Ali Ben Abdelkader : «L’Etoile ne nous impressionne pas»





Sans motif apparent, vous vous êtes éclipsé avant de réapparaître en Ligue arabe des Champions. Quelle mouche vous a piqué ?


J’ai passé, en effet, par des moments difficiles. J’étais même au bord d’un effondrement moral engendré par un public qui m’a fait endosser la responsabilité de la défaite essuyée à Sfax, le mercredi 12 septembre. Je ne pouvais plus résister aux critiques acerbes qu’on m’a adressées. J’ai, alors, déserté les entraînements, et passé sous silence la convocation à la réunion tenue le lendemain de cette rencontre retard face au CSS. Tout autre joueur aurait fait autant au moment où une crise profonde s’était instaurée après une précédente défaite, non moins humiliante, essuyée à La Marsa, le 2 de ce mois.


 


Vous aviez, même, envisagé de changer de cap ?


Certaines parties ont profité de cet état des lieux pour me proposer de signer dans un club de la capitale, surtout que le mercato hivernal est proche, et que mon engagement avec l’USM expire le 31 décembre prochain. Au départ, j’était tenté par l’idée d’améliorer ma situation matérielle, après le sentiment que je n’ai rien plus à faire à Monastir. En parallèle avec cette tentation, et après ma conviction de poursuivre mon aventure à l’USM, une fois mon contrat a pris fin le 30 juin dernier, j’ai préféré obtempérer avant de prendre le moindre choix définitif.


Ce dilemme qui m’a beaucoup fait penser a été, heureusement, colmaté par l’arrivée de notre nouvel entraîneur avec qui j’ai eu un entretien très franc. C’était mon premier contrat avec M. Lotfi Rehim, à l’issue duquel tout est rentré dans l’ordre, surtout que le retour de certains dirigeants, démissionnaires, ou écartés m’avait énormément soulagé. Ce déclic psychologique a eu le bienfait de gommer toute forme de dissension, et de nous réunir de nouveau pour affronter l’OB dans de meilleures conditions, et s’assurer les 3 points de la victoire au grand bonheur de notre public.


 


Contre toute attente, vous étiez du voyage à Oman?


C’était grâce à la vision clairvoyante de notre entraîneur que ce différend a été aplani, tout en ne manquant pas, pour ma part, de présenter mes excuses suite à des agissements conseillés, maladroitement, par ma colère. Lorsque j’étais appelé à réintégrer mon poste, en seconde mi-temps de la rencontre Al Ourouba - USM, je me sentais comme un nouveau-né, avec tout de que cela pourrait engendrer de joie et d’allégresse. Dommage que mon tir n’a pu faire mouche, préférant échouer dans les mains du gardien omanais, alors qu’il ne restait que 3 mn à jouer.


 


Une victoire aux dépens de l’OB, doublée d’un nul performant en Coupe arabe, quelle suite pour les deux prochaines échéances ?


En l’espace de quatre jours, nous aurons  affaire à une double confrontation capitale. Dieu merci que ces deux rencontres sont venues au moment où l’équipe est, désormais, sur les rails. Ce sera dur, personne ne peut en douter. Et, c’est cette impression de défi, en vue de forcer le destin, qui nous procure autant de motivation que de détermination. Avant d’arriver à la prochaine rencontre du 14 octobre, en accueillant le CA, un sérieux prétendant pour le titre, nous sommes, pour le moment, concentrés sur ce match retard, contre l’ESS, à Sousse. Notre voisin étoilé est loin de nous impressionner outre mesure, à l’heure où nous avons retrouvé toutes nos sensations. Nos violons ayant été accordés avec les ambitions renouvelées de nos supporters, et cette communion salvatrice qui anime toutes les parties usémistes concernées, nous n’avons d’autre alternative que de jouer pour vaincre, et convaincre. Notre dispositif a, suffisamment, gagné en maturité, et en prise de conscience. C’est l’occasion de poursuivre notre ascension pour gravir d’autres échelons.


 


Les Etoilés ne partent-ils pas favoris, du moins sur le papier?


Le football nous a fait apprendre à refuser tout préjugé avancé, surtout lorsqu’il s’agit de tels derbys. Il est vrai que notre adversaire passe par une période faste, avec à son capital, le maximum de points depuis l’entame de l’actuel exercice. Il est vrai, aussi, qu’il monopolise des références solides à faire prévaloir. Sur le terrain, et face à un ensemble déterminé à rattraper le retard perdu, la réalité sera toute autre. Nous avons disposé de temps suffisants pour notre récupération, et notre mise à niveau, avec cette volonté de confirmer notre retour en force à la compétition. Nos arguments ne sont-ils défendables ?


 


Quelles consignes à appliquer pour nous faire croire à votre authenticité ?


Notre nouvel entraîneur a fini, désormais, par connaître son effectif. Les enseignements tirés à partir des 2 confrontations qu’il a eu à diriger ont servi de mobile pour apporter les rectificatifs nécessaires. Notre défense ne sera plus autorisée à commettre les mêmes erreurs du passé. Notre secteur de la ligne médiane est, lui aussi, retapé à neuf. Les premières lignes gorgent d’attaquants talentueux, capables de matérialiser le travail d’approche fourni par l’entrejeu. Ce dispositif, nouvellement remanié et copieusement structuré, sera digne de valoir certaines satisfactions sur le terrain. Le spectacle ne manquera point d’attrait.


M. NABLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com