Al Ahly – E.S.S. : A cœur vaillant…






Jour de gloire pour l’ESS au Caire même? On ne le sait pas trop car en football tout peut se produire même aux toutes dernières minutes d’un match.


 


Le représentant tunisien, l’Etoile en l’occurrence, après avoir concédé la parité à Sousse au même adversaire du jour Al Ahly du Caire, ne semble pas prêt à tomber les armes à la main. Les Etoilés ont de toute évidence une chance à saisir d’autant qu’ils ne manquent pas d’arguments même si la formation sera diminuée des deux piliers de la défense Seïf Ghézal et Mehdi Mériah. Mais ceci est une autre paire de manches car en pareille circonstance, ceux qui relèvent les absents se comportent généralement bien et parviennent le plus souvent à faire oublier les titulaires. Mais s’agissant d’une finale retour au bout de laquelle le champion du continent sera connu, il aurait été souhaitable que l’équipe étoilée se présente avec ses meilleurs atouts pour que rien ne soit laissé au côté aléatoire du football. Quoiqu’il en soit, les choses sont telles que les Etoilés doivent tout mettre en œuvre pour réussir au Caire même. Certes, braver des Ahlaouis motivés chez eux n’est pas une mince affaire, mais à cœur vaillant rien n’est impossible.


L’essentiel est de s’investir totalement la tête et les jambes dans un match qui pourrait s’apparenter à une ultime bataille qui consacrera le vainqueur de tout un parcours.


 


La pression change de camp


On le sait, l’Etoile est au Caire pour faire valoir ses arguments. Elle y va pour affirmer des ambitions devenues légitimes pour son histoire. En témoignent les trois finales de Champions League disputées en quatre années. C’est que l’Etoile autant qu’Al Ahly veut ce trophée mais l'envie de gagner est décuplée côté étoilé. Remporter pour la première fois le sacre africain après deux déceptions face à Enyemba en 2004 et face au même Al Ahly en 2005, est en soi une importante réalisation qui manque au palmarès déjà élogieux du club sahélien. Sans trop de craintes ni d’appréhension, les coéquipiers de Saber B. Frej aborderont la rencontre certainement sereins voire confiants car la parité de 0-0 semble favoriser l’Etoile pour ne pas avoir encaissé un but à Sousse. Donc, pour Al Ahly tout est à refaire et pour l’Etoile tout est à faire au Caire.


Dans un contexte pareil, la pression pèsera beaucoup plus sur les épaules des Ahlaouis après avoir lourdement testé ceux des Etoilés le 27 octobre dernier. Evidemment, savoir gérer cette pression, l’évacuer même est quasiment difficile pour un joueur qui joue une finale de Champions League. Ce dont doivent profiter les Etoilés qui, somme toute, n’ont plus rien à perdre mais tout à gagner.


 


Marquer au Caire


Depuis le coup de sifflet final du match de Sousse, on ne cesse de répéter côté étoilé qu’il est impératif de marquer au Caire. Deux raisons motivent ce désir: faire douter Al Ahly en lui marquant un but et le laisser courir derrière une victoire qui ne pourrait jamais venir. Et ce ne sont plus les moyens qui manquent à l’Etoile pour réaliser ce dessein. D’abord, au vu de la composition de la paire d’attaque (Gelson et Chermiti) et ceux qui les soutiennent (Ogunbiyi et Gharbi), il demeure évident que l’Etoile possède les armes qu’il faut pour aller battre l’excellent Issam El Hadhri. Sachant aussi que l’équipe cairote n’évoluera pas comme l’a fait à Sousse en ne cherchant que le match nul et sporadiquement tenté de surprendre. Il va lui falloir désormais de prendre le jeu à son compte, d’aller harceler la défense tunisienne et tenter de faire la différence le plus tôt possible.


Autant d’occupation à la fois risquent de favoriser le jeu en contres de l’Etoile qui, ayant des joueurs vifs et rapides à l’instar de Chermiti et Gelson, peut poser bien des colles à Manuel José et à son équipe. C’est dire que pour les Etoilés y croire jusqu’au bout et faire preuve de beaucoup de patience peuvent les conduire à la réussite, qui sait?


