Effervescence pour un résultat connu d’avance






Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a défendu hier à Bagdad le bilan de son gouvernement assurant qu'il avait «empêché l'Irak de sombrer dans la guerre civile».


Maliki s'exprimait devant les députés irakiens alors que le commandant de la force multinationale dans le pays, le général américain David Petraeus, était écouté au Congrès où, évoquant lui aussi un bilan assez positif, il a demandé une rallonge de six mois afin de pouvoir donner un bilan définitif sur son action en Irak.


Deux interventions qui ont eu lieu au même moment et dont la coïncidence ne semble pas fortuite.


En effet, Maliki dont le bilan est critiqué par tout le monde, mais qui peut se targuer d’avoir le soutien sans faille du président Bush, semble vouloir lui renvoyer la balle en brossant un tableau assez optimiste sur la situation sécuritaire dans le pays.


D’ailleurs, il ne cache pas sa volonté de voir les Américains, qui lui ont offert le pouvoir sur un plateau, rester en Irak, se disant même opposé à la mise en place d'un simple calendrier de baisse des effectifs américains.


Autant dire que l’intervention hier du Premier ministre irakien semble être une aubaine pour l’Administration américaine qui subit le feu croisé de nombreux élus démocrates exigeant que leurs troupes commencent à se retirer d'un conflit qui a tué plus de 3.700 soldats américains, ainsi que des dizaines de milliers d'Irakiens, et englouti des centaines de milliards de dollars.


Une agitation à Bagdad et à Washington dont le but est le même : trouver une parade pour justifier la poursuite de la présence américaine en Irak, même si pour cela, on concède un début de retrait timide mais qui, en fait, ne devra rien changer aux donnes, à savoir l’occupation de l’Irak par une force étrangère.


Un fait qui confirme que toute cette effervescence d’hier sur l’avenir de l’Irak n’est qu’une mascarade : les Etats-Unis s’apprêtent à inaugurer leur nouvelle ambassade à Bagdad.  Ce sera la plus grande de toutes les ambassades américaines à travers le monde. Elle occupera une superficie de plus de 42 hectares, soit presque autant que celle de l’Etat du Vatican.


Washington prévoit, par ailleurs, l’installation durable de cinq bases militaires dans le pays qui serviraient donc de vecteur pour toute action militaire dans la région.


Cela montre, s’il en faut, le peu d’intérêt que méritent les déclarations sur un éventuel retrait des troupes américaines, lequel ne constituerait qu’une simple manœuvre destinée à calmer l’opinion publique aux Etats-Unis.


Le même constat peut être fait pour Maliki pour qui le statu quo est la meilleure garantie de son maintien au pouvoir. Ceci est d’autant plus vrai que tous les résultats positifs qu’il a énumérés hier ne sont pas prouvés sur le terrain où les morts se comptent par dizaines chaque jour.


 

M.A.B.R


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com