Les jeunes et la solidarité : Dites-le, au moins, avec un sourire





Durant le mois saint, les œuvres de bienfaisance, la fraternité et l’entraide sont des valeurs qui ressurgissent en surface. Nombre de personnes, dont les jeunes, sont solidaires avec autrui. Cela dit, s’ils agissent pour le bien des autres, c’est qu’ils doivent a priori avoir une prédisposition naturelle pour l’altruisme.


Les jeunes adhèrent-ils justement au bénévolat et à la solidarité ?


 


Tunis - Le Quotidien


En temps normal, certains font preuve d’égoïsme et calculent toujours le taux du profit qu’ils gagneront avant d’agir. «Donnant, donnant», tel est leur principe dans la vie d’autant plus que nous évoluons dans un contexte où la matière règne. Ceux qui sont dotés d’un grand sens d’altruisme agissent toujours sans attendre de contrepartie. Ils aident du mieux qu’ils peuvent les personnes en détresse. Ils aiment faire preuve de bienveillance et ne pensent jamais aux risques qu’ils encourent ou à la rentabilité de leurs œuvres. Ce qui prime pour eux, c’est de rendre justice, de réparer les préjudices et de venir en aide à autrui. Ces œuvres de bienfaisance leur permettent de se sentir utiles et fiers d’eux-mêmes. Ce genre de personnes fait preuve d’une grande générosité, rien que pour voir le sourire se dessiner sur les visages des gens qui les entourent ou qu’ils croisent. L’attention prévenante à l’égard des autres prouve un dévouement pour le bien et une grande bonté du cœur. Des qualités morales à louer dans la mesure où toute attitude dévouée et désintéressée que l’on adopte face aux autres démontre une prédisposition naturelle pour le bien. Ces actes de grâce reflètent également les hautes qualités humaines et la tendance vertueuse de la personne. Toutefois, cette bienfaisance n’est pas un dénominateur commun chez tous. Ramadan, mois de la piété et de la foi, vient renforcer les liens de parenté, accentuer l’humanisme en chaque musulman et pousser nombre de personnes à agir sans compter. Le bien-être des autres devient le souci majeur de tous. Et l’on oublie ne serait-ce que l’espace d’un mois, la cupidité et l’égoïsme. Ce sont les jeunes personnes qui porteront le flambeau de demain. Les valeurs de base, dont la solidarité et la générosité que l’on inculque aux jeunes, donneront naissance à une société équilibrée et saine.


 


Raed, candidat au bac, semble faire partie de ceux qui ont reçu une éducation infaillible. Le jeune homme a une prédisposition à faire du bien et se sent toujours solidaire avec ceux qui ont des soucis. «Je pense que la solidarité est un devoir avant toute autre chose. Lorsque je suis face à quelqu’un qui souffre, je ne peux pas faire la sourde oreille. L’un de mes camarades de classe est issu d’un milieu plutôt pauvre et il vivait seul ici. Ses parents habitent à des centaines de kilomètres. Avant Ramadan dernier, je le sentais triste. Je lui ai donc proposé de passer Ramadan chez moi. Toute ma famille l’a reçu avec gaieté de cœur et il était très heureux de se sentir comme dans sa propre famille. Je n’hésite jamais à rendre le sourire à quelqu’un et je ne crois pas que cela demande beaucoup d’efforts. Certains font du bien pour avoir une certaine mainmise sur les plus faibles. S’il les comble de générosité, ils attendent toujours une contrepartie en retour. Une sorte de sevrage enrobé dans un gant de pseudo générosité. Or celui qui donne ne doit jamais attendre d’être récompensé. On doit le faire pour que la société atteigne un certain équilibre. On ne perd jamais rien lorsqu’on vient en aide à des personnes nécessiteuse ou en détresse. Cela prouve que le bien finit toujours par l’emporter sur le mal. Si on sacrifie une partie de notre argent pour rendre heureux d’autres, on ne perd rien. Nous ne sommes pas à quelques dinars près ! Et puis, notre plus grande récompense est de voir la souffrance des autres amoindrie», dit-il.


