Les jeunes et les préparatifs de la rentrée : Ramadan et le logement stressent les étudiants





Fini l’été, les veillées, le farniente et l’ambiance des vacances. Les élèves et les étudiants doivent mettre les bouchées doubles cette année parce que le démarrage des études coïncidera avec le début de Ramadan. Certains sont en pleins préparatifs, d’autres sont sur des charbons ardents et entre les uns et les autres, nombre de jeunes ne font rien de spécial pour la rentrée.


 


Tunis-Le Quotidien 


Tous les élèves et les étudiants s’apprêtent à renouer avec les études. Les jeunes qui ne sont pas encore inscrits, qui n’ont pas encore acheté les fournitures scolaires et qui ont encore quelques paperasses à régler, seront engagés dans une course contre la montre. Ils doivent venir à bout des préparatifs durant ces  quelques derniers jours qui restent. Toutefois certains élèves et nombre d’entre les étudiants se croient encore en vacances. Ils ont pris l’habitude de reporter les études et le travail tant que Ramadan est là. Il semble que la majeure partie des élèves est incapable de donner un plein rendement tout en étant à jeun. Et même s’ils arrivent à se concentrer en classe, ils seraient incapables de réviser le soir. D’autres conçoivent mal le mois de Ramadan sans se lever tard et faire l’école buissonnière. Ils n’arrivent pas à carburer normalement. Avant la rupture du jeûne, ils sont somnolents. La soirée, ils la consacrent aux veillées ramadanesques dont ils raffolent. Quant aux études, elles vont  demeurer  en instance l’espace d’un mois. Ramadan ne doit pourtant pas retenir les élèves. Ces derniers  doivent mettre les choses dans l’ordre pour être prêts même s’ils sont à jeun. A quelques jours seulement de la rentrée, où en sont justement les jeunes ?


 


Oussama, étudiant, 24 ans, ne se prépare pas du tout pour la rentrée. Le jeune homme essaye juste de travailler son psychique parce qu’il n’arrive pas d’habitude à étudier durant Ramadan. « Je me suis inscrit à la faculté, c’est la seule chose que j’ai fait et qui a un rapport avec les études. J’ai une drôle d’impression cette année. C’est comme si les vacances ne sont pas encore finies ! C’est que j’ai pris l’habitude d’aller mollo durant le mois du jeûne. Il me faut du temps pour m’habituer à jeûner. Or, la rentrée coïncidera exactemen cette année avec le mois de Ramadan. Ce qui veut dire que le démarrage sera très difficile. C’est l’unique sujet qui me stresse. Mis à part cela, je me sens prêt et puis lorsqu’on est étudiant, on achète nos fournitures après la rentrée. Les premiers jours, il suffit d’avoir un bloc-notes et un stylo et ça fait l’affaire », dit-il.


 


Jaouher, étudiant, 22 ans, est stressé. Le jeune homme habite à Korba et étudie à Bizerte. Il n’a que quelques jours pour trouver un logement. « Si j’étudiais dans ma ville natale, je n’aurais pas été autant stressé. Mais je dois absolument trouver un appartement d’ici la fin de la semaine. Parce qu’après avoir trouvé où loger, je dois transporter mes affaires, arranger la maison, classer mes bouquins, etc. Et ce n’est pas du tout de la tarte. A mon sens, le plus grand problème pour les étudiants est de trouver où habiter. Sauf que ce n’est pas du tout donné et puis Ramadan sera au rendez vous, ce qui implique que je dois être installé et avoir mes provisions. Rien qu’à y penser je sens l’adrénaline me monter à la tête. Et de plus, je n’arrive pas à acheter des vêtements. Je me sens bousculé par le temps et pour chercher un logement, je dois à chaque fois me rendre sur les lieux. J’écoule parfois une journée entière et en fin de compte, je ne trouve pas la maison qui me convient. Une fois ce problème réglé, je crois que je me sentirai totalement prêt pour la reprise des études surtout que le mois Saint sera au rendez-vous et je dois me préparer également pour l’occasion », dit-il.


