses professeurs qui prennent les élèves en considération et les traitent selon leur juste valeur: «On a beaucoup de matériel à notre disposition en plus des enseignants qui sont nettement plus ouverts et prônent le débat», ajoute Meriem. Cela étant, elle n’a pas exclu l’éventualité de poursuivre  ses études supérieures à l’université tunisienne tout comme elle pourrait partir à l’étranger.


Mais afin de garantir un banc au supérieur dans nos murs, elle a opté pour  l’Option Internationale du Baccalauréat (OIB). «Ainsi, on serait obligé de m’accepter à l’université tunisienne si je décidais de rester en Tunisie», a-t-elle conclu.


Pour Mehdi et Sourour, les perspectives d’avenir sont plus claires. Le premier a carrément fait un choix de pure stratégie. La deuxième sait aussi qu’elle n’a plus qu’à terminer les années qui lui restent à la Marsa pour partir ensuite à l’étranger.


 


Déséquilibre


Par ailleurs, les Tunisiens, qui inscrivent leurs enfants aux établissements scolaires français, sont de plus en plus nombreux. C’est ce qui a été affirmé avant-hier lors d’une conférence de presse organisée au lycée Gustave Flaubert en marge de la rentrée scolaire française.


Cette forte attractivité du système de l’Hexagone est  à même de créer un déséquilibre entre la demande et l’offre. Ce qui a incité les instances françaises à procéder à une stratégie de développement qui consiste essentiellement à la révision à la hausse de la capacité d’accueil de l’ensemble des établissements.


Le lycée Gustave Flaubert qui souffle cette année sa 60ème bougie relève rappelons-le de l’Etablissement Régional de la Marsa. D’une capacité d’accueil de 1230 élèves, il enregistre cette année 46 classes qui comptent 55% de Français, 35% de Tunisiens et 10% d’étrangers.


Dans le cadre de ce réseau d’établissements scolaires français en Tunisie (AEFE), la citoyenneté, l’ouverture et la qualité, le COQ en l’occurrence, sont un credo. A préciser que désormais, la coopération avec le système tunisien d’éducation sera développée de manière à permettre des échanges plus importants tant en quantité qu’en qualité.


 


Maryem KADA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com