Exposition : La peinture de l’abstraction et de l’hommage





Sarrah Ben Aissa aime la peinture abstraite, à travers laquelle elle conjugue plusieurs techniques et expressions picturales. Dans son exposition qui se tient actuellement et jusqu’au 6 novembre prochain à la Galerie «Le Damier», sise au quartier «Mutuelleville», elle invite à découvrir une palette de toiles, de couleurs et des formes qui font de ses tableaux de vrais chefs-d’œuvre qui rendent aussi un hommage à son frère disparu.


 


«Entre parenthèses», titre de cette exposition, est très expressif. En optant pour ce thème, l’artiste veut donner à son exposition non seulement une vision très particulière, mais aussi veut la placer sous un angle de promesse à son frère disparu qu’elle veut surtout tenir. Il s’agit d’un hommage à son frère feu Anouar Ben Aissa avec qui elle avait rêvé d’exposer ensemble, mais qui, avant cette exposition, a plié l’échine devant le destin divin. Chose promise chose due. On trouve parmi les 38 œuvres exposées, cinq appartenant à son frère disparu. Elle a voulu ainsi lui dédier cette exposition en terme de reconnaissance et pour aussi immortaliser ses œuvres. Les cinq œuvres de feu Anouar Ben Aissa, en l’occurrence, «Guerrier en ZIG», «Guerrier en Zag», «Miroir brisé», «Portrait à part», «Portrait quelque part» ont subi des touches personnelles pour pouvoir être exposées. Pour Sarrah Ben Aissa, il s’agit d’immortaliser l’artiste disparu et son savoir-faire à travers cette exposition. Pour parler des œuvres de Sarrah Ben Aissa, disons qu’elles donnent à cette première exposition de l’artiste, une touche originale. L’artiste joue, en effet, sur plusieurs techniques. Certaines de ses œuvres conjuguent de la technique sur du papier. Elles sont aussi focalisées parfois sur des particules, des miniatures etc. Dans d’autres tableaux, la peintre utilise du papier de tabac, mais aussi d’autres figures très expressives. Elle considère ses œuvres comme le fruit de trente ans de labeur et, surtout, l’aboutissement d’une longue durée de cohabitation avec des personnes qui l’ont écoutée et encouragée. «Tous ces paramètres sont considérés à mon avis comme un coup de pouce qui a accompagné et fait fructifier ma vie d’artiste qui a mûri aujourd’hui» commente la peintre.


S’agissant des couleurs, Sarrah Ben Aissa les considère comme  des moments forts dans l’élaboration de ses œuvres. Elles expriment tantôt la joie, tantôt le désordre et l’humeur de l’artiste. La peintre opte pour des couleurs chaudes quand il s’agit des œuvres en rapport avec le temps chaud et des couleurs froides, quand il s’agit du temps froid. Mais parfois elle joue sur la combinaison entre le noir et le blanc. Elle concocte aussi ses œuvres sur la base des tableaux de la récupération, en ajoutant du brillant à certaines couleurs pour mettre en relief quelques détails et donner par la suite plus d’éclat à la toile en question. Mais dans sa démarche, l’artiste s’inspire de l’abstraction et de ses écrits et de ses lectures personnelles. C’est d’ailleurs dans cette abstraction absolue que l’artiste trouve une voie et de l’inspiration pour peindre ses toiles où elle se défoule entre les lignes, les formes, les matières et couleurs. Dans la combinaison des couleurs, elle privilégie l’harmonie des couleurs chatoyantes qui se multiplient et se contrastent suivant les tableaux. Elles témoignent, selon l’artiste, des moments durs de la vie de l’artiste. A analyser aussi de très près les titres des expositions, on se rend compte des variations des titres. «Ligne Continue», «Le point et la Lune», «Eloge et l’écrit», «Danse nocturne», «Feu follet», sont autant de sujets et de thèmes qui résument la démarche de l’artiste et témoignent sur un autre plan des différents sujets traités et des techniques utilisées. Entre courbes, voûtes, volutes, entrelacs, le visiteur découvre un véritable entracte pictural synonyme de parenthèse d’où s’inspire d’ailleurs le titre de cette exposition.


 


Ousmane WAGUÉ




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com