Exploitation du pétrole du Nord : Vers une crise entre Bagdad et les Kurdes





Le Quotidien-Agences


Les autorités de la région autonome du Kurdistan irakien ont approuvé la signature de quatre nouveaux contrats pétroliers dans cette partie du nord de l'Irak, au risque de précipiter une crise avec le gouvernement de Bagdad qui a déjà jugé un premier contrat illégal.


"Le Conseil régional kurde du pétrole et du gaz a approuvé quatre contrats de production pétrolière et deux projets de raffinerie dans la région du Kurdistan", a annoncé mercredi dans un communiqué le ministère des Ressources naturelles du gouvernement autonome kurde.


Début septembre, les autorités du Kurdistan autonome avaient déjà annoncé la signature d'un contrat avec une filiale locale des compagnies américaines Hunt Oil Company et Impulse Energy Corporation (IEC), pour l'exploration de champs pétroliers dans la province kurde de Dahouk.


Il s'agissait du premier contrat signé par le gouvernement kurde après l'adoption début août par le Parlement régional d'une nouvelle législation sur le pétrole et le gaz.


L'ambassade des Etats-Unis a critiqué ce premier accord qui a créé, selon elle, des "tensions inutiles" avec le gouvernement irakien.


Le ministre irakien du Pétrole Hussein Chahristani a par la suite jugé ce contrat "illégal", suscitant le vif mécontentement des responsables kurdes.


Le Parlement irakien doit examiner par ailleurs un projet de loi controversé sur le pétrole, déjà approuvé en juillet par le gouvernement.


Considérée par Washington comme un point essentiel pour la réconciliation nationale en Irak, cette loi vise à partager équitablement les revenus du pétrole entre les 18 provinces, et à faciliter les investissements étrangers.


Elle constitue un dossier des plus sensibles dans ce pays qui abrite les troisièmes réserves mondiales d'or noir.


Le gouvernement du Kurdistan irakien est hostile à ce projet de loi depuis qu'un amendement y a été ajouté "stipulant que les contrats d'exploration de pétrole seront du ressort du gouvernement central". L'exécutif kurde y voit une perte de ses prérogatives et une menace pour ses intérêts.


Aucune date n'a été fixée pour la discussion par le Parlement de cette loi qui doit mettre fin à la confusion sur les conditions juridiques et politique de l'exploitation des ressources en hydrocarbures, secteur clé de l'économie.


En attendant la ratification de la nouvelle législation, la loi ancienne demeure en vigueur, mais ne permet pas la signature de nouveaux contrats, puisqu'elle prévoit, elle aussi, leur ratification par les députés.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com