Paix pipée !





Le Président américain a créé la surprise récemment en proposant la tenue d’une conférence internationale de paix au Proche-Orient, initialement prévue aux Etats-Unis, au mois de novembre prochain.


Le Chef de l’Exécutif U.S. semble avoir pris à son compte, à cet effet, une idée soufflée bien avant lui par la Russie et la France qui avaient  appelé à maintes reprises à la tenue d’un sommet international susceptible de relancer les négociations de paix et trouver une solution durable à même de résoudre le sempiternel conflit israélo-palestinien. Il n’empêche que le projet de George W. Bush qui sort, il faut l’admettre de l’ordinaire, a séduit par mal de monde particulièrement dans les pays arabes et suscité beaucoup d’espoir. Certains  observateurs y ont vu d’ailleurs une volonté inhabituelle des Etats-Unis de peser de tout leur poids afin de débloquer la situation et pousser les protagonistes à trouver un terrain d’entente pour mettre un terme à ce conflit.


Bref, les Etats-Unis ont donné l’impression qu’ils entendaient jouer pleinement leur rôle et assumer leurs responsabilités en tant que «parrains incontournables» du processus de paix au Proche-Orient.


Annoncé en grandes pompes, le projet du Chef de la Maison-Blanche passe le relais à un troublant silence radio. De cette conférence, du côté de Washington du moins, on n’en parle presque plus si bien que de nombreux pays impliqués commencent à se poser sérieusement des questions sur les véritables intentions du Président américain.


L’Arabie Saoudite et l’Egypte reprochent notamment à Washington de n’avoir pas fixé un ordre du jour pour cette conférence et de n’avoir pas œuvré au rapprochement des positions entre Israéliens et Palestiniens. Le Caire estime carrément que l’Administration américaine ne fournit aucun effort quant à la préparation de ce rendez-vous qui maintient une certaine ambiguïté et alimente un climat de suspicion.


Il ne faut pas s’étonner outre mesure dans ces conditions si la Ligue arabe donne carrément dans le scepticisme. Le secrétaire général de l’Organisation panarabe, Amr Moussa, a d’ailleurs déclaré jeudi que «pas un seul pays arabe ne participera à cette conférence sur le P.O., tant que ses objectifs ne seront pas nettement définis et la liste de ses participants ne sera pas concertée».


En somme, la Ligue arabe réclame tout simplement plus de transparence et de coordination entre toutes les parties impliquées pour maximiser les chances de réussite de cette réunion. Washington gagnera à cet effet à se rendre à l’évidence que ce «flou artistique» autour de cette conférence ne sert l’intérêt de personne si ce n’est qu’il discrédite le projet américain et alimente davantage les suspicions éprouvées par les pays arabes à l’égard de Washington. Des appréhensions arabes logiques et compréhensibles en fait, surtout que l’Etat hébreu - comble d’ironie et de paradoxe - poursuit allégrement la construction de colonies de peuplement juives dans les territoires palestiniens et continue à violer le droit des Palestiniens tout en parlant de la paix !!!


 


Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com