Crise nucléaire : Le «cadeau» de Poutine à Ahmadinejad





Vladimir Poutine et Mahmoud Ahmadinejad ont insisté sur la nécessité de régler la crise nucléaire iranienne par la voie diplomatique et par la négociation.


 


Le Quotidien-Agences


"Les présidents des deux pays ont insisté sur la nécessité de régler le plus rapidement possible la situation liée au programme nucléaire iranien par la voie politique et diplomatique", affirme la déclaration commune en 23 points publiée à l'issue de deux séries de négociations entre Mahmoud Ahmadinejad et Vladimir Poutine, publiée par le site d'information de la présidence iranienne.


La Russie est hostile à ce stade à l'adoption de nouvelles sanctions, réclamées par les Occidentaux, pour obliger l'Iran à suspendre son programme d'enrichissement d'uranium.


La déclaration affirme également que "la coopération bilatérale dans le domaine de l'énergie nucléaire civile se poursuivra dans le futur et que les deux parties insistent que l'achèvement et le lancement de la centrale de Bouchehr seront effectués en conformité avec le calendrier prévu".


L'agence iranienne Irna a pour sa part cité Poutine comme ayant dit que "la Russie s'engage à finir la centrale de Bouchehr et fournir le combustible".


Toujours selon Irna, Ahmadinejad a déclaré que l'Iran était "prêt" à coopérer avec les Russes pour les nouvelles phases de la centrale de Bouchehr.


Le président russe avait auparavant renvoyé l'achèvement de cette centrale, dont la construction a commencé en 1995 par les Russes, à une date indéterminée, en expliquant que le projet était handicapé par des problèmes techniques.


A l'issue de sa visite à Téhéran, qui s'est achevée mardi soir, le président russe a "invité le président Ahmadinejad à se rendre en Russie", selon cette déclaration.


Le texte insiste aussi sur "proximité des positions russe et iraniennes sur les questions clés mondiales et le développement de la coopération pour établir un ordre mondial plus juste et plus démocratique".


La déclaration insiste aussi sur l'engagement des deux pays à développer leurs relations dans les domaines pétrolier, gazier et spatial.


Selon le texte, la Russie et l'Iran vont accélérer leurs discussions pour la vente et la construction de Tupolev 214 et 334 et d'hélicoptères civils.


 


Soutien russe


Evoquant largement cette visite, la presse russe a été unanime pour dire que Poutine a tout fait, à travers ce soutien, pour montrer son homologue iranien sous un jour favorable.


L'engagement des participants au sommet (Azerbaïdjan, Iran, Kazakhstan, Russie, Turkménistan) à ne pas autoriser l'utilisation par un tiers de leur territoire pour une agression contre l'un d'eux est devenu "un grand cadeau" pour le président iranien, a estimé le quotidien Kommersant.


Cet engagement, fixé dans la déclaration finale à l'initiative de Vladimir Poutine, est particulièrement important pour Téhéran, qui redoute que les Etats-Unis utilisent l'Azerbaïdjan pour une attaque contre l'Iran.


C'est "une garantie pour l'Iran qu'il ne devra pas combattre en mer" Caspienne, estime le journal Gazeta, ajoutant que les Etats-Unis ne pourront pas installer de bases militaires en Azerbaïdjan ou au Kazakhstan.


Les journaux soulignent aussi que le maintien de cette visite de Vladimir Poutine, en dépit d'une information sur une possible tentative d'assassinat, est le signe de son soutien à Téhéran.


Sa venue, ainsi que les engagements fixés dans la déclaration finale à son initiative, ont montré qu'"en cas de conflit radical" autour du programme nucléaire iranien entre l'Iran et les Etats-Unis, "Moscou veillerait aux intérêts de l'Iran", estime Kommersant.


 


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Washington étudie un plan B


 


Le Pentagone planche sur des alternatives pour approvisionner les troupes américaines en Irak alors que la Turquie menace de lui retirer un soutien logistique crucial si Washington adopte une résolution reconnaissant comme un génocide les massacres d'Arméniens.


"Nous sommes en train d'élaborer des plans alternatifs" pour acheminer le matériel militaire destiné aux quelque 160.000 soldats américains basés en Irak sans passer par la Turquie, a reconnu un responsable du ministère de la Défense.


Si la Turquie bloquait l'accès à son territoire, "cela aurait un impact significatif sur les opérations américaines en Irak mais aussi sur le commerce irakien", a fait valoir le général américain Carter Ham, en confirmant que des solutions de rechange étaient à l'étude.


"Cela impliquerait probablement des coûts plus élevés, entre autres choses. Nous préférerions évidemment conserver l'accès que nous avons aujourd'hui" en Turquie, a-t-il conclu.


L'accès à l'espace aérien turc est crucial pour les Etats-Unis: 70% du fret aérien américain, 30% du carburant et 95% des nouveaux véhicules blindés destinés à l'Irak transitent par la base aérienne d'Incirlik (sud de la Turquie).


La Turquie, qui refuse d'entendre parler de génocide, menace désormais de représailles, prises très au sérieux par le secrétaire américain à la Défense Robert Gates.


"Les Turcs ont été assez clairs sur les mesures qu'ils prendraient si cette résolution était passée", déclarait-il.


"La Turquie est devenue un élément-clé dans la conduite des opérations en Irak depuis la chute du régime de Saddam Hussein (...) L'impact d'une résolution sur le génocide arménien risque de créer un nouveau motif absurde de colère anti-américaine dans la région", et "affecterait les intérêts vitaux américains", souligne-t-il dans une note d'analyse.


"Provoquer de nouvelles sources de tensions ethniques et confessionnelles est la dernière chose dont la région ait besoin", conclut-il.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com