 


Atef, élève, 19 ans, choisit soigneusement les personnes qui méritent sa solidarité. «L’être humain est redevable de garder sa dignité même s’il est dans le besoin. Je n’aime pas les personnes qui font profil bas ou qui font la manche. Je n’aime pas non plus voir les autres se lamenter sans cesse sur leur sort. Les personnes qui ont des conditions de vie difficiles, font en sorte de préserver leur fierté et c’est envers ce genre de personnes que je suis vraiment compatissant et solidaire. Une personne dans le besoin est capable d’avoir un air qui inspire la compassion, pour que l’on ait pitié d’elle. Paradoxalement, chez moi, cela fait l’effet contraire. Si quelqu’un est dans la nécessité et qu’il ne demande l’aide de personne, je cours à son secours sans la moindre hésitation. Si une personne souffre en silence, c’est qu’elle est vraiment dans le besoin. Je fais en sorte de l’aider sans même qu’il ne sache qui l’a aidé, pour ne pas froisser sa dignité et pour qu’il ne sente pas redevable envers moi. Quant à ceux qui essayent de vivre aux crochets des autres, je leur tourne mon dos», dit-il.


 


Badreddine, élève, 16 ans, n’hésite pas à se montrer généreux avec ceux qui sont dans le besoin. «Ramadan est certes une occasion pour miser sur les œuvres de générosité. Mais celui qui a une prédisposition naturelle à faire le bien, ne se contentera pas de se montrer altruiste pendant un seul mois ! La solidarité, la fraternité, l’altruisme et la générosité ne sont pas seulement des actes de bienfaisance. C’est avant tout un devoir qui permettra à toute la société de vivre de manière équilibrée et harmonieuse. Une personne pauvre, âgée ou dans le besoin a le droit de vivre comme les autres et il est de notre devoir à tous de lui venir en aide. Personne ne peut garantir qu’il va être à l’abri du besoin durant toute sa vie. Si j’aide quelqu’un aujourd’hui, je trouverai sûrement quelqu’un qui me tendra la main si je suis à mon tour dans le besoin, c’est la loi divine et ce n’est pas à discuter. Et puis, il faut se montrer humain ! Nous devons donner à manger à un animal affamé, que dire alors d’un être humain ! Je suis solidaire avec les personnes nécessiteuses et je n’hésiterai pas à me priver de ce que j’ai pour rendre le sourire aux autres puisque je sais que j’ai une famille qui me prend en charge alors que cet autre n’a pas quelqu’un sur qui compter», dit-il.


 


Khaled, élève, 17 ans, défend également les œuvres de solidarité. «Le bénévolat est un ensemble de bonnes actions qui se fait de manière naturelle sans attendre aucune récompense ni contrepartie. Nous vivons tous dans une même société et pour le bien général, l’on doit tous s’entraider. Ramadan est une sorte de rappel à l’ordre d’autant plus que les esprits maléfiques n’ont plus aucun pouvoir sur les êtres humains. Donc, si nous avons une disposition naturelle à faire le bien, ce mois est l’occasion ou jamais pour passer à l’acte. Il faut combattre l’égoïsme qui est en nous et tendre la main aux autres pour que les personnes nécessiteuses aient droit à une vie digne. Oublier un peu notre cupidité et penser à s’entraider est l’unique moyen de se retrouver tous comme un seul corps. Je ne peux pas fermer l’œil si je trouve un vieil homme malade sans repas ou une vieille dame délaissée par ses enfants. Je ne peux pas continuer à vivre normalement non plus si des jeunes comme moi ne trouvent même pas de quoi manger. Je fais de mon mieux pour les aider et même si je n’ai rien de matériel à leur offrir, je fais en sorte de me montrer compatissant et solidaire avec eux ne serait-ce qu’à travers des mots et un sourire. Cela ne me coûte rien du tout mais leur fait beaucoup de bien», dit-il.


 


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com