 


Les coudées franches


C’est dans ce genre de match que l’on peut apprécier à sa juste valeur le degré de solidarité entre les joueurs d’une même équipe. Et il n’est pas inutile de rappeler qu’une victoire peut se forger par l’envie de gagner et la solidarité sur le terrain en privilégiant le cran et le don de soi. Et ce n’est qu’à ce prix-là que l’Etoile peut déstabiliser l’équipe Ahlaouie et en corollaire réaliser l’objectif. Jouer simplement et d’une manière complémentaire et comme sait le faire l’Etoile à l’extérieur dérangerait bien les Cairotes qui n’auront plus à tenter d’endormir l’équipe étoilée, mais à se faire bien d’autres tâches qui demandent davantage d’énergie et de savoir-faire.


 


Le duel des deux coachs


Peut-on dire que la première manche, celle de Sousse est revenue au Portugais Manuel José, le coach d’Al Ahly? Oui et non sommes-nous tentés de répondre à la place de Marchand et de José. L’entraîneur d’Al Ahly n’a ni gagné, ni perdu. Il n’a non plus vu son équipe marquer le moindre but. Marchand lui, se frottait les mains d’avoir… concédé la parité de 0-0. Idem pour l’entraîneur étoilé, il n’a ni gagné ni perdu. Donc, balle au centre pour un nouveau duel!


Mais cette fois-ci risque de dévoiler les limites de l’un d’entre-eux, si limites il y a ou de révéler l’entraîneur le plus finaud qui pourrait permettre à son équipe, à la faveur d’une toute petite astuce, de prendre le dessus. Déjà au plan tactique, au 3-5-2 du Portugais, Marchand opposera le 4-3-1-2 habituel, cher à ce que l’on nomme communément l’école française. Dans ce contexte et en l’absence de l’Angolais Gilberto au poste d’excentré gauche de l’équipe ahlaouie, Saber Frej, le défenseur buteur de l’Etoile pourrait profiter de quelques espaces pour monter à l’attaque et avoir moins de soucis à contrer Gilberto. Cela étant, il est demandé aux Etoilés de faire preuve de beaucoup d’application, de patience et de volonté pour pouvoir concrétiser le vœu de tous.


 


Formation probable


Mathlouthi, Ben Frej, Béjaoui, Felhi, Narry, Nafkha, Traoui, Ogunbiyi, Gharbi, Gelson, Chermiti.


 


Mounir EL GAÏED


 


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* Retro : Le syndrome de l’extérieur


 


Pourquoi l’ESS est-elle toujours impuissante et inefficace face à Al Ahly du Caire ?   A domicile comme a l’extérieur c’est pareil. Toujours pas le moindre but et bien entendu pas le moindre succès des Sahéliens face à cet “ogre”,  ce super champion égyptien.


En effet jusqu’ici Etoilés et Ahlaouis se sont affrontés à six reprises entre coupes d’Afrique et arabe.


- trois en coupe d’Afrique


(0-0), (0-3) en 2006, (0-0) en 2007


- un en supercoupe d’Afrique (0-0)  en 2007


- deux en coupe arabe (deux fois 0-0) en 2003


Cela fait 540 minutes de jeu sans la moindre réalisation. C’est bizarre et c’est gênant à la fois.


Espérons voir ces Etoilés mettre fin à leur parcours négatif et au mutisme désespérant de leurs attaquants à l’occasion de cette finale à quitte ou double au Caire.


Savez-vous que durant toutes les finales disputées par les clubs tunisiens en coupes africaines, hors de Tunisie un seul  a pu ramener et à deux reprises la victoire. Il s’agit du CSS


Vainqueur une 1ère fois en 1998 à Dakar (Jeanne d’Arc 1-0) et une seconde fois le 3 novembre dernier à Khartoum (4-2).


Pour les autres, notamment l’ESS (un nul et 8 défaites en neuf finales) l’EST, CA, CAB toujours des revers ou dans le  meilleur des cas des nuls pour leurs rencontres disputées à l’extérieur


 


A.D.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com