Un nouveau mur de la honte…





Le Quotidien-Agences


Les inscriptions sur le mur n'y ont rien changé. "Non, non, au mur". "Oui, oui, pour l'Irak". "Oui, oui, pour la liberté". Imposant et gris, le rempart de béton de cinq mètres de haut a été érigé en moins d'une semaine par l'armée américaine. Et les habitants des deux quartiers de Bagdad dorénavant séparés, Chola et Ghazaliya, doivent apprendre à vivre avec cette nouvelle barrière.


"Le mur ne peut qu'inspirer plus de haine et encourager l'isolement entre les communautés, alors que nous débutons à peine le mois de Ramadan", soupire une mère de famille qui réside à Ghazaliya, un quartier majoritairement sunnite.


"Rendre visite à la famille ou à des amis est devenu difficile, parce que le mur bloque des rues et des ponts qui reliaient les deux quartiers", ajoute-t-elle.


"Le mur ne nous apportera que des ennuis", estime-t-elle. "Il empêche les voisins de se regarder".


Pour les stratèges de la "zone verte", immense dédale de fortifications où résident les officiers et les diplomates envoyés à Bagdad par les Etats-Unis, ériger des murailles entre sunnites et chiîtes est la seule manière d'éviter les affrontements confessionnels.


Le premier ministre Nouri al Maliki a bien essayé de s'opposer à l'érection de ce qu'il considère comme des "barricades sectaires", mais en vain.


Malgré les protestations et des manifestations de résidents mécontents, l'armée américaine s’entête.


Mais le tracé de cette barrière a causé un nouveau problème, explique Sayed Dhya, un cordonnier chiîte de 33 ans assis dans son minuscule atelier, dans une ruelle de Chola.  "Ce mur nous protège contre qui ?", demande-t-il. "De l'autre côté, ce sont également des chiîtes. Ils se retrouvent coincés entre les sunnites et le mur!".

Le nouveau mur a en effet laissé du côté sunnite toute une section chiîte du quartier de Ghazaliyah, illustrant la difficulté et le danger d'imposer un découpage confessionnel à une ville où la population a vécu mélangée.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com