Nucléaire iranien: El Baradei demande du temps, Washington s’impatiente






Le directeur de l'AIEA, Mohamed El Baradei, a demandé un peu de temps pour déterminer si l'Iran veut ou non l'arme nucléaire, mais Washington a exigé un geste rapide de Téhéran, à l'ouverture d'une réunion de l'exécutif de l'agence à Vienne.


 


Le Quotidien-Agences


"Je ne cesse de le répéter: +laissez-nous la main, et nous vous dirons où nous en sommes d'ici à novembre+", a déclaré le chef de l'agence onusienne au début d'une réunion des 35 Etats du Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans la capitale autrichienne.


El Baradei a détaillé au cours de cette réunion un calendrier conclu le mois dernier avec Téhéran pour tenter d'éclaircir d'ici à la fin de l'année la nature du programme nucléaire iranien, que les pays occidentaux soupçonnent de visées militaires.


"C'est la première fois que l'Iran a souscrit à un plan destiné à résoudre toutes les questions en suspens en un temps donné, et ceci représente un pas important dans la bonne direction", a rappelé El Baradei.


Le patron de l'AIEA a toutefois jugé "regrettable" que l'Iran poursuive ses activités d'enrichissement d'uranium en dépit de deux séries de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU. Selon son rapport, Téhéran exploitait près de 2.000 centrifugeuses d'enrichissement début août à Natanz (centre), soit moins que les 3.000 annoncées par Téhéran.


Le seuil de 3.000 centrifugeuses est considéré comme symbolique. Il permet le cas échéant, et à condition de fonctionner de manière optimale, de produire en moins d'un an suffisamment d'uranium hautement enrichi pour fabriquer une bombe atomique.


Mais l'ambassadeur américain auprès de l'AIEA, Gregory Schulte, a exprimé hier à Vienne la crainte que ce calendrier ne puisse être détourné par Téhéran pour éviter de nouvelles sanctions de l'ONU ces prochains mois.


"Nous ferons pression pour une coopération rapide plutôt que pour de nouveaux délais, et plusieurs pays se joindront à nous", a-t-il affirmé.


Washington craint que Téhéran ne se contente de lever les zones d'ombre sur ses activités nucléaires passées sans permettre de "vérification complète de ses activités actuelles", en particulier en matière d'enrichissement, a souligné Schulte.


Le représentant américain a demandé au Conseil des gouverneurs de l'AIEA d'"adresser un message clair à l'Iran".


"Si les dirigeants iraniens veulent vraiment que le monde leur fasse confiance (...), qu'ils commencent à coopérer complètement et inconditionnellement pour suspendre leurs activités préoccupant la communauté internationale", a-t-il déclaré.


Les gouverneurs de l'AIEA ne devraient toutefois pas passer de résolution à Vienne, ni se prononcer sur le récent plan de travail avec l'Iran.


Le vice-président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Saïdi, a pour sa part déploré depuis Vienne les tentatives d'"un ou deux pays" - qu'il n'a pas nommés - de bousculer le plan de travail de l'AIEA.


"Nous conseillons à ces pays de modifier et d'assouplir leur position de sorte qu'ils ne soient pas contre la volonté de la communauté qui veut l'application de l'accord conclu entre l'Iran et l'AIEA", a-t-il déclaré à l'agence officielle iranienne Irna.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com