Après plus de cinquante ans : Les deux Corées enterrent la hache de guerre…





Les deux Corées ont consacré hier leur rapprochement à l'issue d'un sommet à Pyongyang où elles ont scellé un pacte de paix sur fond d'éclaircie dans le dossier nucléaire nord-coréen.


 


Le Quotidien-Agences


«Le Sud et le Nord partagent la vue selon laquelle ils doivent mettre fin à la situation d'armistice actuelle et instaurer une paix permanente", selon les termes de la déclaration citée par un pool de presse.


Les deux ex-frères ennemis de la Guerre froide sont dans une situation anachronique: n'ayant conclu qu'un armistice et non un traité de paix à l'issue de la guerre de Corée (1950-53), ils sont toujours théoriquement en guerre.


Divisés depuis plus de cinq décennies, le Sud et le Nord ont ainsi plaidé pour la tenue d'un sommet "à trois ou quatre pays" afin de signer formellement un traité de paix qui nécessiterait la signature des Etats-Unis et de la Chine, parties prenantes du conflit coréen.


Coupe de champagne en main et souriants, les deux dirigeants ont également réaffirmé leur engagement à démanteler les installations nucléaires de la Corée du Nord, laquelle semble en passe d'honorer ses engagements internationaux.


Le régime stalinien avait accepté, le 13 février, de renoncer à son programme nucléaire en échange d'une importante aide énergétique et de garanties de sécurité quatre mois après avoir fait exploser sa première bombe.


Selon un accord dévoilé mercredi par la Chine, il semble avoir fait un pas supplémentaire en acceptant de démanteler son principal site nucléaire de Yongbyon avant le 31 décembre sous la supervision des Etats-Unis.


 


Coopération tous azimuts


Sur le chapitre des relations intercoréennes, les deux parties sont convenues de renouveler les sommets bilatéraux. Les ministres de la Défense doivent également prendre langue à Pyongyang le mois prochain pour tenter de solder un lancinant conflit maritime qui les oppose en mer Jaune.


Dans le domaine économique, les deux pays ont décidé d'accroître leur coopération et notamment de s'associer pour construire un chantier naval dans la ville portuaire de Nampo (sud-ouest de Pyongyang).


Une liaison ferroviaire destinée au fret sera également ouverte entre les deux pays.


Séoul et Pyongyang ont eu à coeur d'afficher des signes d'entente depuis le début, mardi, de leur face à face, le deuxième seulement depuis le sommet historique de 2000 qui avait consacré leur rapprochement.


Le président sud-coréen Roh Moo-Hyun a symboliquement franchi mardi à pied la ligne de démarcation séparant les deux Corées. De son côté Kim Jong-Il avait apparemment rompu le protocole en venant accueillir en personne son hôte. Après le sommet, il a démenti hier des rumeurs sur son état de santé, notamment des problèmes cardiaques et de diabète présumés.


Le président sudiste a affirmé à maintes reprises qu'il souhaitait promouvoir la réconciliation entre les deux entités de la péninsule et donner corps au rapprochement amorcé lors d'un sommet historique organisé en 2000.


Cette "politique du rayon de soleil", inspirée de l'Ostpolitik allemande de Willy Brandt, s'était traduite par des réunions familiales et une coopération économique accrue.


Cependant, beaucoup d'observateurs doutaient de la réelle portée de ce face à face largement symbolique convoqué à la demande d'un président sud-coréen à la popularité en berne deux mois avant la tenue d'un scrutin clef.


L'opposition sud-coréenne a reproché à Roh d'avoir courbé l'échine en se rendant à Pyongyang chez un partenaire jugé aussi dangereux qu'imprévisible depuis qu'il a fait exploser sa première bombe atomique en octobre 2006.


Lee Myung-Bak, le candidat conservateur à l'élection présidentielle de la mi-décembre a jugé "regrettable que sur des questions importantes, comme celles de la dénucléarisation du Nord, l'apaisement des souffrances nées de la division de la Corée (...), cela soit resté trop symbolique et pas assez substantiel".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com