M. Moncef Barcous, Président du comité de la campagne nationale pour l’emploi des diplômés de l’enseignement supérieur : «Nous diffusons une nouvelle philosophie de l’emploi en Tunisie»





Lancée en juin dernier, dans le cadre d’une initiative privée de la part de l’UTICA, la campagne nationale pour l’emploi des diplômés de l’enseignement supérieur enregistre des résultats fort encourageants, et laissant estimer une réussite spectaculaire de ce programme et la création d’une nouvelle dynamique au niveau du marché de l’emploi. Interview


 


Le Quotidien : Pouvez-vous nous donner un aperçu sur le taux d’avancement de la campagne nationale pour l’emploi des diplômés de l’enseignement supérieur ?



M. Moncef Barcous :
On est arrivé aujourd’hui à une étape très encourageante dans la réalisation des objectifs de cette campagne, lancée en juin dernier dans des conditions difficiles.


Le comité permanent, mis en place au sein de l’UTICA et chargé du suivi de la concrétisation de cette campagne, est en train d’enregistrer des résultats fort remarquables compte tenu de la période très courte depuis son lancement.


Pour ce qui est des chiffres, quelque 1000 entreprises du secteur privé ont participé à cette campagne après un mois de son lancement. Ce chiffre devrait se développer davantage d’autant que nous disposons encore d’un potentiel de près de 2500 entreprises supplémentaires.


 


Avez-vous trouvé des difficultés pour convaincre les hommes d’affaires et les opérateurs du secteur privé tunisien de recruter ?


Bien sûr. Il y a toujours certaines difficultés, mais qui sont plutôt d’ordre informatif et non pas de volonté. A vrai dire, on a remarqué un certain manque d’information et de connaissance de la part des patrons et des chefs d’entreprise tunisiens, concernant tous les mécanismes mis en place afin de stimuler le marché de l’emploi.


Ce manque de communication et d’information est partagé aussi bien chez les chefs d’entreprise que chez les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur qui ne sont pas très conscients des outils mis à leur disposition dans ce domaine.


 


Quel est le credo principal de l’UTICA pour convaincre les patrons de recruter: le patriotisme ?, l’injection de sang neuf?, l’amélioration des indicateurs humains?, ou autres ?


C’est surtout la volonté et la conscience des chefs d’entreprise de l’importance d’une contribution efficace dans les efforts de développement de l’économie nationale et en particulier en matière de l’emploi.


Franchement, on a découvert à travers cette campagne une détermination fort remarquable de la part des opérateurs du secteur privé à être plus actifs et à assumer leurs responsabilités au niveau du recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur.


 


En tant que patron, êtes-vous convaincu de l’apport d’un nouveau diplômé au sein de l’entreprise ?


Tout à fait. On a une grande confiance en nos jeunes compétences qui sont capables d’apporter beaucoup de dynamisme au niveau de l’activité de l’entreprise.


Cela dit, il faut faire certains sacrifices au niveau de plusieurs points, notamment en mettant en avant l’expérience et l’apprentissage du métier, plutôt que d’autres points tels que le côté matériel… Les jeunes diplômés sont appelés, également, à accepter certaines conditions de la part des chefs d’entreprise pour évoluer et imposer leurs talents et leurs compétences. Il faut qu’ils soient, par ailleurs, aptes à apprendre davantage, d’autant que le monde de la pratique n’est pas celui de la théorie.


Les chefs d’entreprise sont appelés à leur tour à faire, également, certains sacrifices pour aider ces jeunes diplômés à réintégrer le marché de l’emploi.


 


Est-ce que toutes les entreprises sont concernées par cette campagne ou bien vous suffirez-vous à une sorte de haut du panier capable d'assumer les charges avant de récolter les bénéfices futurs?        


Notre campagne touche, en effet,  toutes les entreprises du secteur privé, quelles que soient leurs activités, et où qu’elles soient. On est franchement, très heureux de la réaction très positive des chefs d’entreprise quant à la participation à la réussite de cette initiative.


Il y a certainement quelques difficultés, mais on essaye de les résoudre ensemble afin d’assurer la réussite de cette campagne.


 


Quelles sont les spécialités que vous avez le plus de difficultés à intégrer dans les entreprises ?


Notre effort est focalisé sur la stimulation des chefs d’entreprise à recruter des nouveaux diplômés, et non pas à chercher des profils adéquats pour les entreprises.


Il s’agit d’un travail volontaire de la part des hommes d’affaires et non pas d’une obligation. Et c’est pour cela qu’on ne peut pas identifier les spécialités les plus demandées…


 


Comment savez-vous que nous progressons dans le recrutement, alors que nos outils statistiques sont loin de l’actualisation en temps réel ?


Comme je viens de le dire, il s’agit d’un travail volontaire. Donc, le plus important pour nous, c’est d’encourager les chefs d’entreprise à recruter et à de dynamiser le marché de l’emploi, et pas uniquement de faire participer beaucoup plus d’entreprises tunisiennes dans cette campagne.


Nous essayons d’imposer une certaine philosophie de l’emploi qui se base sur la conscience et la volonté des patrons, ainsi que la dynamique des diplômés de l’enseignement supérieur.


 


Outre l’emploi des cadres, avez-vous des objectifs en matière de la création des entreprises ?


Il y a toute une campagne de communication qui sera lancée prochainement pour mieux présenter les mécanismes favorisant le développement de l’initiative privée.


On cherche, dans ce cadre, à assainir les obstacles pour promouvoir la création des entreprises. Pour cela, on a beaucoup à faire, en particulier en matière du financement de nouveaux projets.


On réfléchit, actuellement, à la création d’un fonds spécial supplémentaire, en plus des deux banques spécialisées dans ce domaine qui existent en Tunisie, et ce, pour améliorer et renforcer le financement des nouveaux projets, et accélérer la création de nouvelles entreprises.


Je crois qu’il faut également développer de nouveaux outils financiers et promouvoir les mécanismes de financement qui existent déjà. On est appelé, par ailleurs, à renforcer l’encadrement et le suivi de jeunes diplômés, afin de les aider à lancer leurs propres initiatives.


 


Propos recueillis par


Mohamed ZGHAL




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com