Darfour : La paix sur la tangente





Le Quotidien-Agences


Le seul mouvement du Darfour signataire de la paix avec le gouvernement soudanais a menacé mardi de reprendre les armes, accusant les forces gouvernementales d'avoir tué plus de 50 personnes, en majorité des civils, dans un raid dans cette région de l'ouest du Soudan.


Mais l'armée soudanaise a nié en soirée toute intervention dans ce secteur, affirmant que la région n'a connu que des "affrontements entre tribus" et que les avions militaires n'ont pas approché la ville de Mohajiriya contrôlée par le mouvement de libération du Soudan (SLM) de Minni Minawi.


"Selon un dernier bilan, 48 civils ont été tués" à Mohajiriya, a déclaré Seifeddine Haroun, un responsable du SLM de Minni Minawi. Quatre combattants du mouvement qui contrôle la ville y ont aussi péri.


Le bilan des victimes civiles n'a pu être vérifié de source indépendante.


Le "chef d'état-major" de l'Armée de libération du Soudan (SLA), la branche armée du SLM, a confirmé le bilan, menaçant devant la presse à Khartoum de reprendre la guérilla contre l'armée en cas de nouvelle attaque.


"A partir de maintenant, notre mouvement ne restera pas les bras croisés devant de telles attaques. Si cela se reproduit, nous reviendrons à la case départ, qui est la guerre, et elle sera pire que celle d'avant 2006", année de la signature de l'accord de paix, a prévenu Arkou Souleïmane Dhahia.


Selon Haroun, les civils ont péri aussi bien dans les bombardements aériens que dans les opérations de l'armée et de ses alliés, les miliciens arabes des janjawids, à l'intérieur de cette ville proche du Tchad.


"Cinq vieillards ont été sortis d'une mosquée et exécutés par les assaillants et cinq enfants figurent parmi les morts", a-t-il affirmé.


L'attaque a été confirmée en termes très prudents par la mission de l'ONU au Soudan (UNMIS) en indiquant que "selon des informations initiales, des affrontements ont eu lieu le 8 octobre dans et autour de Mohajiriya entre le SLA/Minni Minawi et ce qui semble être des milices tribales".


L'UNMIS a indiqué que 29 humanitaires, dont des expatries, ont été évacués de la ville pour des raisons de sécurité et relogés temporairement à Nyala, chef-lieu de l'Etat du Darfour sud.


A Londres, Amnesty International, a mis en garde contre une grande offensive de l'armée soudanaise dans le nord du Darfour et appelé à un déploiement rapide de la force afro-onusienne dans l'ouest du Soudan.


Cette force de 26.000 hommes doit remplacer les 7.000 soldats de paix africains jugés inefficaces parce que mal équipés et mal financés.


L'organisation a fait état de concentrations de l'armée soudanaises près de six villes du nord Darfour, dont Tine, Kornoy, Oum Baru et Kutum et estimé qu'elle entendait mettre la pression sur les rebelles présents dans cette zone avant les négociations de paix prévues le 27 octobre en Libye.


Les responsables du SLM se sont étonnés du raid qui fait suite à la destruction de la ville proche de Haskanita par les forces armées, selon eux, en représailles à une attaque qui avait fait 10 morts le 29 septembre parmi les soldats de la mission de maintien de la paix de l'Union africaine (UA).


Haroun a accusé Khartoum de se livrer à une "tactique de la terre brûlée avant les négociations de Libye", prévues sous l'égide de l'UA et de l'ONU.


L'ONU, par la voix du secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, s'est inquiétée de la montée des violences à trois semaines des négociations de paix.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com