Malgré les inquiétudes de Bagdad : La mobilisation citoyenne, nouvelle stratégie US





Des milliers d'Irakiens ont rejoint au cours des derniers mois une campagne, conduite par le commandement américain, de mobilisation des communautés locales pour assurer l'ordre dans diverses régions du pays.


 


Le Quotidien-Agences


Inspiré par le succès de l'expérience conduite dans l'ouest du pays par un cheikh sunnite, Abdoul Sattar Abou Richa, ce "réveil" citoyen inquiète toutefois le gouvernement central, qui craint la légitimation et la propagation de milices locales.


Cheikh Abou Richa a été tué le 13 septembre dans un attentat d'Al-Qaïda, quelques jours après avoir été félicité en personne par le président George W. Bush pour avoir initié le "réveil d'al-Anbar", du nom de la province rebelle à l'ouest de Bagdad.


En peu de temps, il avait su convaincre les tribus sunnites hostiles à l'occupation américaine de retourner leurs armes contre les cellules locales d'extrémistes inspirés par Al-Qaïda.


La motivation des clans locaux était tout autant le rejet des violences aveugles d'Al-Qaïda que les incitations matérielles et financières consenties par le commandement américain, mais également par le gouvernement de Bagdad, qui a promis des investissements dans cette région.


Autrefois cauchemar des "GI's", al-Anbar est dorénavant une province presque pacifiée.


Calquées sur ce modèle, près de 150 initiatives ont été mises en route à travers le pays, dont 25 à Bagdad, et entre 30.000 et 50.000 Irakiens y prennent part, a indiqué  le colonel Robert Menti, numéro deux de ce programme de réconciliation.


L'opération a essaimé sous des appellations différentes dans plusieurs zones sunnites: "Réveil de Salaheddine", dans la province éponyme, "force al-Moultaqa", près de Kirkouk. Elle a également débuté dans des régions mixtes sunnites-chiites, comme la très troublée province de Diyala, où l'influence des tribus est très forte.


L'expérience est également mise en œuvre dans la périphérie sunnite de Bagdad (Taji et Abou Ghraib notamment) et au moins un quartier sunnite de l'ouest de la ville, Ameria, avec des résultats encourageants.


Cette mobilisation se conjugue avec une campagne de recrutements de "citoyens inquiets", chargés de surveiller les quartiers, également sponsorisée par l'armée américaine.


Les combattants tribaux sont équipés d'armes légères — souvent leurs propres fusils d'assaut Kalachnikov — et surveillent les routes, les infrastructures, patrouillent dans les rues. Ils n'ont pas d'uniformes mais portent comme signes distinctifs des T-shirts ou de simples bandes fluorescentes orange à la taille.


Cette initiative est toutefois suivie avec inquiétude par le gouvernement central de Bagdad, dominé par les chiites, qui considère que cette stratégie favorise l'émergence de milices sunnites, selon des sources irakiennes.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com