 


Hayder, étudiant, 22 ans,  a également le même problème. Natif de Gafsa, le jeune homme doit trouver un logement à proximité de sa faculté de droit à Sousse. Sauf que le temps presse et il se retrouve à chaque fois à la case départ. « Les études en tant que telles ne m’ont jamais stressé. Au contraire, je suis tout le temps heureux de reprendre mes études. Mais ce qui me met vraiment sur mes nerfs, c’est de me retrouver encore sans logement alors qu’il ne me reste plus que quelques jours avant la rentrée. Et imaginons un peu que je dois me taper la distance entre Gafsa et Sousse pour visiter les logements offerts et trouver la maison qui me faut ! Ce n’est pas du tout une petite partie de plaisir. De toutes façons, je pourrai toujours m’installer chez des camarades le temps de trouver un appartement. Au moins je serai sur place et je peux visiter les maisons à louer. Sauf que cette fois ça va être plus dur puisque Ramadan coïncidera avec la rentrée et il faut que je m’installe avant la rentrée. Sinon, je ne fais rien de spécial pour la rentrée, je n’achète ni vêtements, ni fournitures, il me faut juste m’inscrire et je l’ai déjà fait. Ce qui me tracasse, c’est que je dois écouler du temps pour transférer  mes affaires et le trajet n’est pas court ! Et puis, il me faut aussi du temps pour installer les meubles, arranger mes affaires et me familiariser avec le quartier dans lequel j’habiterai. Bref, si les choses se passent comme je le souhaite, tout doit rentrer dans l’ordre d’ici deux jours », dit-il.


 


Mohamed Nidhal, étudiant,  20 ans, est redevable de faire des rapports de stage avant de rentrer. C’est ce qui accapare actuellement toute son attention. « Depuis belle lurette, je ne me prépare plus pour la rentrée. Depuis les premières classes du secondaire, je n’achète rien de spécial pour la reprise des études. Deux jours seulement avant la rentrée, j’achète les livres scolaires. Le reste, je me le procure après la rentrée parce que chaque professeur nous dicte quoi acheter. Mais depuis que je suis à la faculté, je ne fais plus rien de spécial. D’ailleurs, je ne me déplace pas pour l’inscription parce que je le fais via le web. Sauf que cette année, j’ai passé l’été à faire des stages d’étude. Et je dois présenter mon rapport de stage dès la rentrée. Je ne suis pas encore arrivé au terme de mon projet et c’est ce qui me met sur mes nerfs. Je dois donc mettre le paquet pour être à point le jour « j » », dit-il.


 


Sélima, étudiante,  19 ans, est très stressée à l’idée de pénétrer dans un nouveau monde. La jeune fille a décroché son baccalauréat et poursuivra ses études universitaires à Sousse. « Aujourd’hui même (NDLR : hier), je vais transporter mes affaires dans ma nouvelle maison à Sousse. Non seulement je vais changer de statut et faire partie du monde universitaire, mais je vais aussi vivre loin de mes parents pour la première fois de ma vie. Heureusement que j’ai deux cousines qui étudient déjà à Sousse et je vais partager le même appartement avec elles. Je ne me sentirai donc pas vraiment « dépaysée ». De plus, elles étudient à la même faculté que moi. C’est également  la première fois de ma vie que je serai loin de ma famille durant le mois Saint. Je sais que je vais m’en sortir comme une grande, mais cela me rend tout de même stressée. La chose qui me reste à faire maintenant c’est d’installer mes affaires. J’ai acheté tout ce qu’il me faut : habits, fournitures, provisions pour Ramadan, etc. Il ne me reste plus qu’à me familiariser avec ma nouvelle vie», dit-elle.


 


Abir CHEMLI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com