Irak : Un nouveau Ramadan de la discorde, sous haute surveillance





L'Irak entamait hier un nouveau Ramadan de la discorde au milieu de mesures de sécurité renforcées, alors que le président George W. Bush doit annoncer un premier retrait de troupes américaines du pays.


 


Le Quotidfien-Agences


Les sunnites irakiens sont entrés depuis hier dans la période du Ramadan, souvent ensanglantée ces dernières années par des attaques meurtrières. Les chiites, qui forment la majorité de la population, devront attendre aujourd’hui pour commencer le mois de jeûne.


"Des ordres ont été donnés à la police pour qu'elle soit encore plus sur le qui- vive et en état d'alerte", a assuré à l'AFP un responsable du ministère de l'Intérieur, sous couvert de l'anonymat.


En vertu de l'esprit de conciliation qui doit régner lors de ce mois de jeûne, le commandement américain a annoncé l'élargissement d'un premier groupe de prisonniers irakiens.


Jusqu'au 13 octobre, entre 50 et 80 prisonniers irakiens seront libérés quotidiennement, pendant l'opération baptisée "Patte de lion". Le nombre de détenus dans les prisons américaines a considérablement augmenté depuis le lancement en février 2007 d'un vaste plan de sécurisation de Bagdad. Il est aujourd'hui estimé à environ 20.000 prisonniers.


Ces mesures ont été décidées alors que le président Bush doit annoncer un premier calendrier de réduction du contingent américain, qui doit passer en dix mois de 168.000 à 130.000 soldats.


Dans une allocution télévisée prévue à 21H00 (vendredi 01H00 GMT), Bush devrait suivre les recommandations faites dans ce sens par le général commandant les troupes en Irak, David Petraeus.


Dans le même temps, "des patrouilles ont été déployées dans de nombreux quartiers de (Bagdad). Elles ont reçu l'ordre de surveiller tout rassemblement suspect, de contrôler les véhicules garés sur les trottoirs", a précisé le ministère irakien.


Le couvre-feu en place dans la capitale irakienne a toutefois été allégé et l'interdiction de circuler faite aux véhicules sera en vigueur de minuit à 05H00.


"Les patrouilles de police ont reçu l'ordre de faire intervenir les équipes de démineurs", s'ils ont le moindre soupçon sur un éventuel piège explosif, a encore ajouté la source du ministère de l'Intérieur.


Les mesures de sécurité sont déjà draconiennes dans la capitale irakienne en temps normal, avec une multitude de barrages, de postes de contrôle et de rondes conduites par la police, l'armée irakienne et les forces américaines.


Les accès des bâtiments publics, des commissariats, des administrations, et de tout ce qui pourrait être une cible pour des attentats sont protégés par des murs de béton. Des chicanes coupent les avenues et des quartiers entiers sont entourés de barricades plus ou moins improvisées.


En dépit de ces mesures et des propos rassurants du commandement américain sur la perspective d'un ramadan calme, les habitants de Bagdad craignent un regain de violence dans ce mois qui devrait être marqué par le désir de paix.


Les militaires américains ont commencé récemment la construction d'une nouvelle muraille de béton entre des quartiers chiÎte et sunnites, al-Choula et Ghazaliya, dans le nord-ouest de Bagdad.

Mercredi, des centaines de résidents, chiites et sunnites, avaient marché ensemble d'al-Choula à Ghazaliya pour dénoncer l'édification de ce mur qui ne fera selon eux que "renforcer le sectarisme et les haines confessionnelles".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com