Mobilisation de tribus sunnites contre Al-Qaïda : Bras de fer entre le gouvernement chiite et les Américains





Le pouvoir chiite à Bagdad a haussé le ton hier contre les Américains à propos de la formation par ces derniers de groupes armés sunnites pour combattre


Al-Qaïda. Le gouvernement veut les prendre sous son contrôle.


 


Le Quotidien-Agences


Le gouvernement irakien veut prendre le contrôle des groupes armés utilisés comme auxiliaires des troupes américaines dans certaines régions du pays, notamment dans Bagdad et dans sa périphérie, a indiqué hier le bureau du Premier ministre Nouri al-Maliki.


"Ils doivent être remplacés en coordination avec l'armée", a indiqué un conseiller du Premier ministre, en allusion aux combattants tribaux ou aux groupes d'autodéfense mobilisés pour lutter contre Al Qaïda.


"Ce sont des groupes qui ont été installés par les Américains sans coordination avec les autorités gouvernementales", a-t-il assuré, mais "ils se consultent avec la Force multinationale". "Ils n'ont aucun lien avec des institutions officielles", a-t-il ajouté.


Depuis des mois, le commandement américain a lancé une stratégie de mobilisation de tribus sunnites, notamment dans l'ouest du pays, mais également de simples volontaires chargés de faire régner l'ordre dans leurs quartiers et de combattre les cellules d'al-Qaïda en Irak.


L'arrivée de ces groupes, calqués sur le "Réveil d'al-Anbar", une coalition de 25 tribus dans l'ouest du pays, dans deux quartiers sunnites de Bagdad, Saydiya et Doura (ouest), a provoqué le mécontentement de certains habitants et l'hostilité des principales formations chiites du pays.


 


Des groupes "terroristes"


Hier encore, La coalition chiite au pouvoir en Irak a condamné la nouvelle stratégie américaine de mobilisation de combattants tribaux contre Al-Qaïda, dénonçant le recrutement de "terroristes armés" et la formation de nouvelles milices échappant au contrôle du gouvernement.


L'Alliance, formée de deux importants partis chiites, le Dawa du Premier ministre Nouri al-Maliki, et le Conseil suprême islamique irakien (CSII) d'Abdoul-Aziz al-Hakim, demande que l'armée américaine "cesse de recruter des hommes armés sous prétexte de combattre le terrorisme".


"Une telle action comporte des risques très sérieux et aura de graves  conséquences dont certaines ont déjà commencé à faire surface", dit-elle.


Elle affirme que "des membres de ces groupes sont responsables d'assassinats, de kidnappings et de chantage dans le quartier de Saydiya (ouest) à Bagdad et des zones de la province de Diyala (nord-est)".


La coalition chiîte "rejette et condamne l'adoption de ces éléments terroristes qui commettent les pires crimes haineux contre le peuple au nom de la sécurité sans même que le gouvernement en soit informé".


Pour l'AUI, "continuer à coopérer avec ces groupes signifie la formation de nouvelles milices au-dessus de la loi".


"C'est également une interférence dans la sécurité et les affaires politiques du pays qui créé une situation très sérieuse pour le présent et l'avenir", dit l'AUI, qui appelle l'armée américaine "à agir, au risque de graves conséquences dans le cas contraire."


Les deux formations de l'AUI disposent de milices armées qui se sont violemment affrontés aux groupes de combattants sunnites depuis l'éclatement des violences confessionnelles en février 2006, notamment pour le contrôle de certains quartiers de la capitale irakienne.


 


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Deux attaques à la bombe à Bagdad


 


Douze personnes ont été tuées et seize blessées dans une double attaque à Bagdad hier, ont annoncé des sources des services de sécurité.


Une bombe a explosé au passage d’un mini-bus, tuant neuf passagers et blessant huit, dans le quartier de Zafaraniyah, dans le sud-est de la capitale irakienne, selon ces sources.


Dans le quartier de Karada, dans le centre de Bagdad, trois passants ont péri dans une attaque à l’arme légère, six autre personnes ont été blessées, a-t-on ajouté.


Par ailleurs, le commandement américain a affirmé hier avoir arrêté un financier du réseau Al-Qaïda en Irak qui aurait en quelques mois reçu 100 millions de dollars pour financer des activités ces derniers mois dans ce pays.


Un communiqué militaire a annoncé l'arrestation de cet homme, dont l'identité n'a pas été révélée, dans un quartier central de Bagdad.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com