Adolescents et jeunes en Tunisie : Des risques, des mots… et des maux !





Dr. Heba Kholy, coordinatrice résidente des Nations Unies à Tunis, a présenté hier lors d’une conférence de presse le rapport «Adolescents et Jeunes en Tunisie, données et défis».


Le rapport vient une nouvelle fois tirer la sonnette d’alarme sur les problèmes des jeunes en Tunisie en l’absence des statistiques…


 


Tunis-Le Quotidien


Fruit d’un travail élaboré depuis 2004 par une équipe thématique composée par de différentes agences onusiennes, le rapport des Nations Unies sur «l’Adolescence et Jeunes en Tunisie : données et défis» est un document de travail qui tente de contribuer au débat national sur la jeunesse. «L’intérêt du rapport s’oriente vers les défis auxquels est confrontée aujourd’hui la catégorie des jeunes et des adolescents en Tunisie», souligne d’emblée Dr. Heba Kholy, coordinatrice résidente des Nations Unies en Tunisie lors de la conférence de presse organisé  hier à Tunis. «L’objectif étant d’approfondir la réflexion sur les questions touchant aux préoccupations des adolescents et des jeunes tunisiens», fait-elle remarquer. Et de préciser que l’élaboration de ce rapport qui a débuté en 2004 a été faite en se référant aux études et aux enquêtes réalisées jusqu’ici en Tunisie par les organismes intervenants. L’intérêt qui a porté sur la question des jeunes et des adolescents découle essentiellement du poids démographique de cette catégorie de la population située dans une tranche d’âge comprise entre 10 et 24 ans. Cette catégorie représente plus de 33% de la population. «Les jeunes et les adolescents sont de plus en plus exposés à des influences à risque résultant des mutations sociales et économiques très profondes», signale la spécialiste.


Le rapport a été élaboré à travers six chapitres : les adolescents et les jeunes dans un contexte en transition, l’éducation et la formation, la santé, la qualité de vie et culture, l’emploi des jeunes et des adolescents et enfin les jeunes et les questions émergentes. Les constats faits par la conférencière ont concerné ces divers points. Au sujet de l’éducation et de la formation, le rapport de l’équipe onusienne considère que malgré les progrès réalisés dans ce domaine, les adolescents font face à plusieurs défis qui concernent notamment la qualité des programmes de la formation et de l’éducation et leur compatibilité avec le marché de l’emploi. Selon le rapport, 33% des jeunes appartenant à la catégorie d’âge concernée par ce rapport sont touchés par le problème du chômage. «En 2006, les organismes concernés ont recensé plus de 41 mille demandeurs d’embauche parmi lesquels 81% sont âgés de moins de 30 ans».


Chapitre santé, le rapport met l’accent sur l’émergence de nouveaux problèmes de santé chez les jeunes et les adolescents. Le rapport estime que les adolescents sont de plus en plus exposés au tabagisme, aux relations sexuelles à risque. «L’usage de drogues est malheureusement sous-estimé en raison des conséquences pénales et sociales qu’encourt le consommateur de drogues», peut-on lire entre autres dans le rapport. On précise aussi que toutes les enquêtes ayant interrogé les adolescents et les jeunes sur la consommation d’alcool relèvent que le phénomène est assez répandu. On note dans ce cadre que «les adolescents sont relativement jeunes à la première « saoulerie » et que les saouleries sont assez fréquentes».


Les rédacteurs qui ont procédé à l’analyse des documents, des enquêtes et des études existantes, considèrent toutefois que les travaux réalisés dans ce domaine se sont limités aux questions «culturellement acceptables». On précise dans ce même cadre que «la pratique sexuelle, la consommation de la drogue et toutes les questions non-conformes aux valeurs de la société ont été souvent abordées de manière indirecte ne permettant pas la connaissance de la réalité des adolescents et des jeunes».


A propos de la consommation de l’alcool et de la drogue, M. Leila Joudane, qui a participé à l’élaboration dudit rapport, a affirmé que l’équipe de travail a tiré la sonnette pour attirer l’attention sur le phénomène de la drogue qui gagne du terrain en l’absence de statistiques fiables. Le rapport met l’accent sur cette insuffisance en précisant que l’absence de données statistiques permettant de mesurer l’ampleur des problèmes de cette population (les causes de décès, la prévalence de la consommation de drogues, l’alcoolisme, les pratiques sexuelles à risques, le recours à l’IVG) et les indicateurs permettant de dresser des tableaux de ces différents comportements à risque, constitue un obstacle réel aux choix des priorités et à l’évaluation des interventions entreprises dans ce domaine. La conférencière a souligné à ce même sujet les difficultés pouvant survenir si l’on voulait étudier le problème de la migration illégale car il s’agit d’un domaine qui n’a pas été étudié en profondeur.


 


H.GHEDIRI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com