Par Abdelmajid CHORFI





Sarkozy en mythe ?


A l’instar de la science, le champ socio-politique est un grand pourvoyeur de néologismes. Dans le secret désir de postuler à cette légitimité et cette exactitude dont se prévalent les mots scientifiques, on y trouve des termes qui utilisent le suffixe «ite». Ainsi en médecine il existe nombre de mots qui usent de ce suffixe pour désigner des affections inflammatoires. Exemples : hépatite, otite, bronchite etc. Le champ socio-politique s’est annexé le même appendice pour désigner des notions porteuses d’engouement, d’exaltation et d’excès quasi-maladif. Et cela a donné des mots comme réunionite, commissionnite, etc, toute sorte de dispositions à dimension obsessionnelle.


Mais le plus étonnant c’est que ce suffixe ite peut être accolé à des noms propres. Notamment ceux de personnalités qui font l’actualité dans le domaine politique. Et dans cet ordre d’idées qui mieux que le président français est en mesure de susciter une telle exaltation ? Qu’elle soit positive d’ailleurs ou négative.


On raconte que le directeur d’une grande surface en France a porté plainte contre l’un de ses employés pour injure. Celui-ci, en effet, l’avait accusé de sarkozite, peut-être pour n’avoir à la bouche que le nom du chef de l’Etat. Sarkozy par-ci, Sarkozy par là. L’employé en avait les oreilles rebattues à longueur de journée.


On peut dire alors que le directeur visé est un grand sarkophile au point que la forte sympathie qu’il porte à son président le pousse à perdre le sens de la mesure. Comme on peut supposer que l’employé est sarkophobe jusqu’au bout des ongles. Ce qui peut induire en lui un sentiment haineux.


Voià donc deux nélogismes, sarkophile, et sarkophobe que la personnalité de l’intéressé ne manquera pas de susciter auprès des citoyens de


l’Hexagone.


On peut aussi parler de «Sarkomania», manie excessive chez ceux qui s’attachent à copier l’objet de leur culte. On le copie dans sa façon de s’habiller, de marcher, de faire du jogging, de se conduire en société etc.


Tout cela s’inscrit bien entendu dans le cadre de la plaisanterie bon enfant. Je ne vois pas pourquoi on s’en offusquerait. Et d’ailleurs la justice a débouté le plaignant dans l’affaire sus-mentionnée. A moins que nous ne soyons en train d’assister là au départ d’un mythe. Car c’est ainsi qu’un mythe, abstraction faite  de sa connotation positive ou négative, se mijote. Il est la résultante de cette somme de références auxquels il a été fait plus haut allusion. Quand surtout s’en mêlent les médias. Sarkozy en mythe pour les générations futures voilà qui aurait surpris ses concitoyens d’aujourd’hui aussi bien thuriféraires que détracteurs !


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De Balfour à Bush


Connaissez-vous Arthur James Balfour ? Mais oui bien entendu ! Qui ne le connaît dans le monde arabe et dans le monde… juif ! C’est cet homme politique écossais, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères britannique qui préconisa, en 1917, la constitution d’un foyer national pour le peuple juif en Palestine. La déclaration de Balfour peut être considérée comme le véritable acte de naissance d’Israël. L’apport de Balfour à ce sujet a été peut-être plus déterminant  de celui de Théodore Hertzel, le promoteur du Sionisme. Car sans lui, le sionisme serait resté à l’état de simple idée, difficile à concrétiser sur le terrain.


Les Juifs lui en sont reconnaissants à jamais. Et il aurait été le seul, parmi les personnalités politiques occidentales, à pouvoir bénéficier de cette gratitude éternelle n’eût été la venue au monde d’une personnalité qui allait, elle aussi, bien mériter du peuple juif, je veux parler de George Walker Bush, le chef de l’Etat américain.


C’est un constat qui saute aux yeux. Jamais depuis Balfour, une personnalité politique n’a offert à Israël un soutien aussi appuyé, aussi massif, aussi consistant. N’a-t-il pas donné le feu vert à Sharon pour l’intensification des colonies de peuplement ! Ainsi que pour l'édification du mur de séparation ! Ne fournit-il pas une aide financière fabuleuse à Israël ainsi que l’armement le plus sophistiqué ! Quant à l’appui politique, un appui aveugle, jamais la Maison-Blanche ne l’a autant assuré qu’aujourd’hui avec comme corollaire la sourde oreille à toute initiative de dialogue de la part des Palestiniens ou des Arabes !


Mais trêve d’exemple. Voyons maintenant un autre volet de la politique de Bush qui concerne les Arabes et l’Islam mais qui s’inscrit en opposition avec le précédent. Le rejet des revendications de ces derniers et la mise sous l’éteignoir de leurs droits et de leurs valeurs vont de pair avec l’amplification de l’aide octroyée à Israël. C’est l’Administration américaine qui a parlé de croisade même si l’entourage de Bush a fait état après d’un lapsus linguæ. C’est l’Administration américaine qui a fermé les yeux (c’est un euphémisme) sur la profanation du Coran dans le camp de Guantanamo. C’est elle aussi qui a contribué à l’horrible guerre civile entre Chiïtes et Sunnites qui déchire l’Irak. On la voit aussi manœuvrer dans l’enceinte libanaise pour offrir à Israël un pays dépecé en trois parties et donc malléable et corvéable à merci etc.…


Je comprends dès lors pourquoi on ne se presse pas au portillon de la conférence de paix sur le Proche-Orient à laquelle Bush tient tant.


 


Abdelmajid CHORFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com