Propos de Kouchner sur l’Iran : Moscou et Pékin haussent le ton contre Paris





Une intervention militaire en Iran serait "une erreur politique", ont affirmé avant-hier Moscou et Pékin élevant ainsi le ton contre Paris après les propos contreversés de Kouchner.


 


Le Quotidien-Agences


Une éventuelle intervention militaire américaine en Iran serait "une erreur politique" avec des conséquences "catastrophiques", a affirmé le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Lossioukov.


La réaction russe survient alors que le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner est arrivé lundi soir à Moscou pour une visite de deux jours, en plein débat autour de son évocation d'un risque de guerre avec l'Iran.


Lors de cette visite Kouchner a appelé à tout faire pour "éviter la guerre" contre l'Iran et à continuer à "négocier sans relâche".


"Tout doit être fait pour éviter la guerre", a-t-il dit lors d'une conférence de presse commune avec son homologue russe Sergueï Lavrov.


"Il faut négocier, négocier, négocier, sans relâche, sans rebuffade", a-t-il ajouté.


"J'ai dit que le pire ce serait la guerre(...) On ne peut pas faire plus pacifique que moi mais il ne faut pas se voiler la face", a poursuivi le chef de la diplomatie française, reprenant des propos tenus dimanche sur un risque de "guerre" contre l'Iran.



Le chef de la diplomatie russe s'est dit "inquiet" pour sa part après l'évocation par son homologue français d'un risque de "guerre" contre l'Iran.


"La Russie s'inquiète devant les multiples informations selon lesquelles des sanctions militaires contre l'Iran sont sérieusement envisagées dans la région", a déclaré Lavrov.


Pour Lossioukov, "des bombardements de l'Iran seraient un mauvais pas qui aboutirait à des conséquences catastrophiques. Ça serait un pas catastrophique qui aboutirait à des conséquences fâcheuses", a-t-il dit au journal russe.


Il a exprimé l'espoir qu'il n’y aurait pas d'escalade de la tension dans cette région, au moins avant la clôture du sommet des pays riverains de la Caspienne qui doit se tenir le 16 octobre à Téhéran.


"Je ne sais pas si les Américains vont bombarder pendant le sommet de la Caspienne. Je crois qu'ils s'en abstiendront, sinon ils auraient de graves problèmes", a-t-il dit.


"Nous sommes convaincus qu'il n'y a pas de règlement militaire au problème iranien. C'est impossible. Par ailleurs, il est bien évident qu'il n'y a pas de règlement militaire du problème irakien non plus. Mais dans le cas de l'Iran tout pourrait être encore plus compliqué", a-t-il indiqué.


 Selon ce dernier, cela ne pourrait qu'"aggraver la situation au Proche-Orient" et "susciterait une réaction très négative de la part du monde musulman".


"Bien sûr, je ne peux pas savoir ce qu'on pense aux Etats-Unis", mais leur intervention militaire en Iran "serait une grande erreur diplomatique et politique", a-t-il souligné.


    


La diplomatie d’abord


Pour sa part, la Chine s'est élevée hier contre les "menaces incessantes" d'intervention militaire en Iran.


"Nous croyons que la négociation diplomatique reste le meilleur moyen pour résoudre les problèmes", a déclaré une porte-parole du ministère des Affaires étrangères.


"Nous sommes opposés aux menaces incessantes de recours à la force dans les affaires internationales", a ajouté Jiang Yu, interrogée, lors d'un point de presse régulier, sur les déclarations de Kouchner.


Le ministre français des Affaires étrangères avait estimé dimanche que le monde devait se "préparer au pire", c'est-à-dire à la possibilité d'une "guerre" avec l'Iran s'il persistait dans son refus de suspendre son programme nucléaire controversé.


Les Etats-Unis ont insisté le même jour sur le fait qu'ils privilégiaient toujours la voie diplomatique, par le biais de sanctions, sans toutefois exclure l'option militaire.


Les déclarations de Bernard Kouchner ont provoqué des réactions en chaîne, alors que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) doivent se réunir demain à Washington pour envisager un troisième train de sanctions contre Téhéran.


Le directeur général de l'AIEA, Mohamed El Baradei, chargé de contrôler le programme nucléaire iranien, a fermement récusé la perspective à ce stade d'une option militaire contre l'Iran.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com