Drame en Irak : Chiffre record de déplacés





Le nombre d'Irakiens déplacés dans leur propre pays par l'insécurité a atteint en septembre le chiffre record de près de 2,3 millions, dont 83% de femmes et d'enfants, selon un nouveau rapport du Croissant rouge irakien.


 


Le Quotidien-Agences


Au 30 septembre, 2.299.425 Irakiens avaient fui leurs régions d'origine depuis l'invasion américaine en mars 2003, indique ce rapport publié hier.


Le nombre de déplacés irakiens a augmenté de 16% par rapport au mois précédent, soit 368.479 nouveaux déplacés.


Les enfants de moins de douze ans (65,3%) et les femmes (18,6%) représentent désormais plus de 83% de ces déplacés, précise le Croissant rouge.


La majorité des déplacés irakiens (63,6%, soit 1.462.468 personnes) sont localisés à Bagdad, dont 88,3% de femmes et enfants, selon l'organisation humanitaire.


"En plus de leur situation désespérée en tant que déplacés" forcés de quitter leur domicile, "la majorité de ces femmes et enfants souffrent de maladies, de malnutrition et de la pauvreté", s'alarme le rapport.


Ces enfants "ne vont plus à l'école, vivent chez des proches, dans des mosquées, des églises, sous des tentes ou dans des bâtiments abandonnés, la plupart appartenant au gouvernement, sans accès à l'eau potable et à l'électricité".


Les déplacés rencontrent au quotidien de nombreux problèmes, pour trouver un toit, se soigner, envoyer leurs enfants à l'école. "Beaucoup d'adultes ont perdu leur travail, entraînant leur famille dans la pauvreté", souligne le Croissant rouge.


"De nombreux enfants ont dû abandonner l'école et ne peuvent plus suivre une scolarité normale en raison de problèmes économiques ou liés à la sécurité".


D'abord très limités, les déplacements de population à l'intérieur de Irak ont augmenté de façon exponentielle avec l'attaque du mausolée chiite de Samarra en février 2006, qui a marqué le début des violences confessionnelles dans le pays entre communautés chiite et sunnite.


Le nombre de déplacés irakiens a été multiplié par cinquante depuis cette date, doublant presque entre juillet et août 2007. A elle seule, la capitale compte désormais seize camps de déplacés.


Le Croissant rouge ne dispose que de données partielles sur la religion des personnes déplacées. Mais sans surprise, la majorité des déplacés dans le sud chiite sont de confession chiite. Ils sont en revanche sunnites dans les provinces d'Al-Anbar (ouest), Ninive (nord-ouest), Salaheddine (centre-nord) et Kirkouk (nord).


Les déplacés qui ont trouvé refuge au Kurdistan irakien (nord) sont quant à eux chrétiens (provinces de Dohouk et Erbil).


Le Croissant rouge irakien est l'une des rares organisations humanitaires travaillant encore dans toutes les provinces d'Irak, avec 5.000 employés, 365 bureaux et 95.000 volontaires. Ses employés ont souvent été la cible de violences.


Plus de 4,2 millions d'Irakiens, réfugiés et déplacés, ont fui leur domicile à cause des violences, selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Deux millions ont trouvé refuge en Syrie (1,4 million) et en Jordanie (entre 500.000 et 750.000).


L'exil des Irakiens est le plus important mouvement de population dans la région depuis l'exode d'une partie des Palestiniens après la création de l'Etat d'Israël en 1948.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com