Trafic d’enfants : Le Tchad veut punir les Français





Le Quotidien-Agences


Le président tchadien Idriss Deby Itno a déclaré hier que les responsables de l'opération controversée et avortée visant à emmener en France une centaine d'enfants de l'est du Tchad et du Darfour (ouest du Soudan), seraient "sévèrement sanctionnés".


Le chef de l'Etat s'est rendu vendredi matin auprès des 103 enfants "récupérés" la veille par les autorités tchadiennes à Abéché, principale ville de l'est du pays, alors qu'ils allaient être embarqués dans un avion à destination de la France par l'ONG française Arche de Zoé.


Il a qualifié l'opération de cette association d'"inhumaine", "impensable" et "inadmissible", a-t-on appris auprès de la présidence tchadienne. "Les auteurs seront sévèrement sanctionnés", a ajouté le chef de l'Etat tchadien, selon la même source.


Le président tchadien, qui est rentré vendredi matin au Tchad au lendemain de la signature, en Libye, d'un accord de paix avec les rebelles de l'est du pays, a tenu ces propos devant la presse locale.


Neuf Français — des membres de l'ONG et trois journalistes — interpellés jeudi à Abéché et soupçonnés par les autorités tchadiennes de "trafic d'enfants", étaient toujours en garde à vue hier matin, selon un responsable local qui a requis l'anonymat. "L'enquête se poursuit", a-t-on ajouté de même source.


L'association Arche de Zoé affirme avoir monté cette opération, baptisée Children Rescue, afin de "sauver de la mort" des orphelins affectés par la guerre civile au Darfour, et les faire "accueillir" par des familles en France. Des personnes employées par l'ONG ont expliqué  sous couvert de l'anonymat que des enfants "mal en point" avaient été acheminés par avion à Abéché ces dernières semaines, lors de plusieurs vols, notamment à partir de la ville d'Adré, à la frontière Tchad-Soudan. "On m'a appelé au secours pour une oeuvre humanitaire, j'ai vu ces enfants très mal en point qui avaient besoin de soins intensifs", a dit l'un d'eux.


Selon ces personnes, les enfants sont pour la plupart originaires du Darfour, région de l'ouest du Soudan. Plusieurs observateurs présents dans la région ont toutefois estimé qu'une partie des enfants, qu'ils soient soudanais ou tchadiens, venaient probablement des camps de réfugiés et de déplacés situés dans l'est du Tchad.

Les troubles au Darfour ont fait environ 200.000 morts et 2,1 millions de personnes déplacées depuis février 2003, selon l'ONU, des chiffres que ne reconnaît pas Khartoum.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com