Etat d’urgence au Pakistan : Benazir Bhutto appelle à la révolte





La police a fait usage hier de grenades lacrymogènes pour la première fois à Islamabad depuis l'instauration de l'état d'urgence il y a cinq jours, pour disperser une manifestation juste après un appel de l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto à protester dans la rue.


 


Le Quotidien-Agences


La police a fait usage hier de grenades lacrymogènes pour la première fois à Islamabad depuis l'instauration de l'état d'urgence il y a cinq jours.


Au moins 200 membres du Parti du Peuple Pakistanais (PPP) de Mme Bhutto hurlaient "non à la loi martiale" en tentant d'accéder au Parlement, en plein centre de la capitale, avant que les policiers, qui ont bouclé le quartier depuis samedi, ne tirent quelques grenades lacrymogènes et ne chargent les manifestants.


Au moins trois militants du PPP ont été arrêtés et précipités dans des fourgons cellulaires, a rapporté un journaliste de l'AFP.


L'ex-Premier ministre pakistanaise Benazir Bhutto a appelé hier à manifester massivement pour exiger du président Pervez Musharraf qu'il lève l'état d'urgence, un revirement dans l'attitude de celle qui négociait jusqu'alors un partage du pouvoir avec le chef de l'Etat.


"Le général Musharraf devrait restaurer la Constitution, démissionner de son poste de chef des armées et annoncer la tenue des élections" législatives, prévues initialement pour mi-janvier, a lancé Mme Bhutto, en visite à Islamabad et à l'issue de discussions avec les dirigeants de petits partis de l'opposition.


"J'appelle les Pakistanais à se manifester, c'est un combat pour l'Etat de droit, nous sommes attaqués", a-t-elle poursuivi.


Elle a promis de maintenir un meeting prévu vendredi dans la banlieue d'Islamabad malgré l'interdiction de tout rassemblement sous le régime de l'état d'urgence et appelé "toutes les forces politiques" à se joindre à elle dans une "grande marche", le 13 novembre, entre Lahore, la grande ville de l'est du pays, et Islamabad.


 


Revirement


Il s'agit d'un revirement dans l'attitude de l'ancien chef du gouvernement, qui s'était contentée, depuis samedi, d'appeler  Musharraf à renoncer à l'état d'urgence mais sans demander aux membres de son influent Parti du Peuple Pakistanais (PPP) de se joindre aux manifestations de rues sévèrement réprimées, emmenées principalement par les avocats et les magistrats, à la pointe de la contestation anti-Musharraf.


L'ex-Premier ministre a également lancé cet appel à l'issue d'une réunion avec des responsables du PPP, très divisés sur l'attitude à adopter face au général Musharraf.


Car Mme Bhutto négociait depuis des mois, avant l'état d'urgence, un accord de partage du pouvoir avec le général Musharraf dans la perspective des législatives de mi-janvier.


La police a annoncé qu'elle ne laisserait pas se dérouler le meeting de vendredi, invoquant l'état d'urgence qui interdit tout rassemblement et des menaces d'attentats "précises". Un double attentat suicide visant Mme Bhutto, le plus meurtrier de l'histoire du Pakistan, a fait 139 morts le 18 octobre à Karachi (sud).


Hier, planait plus que jamais l'incertitude sur le maintien ou non de l'état d'urgence, mais aussi sur celui des législatives.


Dans le camp Musharraf, des discussions étaient prévues hier avec des responsables et des députés de la Ligue musulmane du Pakistan (PML), le parti du président, pour en décider.


Le chef de l'Etat fait face, depuis samedi, à de très intenses pressions de la communauté internationale, en particulier de Washington, son principal bailleur de fonds, qui réclame que le calendrier électoral soit maintenu.


"Je suis sûr que cela prendra fin dans deux ou trois semaines car le président Musharraf est conscient des conséquences qu'aurait une longue période d'état d'urgence", a déclaré mercredi Chaudhry Shujaat Hussain, leader la PML.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com