Mounir Ouahrani (Président des SCMa) : «Une salle couverte et les 7 Colombes de la Manouba voleront de leurs propres ailes»





Mounir Ouahrani (Président des SCMa) : «Une salle couverte et les 7 Colombes de la Manouba voleront de leurs propres ailes»


 


Mécène jusqu’à la substantifique moëlle, Mounir Ouahrani a eu le courage et le mérite de présider un club tout jeune (10 ans d’existence), mais aux ambitions dévorantes. Un club monosport en fait, avec le seul handball, élevé au rang de religion. Affriolante découverte.


 


Si vous nous présentiez, avant tout, ce club unidisciplinaire?


Il s’agit, en effet, d’un club qui ne recèle qu’une seule discipline, à savoir le handball, comme le symbolise si bien son nom, les Sept Colombes de la Manouba, en référence au nombre de joueurs composant une équipe de handball. Ce club a vu le jour en 1997, grâce à l’action et au concours efficient d’une poignée de volontaires dévoués à la cause noble du sport. Nous comptons  aujourd’hui, et ce, depuis trois ans, le plus grand  nombre de licenciés en handball de toute la Tunisie, ayant détrôné par ricochet, d’illustres noms, tels que la Z.S., le C.A. et l’A.S.M. Pour les filles, toutes les catégories existent et fonctionnent à merveille. Concernant les garçons, seule la catégorie seniors fait encore défaut.


 


Un bref aperçu sur le cheminement et les résultats de tout ce beau monde?


Nous avons toujours fait partie du trio de tête, toutes catégories confondues. Il est vrai que le club n’a pas encore moissonné de titres majeurs, mais la cueillaison des lauriers ne saurait tarder, au vu du travail de fond qui est en train de se réaliser et qui donnera ses fruits dans un proche avenir. A titre indicatif, l’équipe-fanion actuelle (dames), ne compte que deux joueuses seniors, les autres étant encore cadettes ou juniors. Par ailleurs, la Coupe du fair-play décrochée la saison écoulée prouve, si besoin est, que la voie choisie est jalonnée et parsemée des succès convoités et escomptés. Au plan des jeunes, nous appartenons au niveau A, celui de l’élite comprenant les grosses cylindrées du circuit, à l’instar du C.A., de l’E.S.T., de l’A.F.S.


 


Ce serait une lapalissade d’affirmer que vos ambitions sont grandes. En avez-vous vraiment les moyens?


Et c’est l’évidence, dans toute sa force d’évocation, que de répondre  par la négative. En effet, beaucoup d’aléas et d’arias écornent, pour l’heure, la postulation vers le haut du club. A commencer par ce monumental non-sens, à savoir l’absence de salle couverte dans une ville s’apparentant au siège d’un... gouvernorat. Si bien que nos seniors filles, ainsi que toutes les autres catégories, s’entraînent sur terre battue.


Deux fois par semaine seulement, l’équipe première  s’entraîne à la salle de la Faculté de la Manouba. Et comme tous nos antagonistes se prévalent de salles couvertes, nous n’en sommes, ainsi, que doublement  pénalisés.


 


A combien s’élève, au fait, le budget alloué au club?


Il est de l’ordre de ... 30 000 dinars,  un chiffre des plus modiques, dont 60% s’assimilent aux indemnités provenant du ministère, du gouvernorat et de la municipalité. Quant aux 40% restants, ils sont l’apanage des membres du  B.D., d’authentiques bienfaiteurs de l’humanité.


Pour revenir un peu au défaut de salle couverte, force est de constater que le fait de s’entraîner en plein air et de s’exposer, de la sorte, aux caprices de Dame Nature, qu’il s’agisse d’intempéries ou de canicule, génère des dépenses supplémentaires, à cause de l’usure rapide des équipements, ballons, espadrilles, survêtements... Quant au transport, il constitue un véritable calvaire à cause, d’abord, des longs déplacements que nous effectuons (Tozeur, à titre indicatif), et surtout  du manque de disponibilité des bus.


