A un an de la fin du mandat de Bush : Le lien Moscou-Washington se dégrade





L'échec des discussions entre Washington et Moscou sur le projet américain de bouclier antimissile en Europe reflète la dégradation profonde du lien entre une administration Bush affaiblie, à un an de la fin de son mandat et une Russie à la puissance retrouvée.


 


Le Quotidien-Agences


Les secrétaires d'Etat et à la Défense, Condoleezza Rice et Robert Gates, ont échoué à trouver un accord avec leurs homologues russes, Sergueï Lavrov et Anatoli Serdioukov, sur le déploiement en Pologne et en République tchèque d'une dizaine d'intercepteurs antimissiles et d'un radar censés protéger les Occidentaux d'un péril iranien, mais que Moscou considère comme une menace à sa porte.


Cette affaire traîne depuis des mois et Rice et Gates espéraient, par leur venue, désamorcer les tensions. Bien au contraire, ils ont été cueillis à froid vendredi matin par le président Vladimir Poutine, qui a prévenu que la Russie se retirerait du traité FNI, un traité nucléaire majeur hérité de la Guerre froide.


Poutine a en outre ironisé sur la réalité de la menace iranienne, suggérant à ses interlocuteurs américains médusés de déployer le bouclier antimissile "sur la Lune".


Pour sa part, Lavrov a averti que Moscou "neutraliserait" le bouclier antimissile américain s'il était mis en service, exigeant que Washington "gèle" le projet.


Signé en 1987 entre Américains et Soviétiques, l'accord sur les Forces nucléaires intermédiaires (FNI), d'une durée illimitée, prévoit l'élimination et l'interdiction permanente d'une classe entière de missiles balistiques américains et soviétiques de 500 à 5.500 km de portée.


Deux autres traités de désarmement se trouvent menacés par la tension entre Washington et Moscou: celui sur les Forces conventionnelles en Europe (FCE), qui plafonne les forces armées classiques des deux anciens blocs en Europe et duquel la Russie veut se retirer en décembre, et le Traité de réduction des armes stratégiques (Start), qui arrive à expiration en 2009.


Or l'administration du président George W. Bush, affaiblie par la guerre en Irak, a désespérément besoin du soutien de Moscou sur plusieurs dossiers internationaux qu'elle considère comme prioritaires, du programme nucléaire de l'Iran à celui de la Corée du Nord, en passant par le problème palestinien.


Et la Russie, encore très affaiblie au début du mandat de Bush en 2000, a repris depuis du poil de la bête, grâce notamment à la flambée des cours des hydrocarbures, dont elle est le premier exportateur mondial.


Washington a refusé de geler le projet de bouclier antimissile, Rice réaffirmant que les Etats-Unis poursuivraient leurs "discussions" avec leurs "alliés" polonais et tchèques.


Mais la chef de la diplomatie américaine, qui se gaussait dans l'avion la conduisant à Moscou des traités "longs comme plusieurs annuaires", a reconnu l'importance de poursuivre les discussions au niveau des experts, avant une nouvelle réunion ministérielle à quatre dans six mois aux Etats-Unis.


L'objectif est de "travailler à l'élaboration d'un cadre stratégique", a précisé Rice.


Pour sa part, Gates a assuré hier devant un parterre d'officiers russes que les Etats-Unis souhaitaient sincèrement approfondir leurs coopérations stratégiques avec la Russie.


"Dans cette nouvelle ère, la Russie et les Etats-Unis sont confrontés à des défis sécuritaires communs", a-t-il rappelé. "Et nous avons l'occasion de coopérer pour répondre à ces défis".


_____________________


 


Rice plaide pour des institutions démocratiques


 


Rice a plaidé hier à Moscou pour la mise en place d'institutions russes qui "respectent le droit à la liberté" et protègent contre "le pouvoir arbitraire de l'Etat".


"Le processus démocratique ne peut être soutenu que par la création d'institutions. Les droits individuels ne peuvent être soutenus et protégés que par la création d'institutions", a-t-elle dit devant des défenseurs russes des droits de l'homme, selon des journalistes présents au début de la rencontre.


"Je sais que votre but est de bâtir des institutions qui soient propres à la Russie (...) mais qui respectent les valeurs universelles - le droit à la liberté, au culte, au rassemblement, le droit de ne pas avoir à composer avec le pouvoir arbitraire de l'Etat", a-t-elle ajouté. "Je veux savoir comment cela se passe (en Russie) et comment nous pouvons aider la Russie à bâtir des institutions fortes qui aient ces valeurs universelles", a poursuivi Rice.


Huit défenseurs des droits de l'Homme assistaient à la rencontre.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com