Contrôle économique à Ennasr : Haro sur les cafés et salons de thé !





Pour démarrer leur campagne nocturne, les contrôleurs économiques qui ont sévi le week-end dernier sur le Grand Tunis, ont donné le coup d’envoi de leurs opérations à Ennasr. Ils ont procédé au ratissage de cette zone dédiée en grande partie aux cafés et salons de thé.


 


Tunis- Le Quotidien


Chaque Ramadan, les cafés et salons de thé de la cité Ennasr connaissent une ruée de plus en plus importante. Dans ces espaces branchés et fort courus, le client paie très souvent cher la facture de ce mois saint propice paradoxalement à tous les dépassements. Samedi dernier, les équipes de contrôle économique relevant du ministère du Commerce et de l’artisanat ont entamé leur programme ramadanesque nocturne prévu d’habitude pour la deuxième quinzaine du mois. Le bilan de leur soirée qui les a emmenés à la Cité Ennasr ainsi que d’autres zones limitrophes du Grand Tunis était lourd en infractions. Ce résultat est inquiétant certes mais attendu de par la nature des activités en cette période de l’année. Ces commerces n’ont jamais fini d’arnaquer le consommateur qui se laisse faire lui aussi. En effet, rares sont ceux qui contestent ces pratiques afin d’éviter le casse-tête. Ils préfèrent alors se soumettre aux lois de ces commerces qui imposent différentes formes d’arnaque sans scrupules.


Le week-end dernier, une quinzaine d’équipes ont sévi pour contrer les délits et sanctionner les réfractaires. Le coup d’envoi a eu lieu à Ennasr où les rez-de-chaussée de la plupart des immeubles sont convertis en cafés et salons de thé. A la rue Hédi Nouira, il est dur de circuler tous les soirs à cause de l’affluence de nos concitoyens jeunes et moins jeunes vers ces espaces. Dans ces cafés, tous les dépassements sont bons ! Les contrôleurs ont relevé des hausses illicites de prix, des refus de vente et de la vente conditionnée.


Profitant à fond de la ruée ramadanesque, ces commerces adoptent des pratiques sur mesure. En témoigne le bilan de la zone d’Ennasr qui a été complètement ratissée et qui a révélé une infraction au minimum à chaque opération de contrôle. En premier lieu, ces cafés et salons de thé imposent au client la bouteille d’eau minérale ainsi que l’assiette de pâtisseries typiques au mois des veillées. Bien évidemment, le consommateur a du mal à décliner ces «gâteries» qui riment avec l’ambiance des soirées ramadanesques. D’autant plus que bon nombre des adeptes de ces endroits sont des amateurs de la frime et souhaitent se faire remarquer au maximum.


Ceux qui sortent pour prendre un simple café et rebrousser chemin n’ont pas le droit à ce plaisir qui ne coûte rien aux yeux des gérants des cafés. En effet, pendant Ramadan, il n’y a plus de place au café direct ou express. D’ailleurs, le thé à la menthe est indésirable aussi. A la place des cafés ordinaires, il faudra opter pour les «bouza», «assida», «zrigua» et autres spécialités douces ou alors les autres types de café à la crème chantilly et aux multiples recettes qui reviennent nettement plus cher au client. Pourtant, ce dernier pourrait très bien faire son choix tout seul si jamais il avait envie d’un café italien d’un goût meilleur que le café local. Le thé à la menthe, il faut y renoncer aussi et accepter volontiers les instructions du serveur qui opte sans doute pour le thé aux amandes et aux pignons. Pour son patron qui le briefe à la veille du mois saint, il s’agit de l’occasion où jamais de rentabiliser le commerce et de profiter de la frénésie des consommateurs. Ces derniers sont tellement attachés à ces lieux qu’ils ne lésinent pas sur les moyens. Tous les soirs, ils prennent d’assaut les cafés et salons de thé d’Ennasr dont les gérants ne trouvent pas de meilleure occasion pour faire tourner le tiroir caisse à plein régime. Ils peuvent alors investir dans divers moyens pour les attirer davantage… et augmenter par la même occasion les prix. Moyennant une troupe orientale qui assure un spectacle digne des mariages les plus populaires, la facture est naturellement plus salée pour avoir consommé de la musique.


A l’issue de la première sortie nocturne des contrôleurs économiques, le bilan a révélé 69 infractions au total dont 22 pour défaut d’affichage, 27 pour hausse illicite des prix, 10 pour refus de vente et 9 pour vente conditionnée.


 


M. Kada




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com