Et pourtant, le plus souvent, ces derniers existent à foison dans les hangars de la ville, mais d’inexplicables vetos nous sont apposés, nous causant ainsi de regrettables et désespérants crocs-en-jambe. Il y a aussi les frais d’engagement à la FTHB, les licences... qui nous coûtent les yeux de la tête.


 


A voir la flamme inextinguible qui vous anime, les exutoires de tout acabit demeurent toujours de mise...


Bien entendu, sinon nous ne serions pas toujours là.  L’optimisme est notre principal fortifiant. Nous sommes extrêmement confiants quant à une action imminente salutaire des autorités locales et régionales, qui conférera aux SCM, l’impulsion requise tant quêtée et convoitée.


 


Propos recueillis par Wahid SMAOUI


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Portrait


Takoua Chebchoub : «Des études au lycée sportif, est-ce chimérique ?»


 


Aux âmes bien nées, le talent n’attend point le nombre des années. Takoua, dont le sang ne saurait mentir, étant la nièce du handballeur au renom reluisant des années 70-80, l’international Clubiste Raouf Chebchoub, illustre parfaitement cette lumineuse réflexion. Découverte du symbole de la vague juvénile montante des SCM.


 


As-tu le pénétrant sentiment d’être née pour le handball ?


Je le pense avec force, en mon for intérieur, bien qu’ayant pratiqué dans ma prime enfance, la natation, sur conseils de mon père, et ce, depuis l’âge de 5 ans et pendant six années de suite.


Mais la puissance d’aimantation du hand m’a irrésistablement attirée et me voilà partie, je l’espère bien, pour une carrière raisonnante et riche.


Ton oncle paternel, Raouf Chebchoub, le grand pivot du CA et de l’EN des années 70-80, a-t-il été pour beaucoup dans cette orientation ?


Disons que, sans aller jusqu’à m’influencer, il m’a conseillée, après avoir décelé en moi les qualités physiques et techniques idoines, allant de pair avec la pratique du hand. Mon père aussi, grand sportif par ailleurs, m’a initialement, dirigée vers un sport de base, la natation en l’occurrence, de façon délibérée, afin que je m’épanouisse harmonieusement, notamment sur le plan physique. Avant d’opter pour ma discipline de  prédilection, dotée de tous les ingrédients de la réussite.


 


A un âge précoce, tu es déjà convoquée en EN. Comment vis-tu cette situation ?


En effet, j’ai effectué mon premier stage avec l’EN en juin dernier. J’ai été convoquée au rassemblement réservé aux natives de 1992 et 1993. Cela m’émoustille au plus haut point et constitue un bel aiguillon pour me motiver davantage.


 


Sincèrement, les 7 colombes de La Manouba, votre club actuel, constituent-elles le cadre idéal pour le parachèvement de ton éclosion ?


Au vu des efforts gigantesques déployés par les dirigeants, leur zèle forçant le respect, je répondrai par l’affirmative, les SCM pouvant accéder, sous peu, au cercle hermétique des grands.


Mais si le club reste toujours sevré des moyens de ses ambitions hautement conquérantes, je serai contrainte  d’opter pour un club à même de me permettre de réaliser mes aspirations vers les cimes les plus élevées.


 


Pour abréger, comment parviens-tu à concilier entre le sport et les études dans lesquelles tu brilles par ailleurs ?


Le tout est une question d’organisation et d’approche  méthodique, chaque activité mobilisant le temps et la disponibilité qu’elle mérite. Je ne manquerais, toutefois, pas de soulever un point épineux. C’est qu’ambitionnant  de poursuivre mes études au lycée sportif, je me trouve interdite d’accès à ce temple du sport, ce dernier étant réservé uniquement aux élites des disciplines individuelles. Je lance donc un appel pressant aux responsables compétents pour une révision de pareilles priorités, totalement discriminatoires.


 


W.S.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com