El Teatro : C’est beau et c’est Fou





Le mois de novembre s’est profilé dès son orée fort chargé de moments intenses en création.


El Teatro ne déroge pas du coutumier et de ce qui se passe en ville et annonce ses couleurs.


A partir du Fou en passant par Toto et nous voilà avec notamment Kamilya Gubran dans le Yatf…


 


El Teatro a entamé la semaine dernière sa 21ème saison artistique avec Le Fou de Jebali, une pièce reprise, revue et corrigée. Résultat: une re-création d’amour à la folie qui a plu aux nombreux fidèles de cet espace privé, ouvert il y a 20 ans (déjà), et c’est le premier dans le monde arabe. La pièce est donc passée à Tunis le 31 octobre et les 1 et 2 novembre. Quatre jours après au petit matin, les Jebali ont pris leur Fou et sont partis en Belgique. Un cycle de représentations continues jusqu’au 10 novembre. Et ils ne peuvent rester plus longtemps. Car ils ont des invités à la maison. Et pas n’importe quels invités. Il s’agit bien du «Meeting Points», une rencontre artistique internationale co-organisée à Tunis avec El Teatro pour la deuxième année successive et pour la première fois avec Ness El Fen. «Deux espaces privés qui se respectent», a commenté Tarek Abou Al Foutouh, le directeur du Young Arab Theater Fund (Yatf). Cette manifestation se passe, outre à Bruxelles et Berlin, dans neuf villes arabes entre les 8 et 22 novembre. L’objectif du Yatf qui soufflera la semaine prochaine sa cinquième bougie est de soutenir les jeunes dans leur création en leur finançant des projets et en leur ouvrant d’autres horizons où ils peuvent s’épanouir au gré de leur imaginaire et leurs talents. Il s’agit donc d’un circuit d’artistes qui ont du savoir-faire à en revendre à travers les pays adhérents.


Pour Tunis, Ness El Fen accueillera à partir du 8 novembre une foule de spectacles. Quant à El Teatro, il s’agit bien de deux moments forts. Il y a tout d’abord celui du dimanche 11 novembre. Les Antigone, spectacle de théâtre qui sera donné par Natalie Broods, Jolente De Kerrsmaeker, Tine Embrechts, Tiago Rodrigues et Frank Vercruyssen. Le texte, on le sait, est concocté à partir de ce qu’ont mis au point les deux Jean, Cocteau et Anouilh, 1922-1944. Le spectacle sera dans la langue de Molière et c’est une coproduction des Théâtre Garonne (Toulouse), Festival d’Automne (Paris) et Théâtre de La Bastille, Paris aussi. Le spectacle est donc un mélange de deux mythes. Il y a à la fois une version «Courte, dense sur le modèle héroïque de la tragédie antique, et l’autre version qui est plus humaine, désillusionnée et teintée d’un existentialisme désespéré.


Le second moment, très attendu, sera le lendemain, lundi 9. Et ce sera avec Kamilya Gubran. Cette originaire de Galilée, Arabe de nationalité israélienne, qui a débarqué à Paris en 2002 et qui a fait un long trajet de vingt ans de vie musicale avec le groupe Sabreen de Palestine. Kamilya a été l’an dernier à El Teatro, lors de ce premier rendez-vous tunisien du Yatf et les Tunisiens l’ont découverte et aimée.


Pour cette année et c’est son quatrième passage tunisien, Kamilya donnera son concert «Makan» (Espace) et c’est une première mondiale. Pour les francophones, ils comprendront le sens des poèmes grâce à un sous-titrage. Les mélomanes les plus avertis et engagés auront le bonheur d’écouter cette «voix fluide et serpentine, constellée de muances où Kamilya passe du murmure à l’éclat et étire syllabe après syllabe, jouant avec le silence ou accélérant au contraire les mots, les phrases arabes contemporaines», d’après les critiques. Bien sûr, Kamilya sera accompagnée de son ûd, son compagnon de toujours. Pour le reste, El Teatro dans son Carré d’Art, comme aussi un laboratoire d’expériences, abritera du 8 au 12 novembre, tous les jours entre 19 heures et 21 heures, trente et une vidéo-performance. Il s’agit du «télématch supermarket» d’un plasticien et vidéaste d’Alexandrie. Wael Shawky est doté d’un regard vif, perçant sur ce qui se passe autour de lui. Il reproduit, compose et décompose les images qui lui restent en tête et fait avec son album en mouvement le tour du monde, chaque fois que l’occasion se présente.


 

Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com